118e RIT

31 octobre 2006

Décision du 31 octobre 1915.

*Ordre du régiment n°161

Affectations. – Par décision de M. le général commandant la Ve armée en date du 28 octobre, M. le commandant de Malezieux du 9e régiment territorial d’infanterie est affecté au 118e territorial, en remplacement du commandant Barbezier, et prendra le commandement du 2e Bataillon.
Par décision de M. le général commandant la Ve armée en date du 27 octobre, sont affectés au 118e territorial et désignés par les compagnies ci-après, les officiers dont les noms suivent : capitaine Boreau 3e Cie. ; capitaine Sarré ,5e Cie. ; capitaine Robet 6e Cie. ; sous-lieutenant Egret 1re Cie. ; sous-lieutenant Champenois 2e Cie ; sous-lieutenant Phoyeu 7e Cie. ; sous-lieutenant Boucher 9e Cie. ; Sous-lieutenant Emery – 10e Cie. ; sous-lieutenants Salmon et Sainte-Cluque 11e Cie.
Le 31 octobre 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Cadres officiers. – Par suite de ces affectations et en attendant la nomination des nouveaux sous-lieutenants, les cadres officiers du régiment seront composés comme suit : 1re Cie capitaine Clop ; sous-lieutenants Goumarre et Egret – 2e Cie. capitaine de Montillet ; sous-lieutenant Champenois – 3e Cie. capitaine Boreau ; sous-lieutenant Venaize – 4e Cie. capitaine Vermot – 5e Cie. capitaine Sarré ; sous-lieutenants Broc et Usclat – 6e Cie. capitaine Robet ; sous-lieutenants Goumarre et Brun – 7e Cie lieutenant Rambaud ; sous-lieutenant Phoyeu – 8e Cie. capitaine Valle ; sous-lieutenant Palmier et Clérian – 9e Cie. capitaine Fournier ; sous-lieutenants Boucher et Nava – 10e Cie. lieutenant Taddéi ; sous-lieutenant Emery – 11e Cie. lieutenant Vercez ; sous-lieutenant Sainte-Cluque et Salmon – 12e Cie. capitaine Etienne ; sous-lieutenants Rey et Creutzer. A dater du 1er novembre le sous-lieutenant Goumarre rentrera à la 1re Cie. ; le sous-lieutenant Palmier à la 8e Cie. ; le sous-lieutenant Rey à la 12e Cie. et le sous-lieutenant Trouillet à la CM. (Pionniers).
*Les adjudants et sergents arrivés au régiment seront placés dans les compagnies suivantes : 1re Cie. adjudant Paillusson du 86e T. ; sergent-fourrier Beauchet du 75e T. ; sergent Fèvre du 35e T. ; Bernard et Cloarec du 86e T. – 2e Cie. adjudants Berthier du 64e T. et Bonnet du 35e T. (de la 11e Cie.) ; sergent-fourrier Paillard du 35e T. ; sergents Cartaux et Meilheurat du 35e T. ; Vignault C. et Theuret J. du 64e T. – 3e Cie. adjudants Mazier et Thévenin C. du 78e T. ; sergent-fourrier Hervé F. du 78e T. ; sergents Hervé du 75e T, Rivoal et Herledan du 86e T. – 4e Cie. adjudant Martinet du 75e T. ; sergents Augustin F du 64e T. ; Biger P. et Jezequel J. du 86e T. (ces deux derniers sont en permission) – 5e Cie. sergent Moreau du 75e T. (en permission) ; sergent-fourrier Perret ; sergents Moreau L. et Duret L. du 64e T. – 6e Cie. adjudant Papougnot E. du 64e T. ; Bonnet du 35e T. (6e Cie.) ; sergents David E. et Raunou J. du 64e T. – 7e Cie. sergent Greiner et Creuze du 35e T. ; Le Gallois du 75e T. – 8e Cie. adjudant Bourdin ; sergent Jamet du 75e T. – 9e Cie. sergents Naunat et Duvert du 35e T. – 10e Cie. sergents Bagnard J ; Large M. du 64e T. ; Souris, Guidast, Gauthier du 75e T. – 11e Cie. sergents Duine H. ; Delalande J. ; Morel P. ; Auger A. du 78e T. – 12e Cie. sergents Dubois A. ; Lagoutte E. et Bouteille P. du 78e T. – Ces mutations dateront du 31 octobre.

*Prêt. – Pas de prêt aujourd’hui. Le prêt et la solde des 6e et 7e Cies., qui seront relevées le 1er novembre au soir, leur seront pays le 2 novembre.

*Permissions. – Départ du 1er : Tacussel, CHR. remplace Michel 7e évacué – départ du 2 : Montaud CM. remplace Bourret 12e évacué.

*Brancardiers. – Monnier Marius cl. 1892 matriucle 12582, 4e Cie et Marchand Fernand cl. 1892, 7e Cie. seront présentés par leurs Cies au médecin-chef comme brancardiers.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial.

Signé : Nanta.

*Ordre général n°33 (Extrait)

Le lieutenant-colonel Nanta commandant le 118e régiment territorial d’infanterie « A su faire d’un régiment territorial dont il a le commandement sur le front depuis plus d’un an, une troupe solide et bien en mains. Aux combats des 19 et 20 octobre 1915, où son régiment a été très éprouvé, a donné de belles preuves de bravoure et d’énergie. »

Le capitaine Jocteur Monrozier du 118e régiment territorial d’infanterie « Pendant l’attaque allemande du 20 octobre, a su organiser le commandement du secteur en l’absence de son chef, avec calme et sang-froid et n’a cessé pendant toute la nuit de seconder le nouveau commandant du secteur, particulièrement dans la réorganisation de son régiment très éprouvé. »

Le capitaine Valle du 118e régiment territorial d’infanterie « Envoyé pour renforcer la première ligne, l’a trouvée en partie désorganisée par suite de la disparition de plusieurs officiers, en a pris la direction générale pendant toute la nuit, remontant le moral des hommes, assurant en même temps l’évacuation des blessés et le ravitaillement en munitions. »

Le lieutenant Taddéi du 118e régiment territorial d’infanterie « Etant détaché, au moment de l’attaque, a de sa propre initiative, cherché à rallier son unité. Blessé légèrement en cours de route, est tombé et a été transporté à un poste de secours voisin où, ayant à peine repris ses sens, il est reparti pour rejoindre sa compagnie qui se trouvait à ce moment sans officier. »

Le sous-lieutenant Nicolas du 118e régiment territorial d’infanterie « A donné à ses hommes un bel exemple de calme et de sang-froid ; a su les entraîner à leur poste de combat sous une grêle de mitraille et d’obus asphyxiants. A été blessé en exerçant son commandement à la tranchée de 1re ligne. »

L’adjudant Allemand du 118e régiment territorial d’infanterie, 10e Cie., « Tous les officiers de la compagnie étant tombés, a rassemblé les hommes qui restaient et s’est maintenu dans les tranchées, malgré le bombardement intense de l’ennemi. Sous officier d’une rare énergie. »

L’adjudant Dany, du 118e régiment territorial d’infanterie, 1re Cie. « Sous un bombardement intense, a conduit tous ses hommes valides dans une tranchée d »e 1re ligne d’un secteur voisin dont presque tous les défenseurs avaient été mis hors de combat. S’apercevant que notre artillerie raccourcissait son tir et que quelques uns de nos obus étaient déjà tombés à proximité de nos fils de fer, s’est efforcé par des feux de salve de faire connaître à nos batteries que la tranchée était encore tenue vigoureusement sur ce point par une troupe décidée et bien en mains. »

L’adjudant mitrailleur Gilles du 118e régiment territorial d’infanterie « Fatigué de la veille, n’a pu être relevé le 19 au soir. A commandé le 20 sa section en première ligne avec un sang-froid et une énergie dignes d’éloges, faisant tout pour sauvegarder sa troupe sans se préoccuper de sa personne. A été blessé et n’a quitté son poste que par ordre. »

Le médecin auxiliaire Isnardi du 118e régiment territorial d’infanterie « Etant médecin d’une troupe particulièrement exposée, a fait preuve, au cours des journées des 19 et 20 octobre, d’un dévouement admirable et du plus grand sang-froid. »

Le caporal Cat*, du 118e régiment territorial d’infanterie, 1re compagnie « A fait preuve de la plus grande bravoure et de la plus belle énergie aux attaques des 198 et 20 octobre. Est mort à son poste. »

Le caporal téléphoniste Aubert du 118e régiment territorial d’infanterie « Pendant l’attaque allemande du 20 octobre, les lignes téléphoniques s’étant coupées, s’est offert spontanément pour assurer la liaison à travers une zone très dangereuse, l’a assurée trois fois et, à peine rentré de sa mission, s’est mis à la réparation des lignes. »

Le cycliste Demontoy du 118 régiment territorial d’infanterie «  Pendant l’attaque allemande du 20 octobre, les lignes téléphoniques étant coupées, a assuré la liaison avec l’arrière à travers une zone très dangereuse. A peine rentré de sa mission, s’est offert pour assurer la liaison directe avec des batteries et l’a fait avec succès. »

Les soldats Astier Antoine ; Chiron Théophile ; Charrier Gaston du 118e régiment territorial d’infanterie, 10e Cie. « Etant blessés par des éclats d’obus, ont continué à faire le coup de feu et se sont maintenus dans les tranchées sans se faire panser jusqu’à a fin de l’attaque. »

Le soldat Sinard Marius du 118e régiment territorial d’infanterie, 7e Cie. « Quoique blessé et porteur d’un billet d’évacuation, a refusé de se laisser évacuer, préférant rester avec ses camarades.’

Les soldats Plat Théophile ; Cèbe Gabriel ; Pellegrin Emile ; Rémond François ; Gaujac Jean ; Ricaud Louis, du 118e régiment territorial d’infanterie, 1re Cie. « Bien que blessés, et malgré un bombardement intense, se sont portés résolument dans une tranchée de 1re ligne presque complètement dépourvue de défenseurs ; y ont fait preuve du plus grand courage. »

Les soldats Achard Charles ; Barthélemy Lazare ; Gilles Louis ; Jean Julien ; Calame Edouard ; Aumage Auguste, du 118e régiment territorial d’infanterie, 10e Cie. « Se sont maintenus au poste de combat sans défaillance malgré le bombardement intense des tranchées et une forte nappe de gaz asphyxiants. Ont défendu à eux seuls quatre éléments de tranchées attaqués par l’ennemi. »

Le soldat Boucherie Pierre du 118e régiment territorial d’infanterie, 4e Cie. « A été blessé d’un éclat d’obus à la jambe, a refusé de se faire évacuer. »

QG. le 29 octobre 1915. Le général commandant le 38e corps d’armée. Signé : général Mazel.

Pour copie conforme le lieutenant-colonel commandant le 118e régiment territorial  d’infanterie. Signé : Nanta.

*Ordre du régiment n°160

Citations. – Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial cite à l’ordre du régiment :

Le sous-lieutenant Creutzer Ferdinand, 12e Cie. « Ses hommes étant pris dans leurs abris par les gaz asphyxiants a réussi, grâce à son énergie et à son sang-froid, à les faire sortir très rapidement, malgré un très violent bombardement, et à les porter à leurs emplacements de combat. »

Le médecin auxiliaire Lebecq Charles « Chargé d’un poste de secours en 3e ligne, s’est prodigué pendant 48 heures avec un dévouement inlassable et a des soins dans des conditions souvent périlleuses à plus de 600 intoxiqués ou blessés. »

Le sergent brancardier Brodeur Georges « S’est constamment dépensé de nuit et de jour, au poste de secours, pour assurer l’évacuation des militaires blessés au cours des attaques des 19 et 20 octobres. »

Le caporal infirmier Pitras Georges ; le caporal brancardier Théry Marius « En soignant et en transportant sous un feu violent d’artillerie les hommes blessés, ont fait preuve du plus grand courage et ont donné l’exemple d’un inlassable dévouement. »

Les soldats infirmiers Pellot Jean, 2e Cie. ; Gimet Auguste, 7e Cie. – les brancardiers Verdier Etienne, 1re Cie. ; Prat Louis, 10e Cie. ; Douarin Alexandre et Gallas Victor, 9e Cie. « Dévouement au-dessus de tout éloge pour secourir des camardes blessés. »

Le caporal Provençal Joseph et le soldat Coyeau Edouard, 2e Cie. « Quoique éprouvés par les gaz asphyxiants, sont venus courageusement à leur poste de combat et s’y sont maintenus. »

Le caporal Malleval, 2e Cie. « A l’attaque du 20 octobre, la compagnie ayant son effectif très réduit, a rempli lui-même le rôle de guetteur, les deux hommes qui lui restaient étant incapables de le faire. »

L’adjudant de bataillon Neyron Adolphe : « Lors de l’attaque du 19 octobre, a très intelligemment secondé son chef de bataillon pendant toute la durée de l’attaque. »

L’adjudant de bataillon Devaux François « Lors de l’attaque du 20 octobre, a très intelligemment secondé son chef de bataillon pendant toute la durée de l’attaque du 20 octobre, faisant preuve de décision et d’esprit d’à propos dans la rédaction et la transmission des ordres et n’a pas faibli une minute bien que très éprouvé par les gaz. »

Le caporal téléphoniste Fosse Léon « Les communications téléphoniques avec le commandant du secteur étant coupées n’a pas hésité à porter lui-même, sous une grêle de balles et en traversant une zone envahie par les gaz asphyxiants un message demandant du renfort. »

Le caporal téléphoniste Roger Charles « Dans les attaques des 19 et 20 octobre, étant chef de poste, a dirigé le service téléphonique de ce poste, avec le plus grand zèle, se mettant lui-même à l’appareil malgré le danger que présentait une conversation en raison de l’envahissement du poste par les gaz asphyxiants. »

Le soldat téléphoniste Berthezène Louis « Resté seul téléphoniste au poste A, n’en a pas moins assuré les communications téléphoniques pendant toute la nuit, malgré les suffocations qu’il éprouvait de par les gaz asphyxiants. »

Le soldat téléphoniste Roumenteau Modeste « A intelligemment secondé le caporal chef de poste, malgré le danger que présentait l’usage des appareils téléphoniques, pendant le passage des gaz asphyxiants. »

Les soldats Girard Auguste, 5e Cie.; Ducrès Joseph, 7e Cie.; Robin Charles, 11e Cie. « Agents de liaison auprès du commandant du sous-secteur, ont, sans aucune hésitation, assuré la transmission des ordres, traversant à différentes reprises les boyaux remplis de gaz asphyxiants et battus par les feux de l’ennemi. »

Le sergent mitrailleur Marbet Eugène « A déployé dans le commandement de sa section une activité remarquable qui lui a valu les félicitations du commandant du sous-secteur. »

Le soldat Auffan Basile, 4e Cie. « Soldat courageux, conduite digne d’éloges ; blessé à la tête par plusieurs éclats d’obus. »

Le soldat Nicolas Albert, du peloton des pionniers « Quoique fortement éprouvé par les gaz asphyxiants, n’a pas hésité à assurer le ravitaillement en cartouches des troupes de 1re ligne. Après le combat, malgré sa grande fatigue, a contribué à l’ensevelissement de ses camarades morts pour la Patrie, avec un grand dévouement. »
Le caporal Michelini Paul, 9e Cie. « Sous un bombardement violent n’a pas hésité à porter des munitions du fort à une compagnie de 1re ligne. »

Le soldat Mourriès Paul, 9e Cie. « Accompagnait le caporal Michelini pendant le ravitaillement en munitions des compagnies de 1ree ligne et a été blessé au cours de sa mission. »

Les soldats Jumas Benjamin, 10e Cie. et Lannette Pierre, 9e Cie. « Agents de liaison près du chef de bataillon commandant le sous-secteur, ont fait preuve du plus grand courage en portant les ordres à leur compagnie en aidant le chef de bataillon dans la direction du ravitaillement en munitions, sous un bombardement violent d’obus asphyxiants de nos tranchées et de nos boyaux de communication. »

Le soldat Garnier Marcellin, 9e Cie. « Modèle de soldat, a transporté à lui seul des caponnières du fort au poste de secours plus de dix de ses camarades blessés. »

Le soldat Jouve Louis, 9e Cie. « Après l’attaque du 20 octobre et au moment où sa compagnie allait être relevée, vers les 22 heures, a entendu des gémissements en avant des fossés du fort, est parvenu par des moyens de fortune jusqu’auprès d’un soldat du 245e blessé de plusieurs éclats d’obus et à demi asphyxié, l’a transporté sur ses épaules au poste de secours du fort. Déjà signalé pour sa belle conduite le 19 octobre. (Evacué le 21 octobre) »

Le soldat Mireau Louis, 6e Cie. « Etant à son poste de combat comme guetteur, la plaque de l’abri ayant été démolie par un éclat d’obus et lui-même, blessé à la main gauche, n’a pas abandonné son poste, attendant d’être relevé pour être évacué à l’arrière. »

Le soldat Ventre Philémon, 3e Cie. « Bien que gravement intoxiqué par les gaz asphyxiants lors de l’attaque du 19 octobre, est resté à son créneau jusqu’au moment où l’ordre a été donné de rentrer dans les abris ; est mort très peu de temps après, pendant qu’on le transportait au poste de secours. »

Les brancardiers Pion Victor et Carles Théophile, 2e Cie. « Ont fait preuve du plus complet dévouement pour secourir et transporter les hommes blessés ; ont été eux-mêmes fatigués en recherchant un homme enseveli dans un abri défoncé par un obus. Ont repris leur service aussitôt remis. »

Les soldats Brochery Adolphe et Reybaud Pierre, 2e Cie. « Se sont comme volontaires pour aller en 1re ligne au secours de militaires blessés malgré un vif bombardement d’artillerie lourde. »

Le soldat Chorot Jean François, 4e Cie. « A été blessé au dessus de l’œil gauche pendant la traversée de la piste des Marais ; a continué à faire son devoir et ne s’est fait panser qu’après la fin de l’action. »

Le sergent Delaye Théophile, 12e Cie. « Sous un bombardement violent, compliqué par les gaz asphyxiants, a fait preuve du plus grand courage en entraînant ses hommes à la position de contre-attaque. Après le combat a du être évacué. »

Le sergent-major Marmillot Aimé ; les caporaux Fer Armand et Rebuffat Charles, 12e Cie. « Ont puissamment aidé leur chef de peloton à maintenir les hommes à leur position de combat, malgré un violent bombardement. »

Le 31 octobre 1915. – Le lieutenant-colonel commandant le 118e régiment territorial. Signé : Nanta.


* Cat Pierre Léon, caporal au 118e RIT., tué à l’ennemi, mort à l’ambulance 1/52 de Ludes (Marne). Il était né le 6 juin 1875 à Carpentras (Vaucluse). Il est inscrit à Pernes (Vaucluse).

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30 octobre 2006

Décision du 30 octobre 1915.

*Ordre du régiment n°159

Remise volontaire de galons. – En vertu de l’art. 1er du décret du 13 novembre 1914 et des pouvoirs qui lui sont conférés, le lieutenant-colonel accepte la demande de remise volontaire de galons formée par le sergent Vidal Barthélemy cl. 1893, n° matriculer 13632 de la 3e Cie. remis soldat de 2e cl. A la même Cie., à la date du 31 octobre 1915.

*Prêt et soldes auront lieu : le 31 octobre, au bureau de l’officier payeur (chalet des Vauzillons) de 14 à 17 h. pour les unités devant rejoindre Taissy et Puisieulx le soir ; le 1er novembre, au bureau du colonel à Rilly de 7 h. ½ à 10 h. ½ pour les unités cantonnées à Rilly et au bureau du chef de bataillon à Chigny de 13 h. ½ à 17 h. pour celles cantonnées à Chigny.

*Homme détaché. – Le soldat Vidal Barthélemy cl. 1893, 3e Cie., désigné pour être détaché dans une usine, sera mis en route sur le dépôt, demain 31 octobre, aligné en solde et vivres pour deux jours et rayé le 2 novembre ; il sera rendu ce soir à 17 heures au bureau de l’officier de détails. (Chalet des Vauzillons).

*La revue hebdomadaire des chevaux aura lieu aujourd’hui samedi à Rilly à 13 h. (rue du Pavé - près le bureau du colonel) et à Chigny à 14 h. 30.

*Tampons. – Les compagnies du 1er bataillon apporteront aujourd’hui à 13 h. 30 à l’infirmerie, en se succédant de ½ heure en ½ heure les tampons qu’elles ont entre les mains, pour les échanger contre des neufs ; dans le nouveau tampon, le côté blanc doit être appliqué sur la bouche, le côté rose en dehors.

*Permissions. – sont désignés pour partir le 2 : Bourret 12e Cie. – pour partir le 3 : Michel h ; 12E Cie. Et Mandrin 11e Cie. – pour partir demain matin 31 octobre : Masse, 9e Cie., Gily, 10e Cie., Rey, 11e Cie.

*Les compagnies fourniront pour le 5 novembre l’état nominatif de tous leurs militaires évacués en mentionnant les classes, n° matricules, noms et prénoms, grades, date de l’évacuation et dans la colonne « Observations » la dernière formation sanitaire connue où ces hommes sont en traitement (Etat très exact).

*Service médical. – Le médecin auxiliaire Isnardi assurera le service à Chigny-les-Roses à partir d’aujourd’hui 30 à 16 h. – A partir du 1er novembre au matin ce service sera assuré par M. le médecin aide-major Hilly : le même jour le médecin auxiliaire Lebecq viendra à Rilly.

*Les compagnies feront présenter le 3 novembre à 13 h. à l’infirmerie, pour y être examinés au point de vue professionnel, les hommes susceptibles d’être nommés brancardiers. Choisir les hommes âgés et fatigués.

*Mutations. – A la date du 1er novembre Christof Elie, 9e Cie. passe à la 5e Cie (ordonnance du sous-lieutenant Broc) – Dubois Gustave, 1re Cie. passe à la 3e Cie. (ordonnance du sous-lieutenant Goumarre) – Peyronnet Louis 4e Cie. passe à la 11e Cie. (ordonnance du lieutenant Vercez).

*Citations. – Sont cités pur leur conduite dans les journées du 19 et 20 octobre :

-1° à l’ordre de l’armée : capitaine Fournier ; adjudant Reboulin, 9e Cie.

-2° à l’ordre du corps d’armée : lieutenant-colonel Nanta – capitaine Jocteur-Monrozier – capitaine Valle – lieutenant Taddei – sous-lieutenant Nicolas. – Adjudants : Allemand, 10e Cie. – Dany, 1re Cie. – Gilles, Cie. de mitrailleuses – médecin auxiliaire Isnardi – caporal téléphoniste Aubert ; caporal Cat, 1re Cie. – cycliste Demontoy. – Soldats Plat ; Cèbe ; Pellegrin ; Rémond ; Gaujac ; Rigaud de la 1re Cie. – Boucherie, de la 4e Cie. – Sinard de la 7e Cie. – Astier ; Chiron ; Charrier ; Achard ; Barthélemy ; Gilles ; Jean ; Calamel ; Aumage de la 10e Cie.

-3° à l’ordre du régiment : CHR. : Brodeur sergent – Roger et Fosse L. caporaux téléphonistes – Berthezène et Roumenteau, téléphonistes – Cie. de mitrailleuses Marbet sergent – Pionniers : Nicolas Albert – 1re Cie. médecin auxiliaire Lebecq ; caporal infirmier Pitras ; brancardier Verdier – 2e Cie. Provençal et Malleval ; infirmier Pellot ; brancardier Pion et Carles ; soldats Coyeau, Brochery, Reybaud – 3e Cie. soldat Ventrec – 4e Cie. soldats Auffan et Chorot – Adjudant de bataillon Neyron ; caporal brancardier Théry – 5e Cie. soldat Girard – 6e Cie. soldat Moreau – 7e Cie. infirmier Gimet ; soldat Ducrès – adjudant de bataillon Devaux – 9e Cie. caporal Michelini ; brancardiers Douarin et Gallas ; soldats Mouriès ; Lannette ; Jouve ; Garnier – 10e Cie. brancardier Prat ; soldat Jumas – 11e Cie. soldat Robin – 12e Cie sous-lieutenant Creutzer ; sergent-major Marmillot, sergent Delaye ; caporaux Fer et Rebuffat.

*Le colonel adresse à tous ces camarades ses plus sincères et cordiales félicitations ; il est d’autant plus fier de la Croix qui lui a été donnée personnellement qu’en la lui accordant, suivant les termes de la citation, c’est le régiment tout entier qu’on a voulu récompenser. Les compagnies remettront le 2 au rapport les noms des militaires cités et évacués.

A copier sur les livres d’ordres : l’ordre du corps d’armée n°44 et l’ordre du régiment n°160 qui seront donnés dans la journée.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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29 octobre 2006

Lettre du [vendredi] 29 octobre 1915. 7 h.

Ma chère Li.

J’espère que depuis hier au moins vous aurez reçu de moi un paquet de lettres qui vous aura tranquillisé. Encore une fois je suis loin du danger même s’il y avait une nouvelle tentative allemande dans notre région… Je pense que la lettre que je vous ai écrite hier soir vous parviendra un peu plus rapidement que la moyenne, je vous passerai en tous cas un bon télégramme demain. Si nous restons encore quinze jours au repos, je crois qu’avec la vie calme qu’on mène ici, je vais ré-engraisser, mais je n’y tiens pas du tout ; j’ai du perdre 2 ou 3 kilos et je me traîne beaucoup mieux ainsi qu’auparavant. Ce matin, grand brouillard et quand même grande confiance pour l’après-guerre ; voyez le lis des champs.

Adieu petite LI, on vous embrasse très tendrement. Devinez où est Lu. Votre L. M.

Le mot caché est "Rilly-la-Montagne", commune marnaise du canton de Verzy. C’est là que le capitaine Monrozier cantonne avec le régiment.

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Décision du 29 octobre 1915.

*Addendum à l’ordre du régiment n°157. – Nommé au grade et à l’emploi de sergent-fourrier à la 12e Cie. : Allemand Félix cl. 1894 n° matricule 15853 caporal-fourrier à la même Cie. en remplacement de Cornillac nommé sergent-major – Nommé au grade et à l’emploi de caporal-fourrier à la 12e Cie. Arnaud Marius cl. 1893 n° matricule 1792 caporal de la même Cie. en remplacement de Allemand nommé sergent-fourrier.

*Ordre du régiment n°158

Rétrogradation. – En vertu de l’art. 1er du décret du 13 novembre 1914 et des pouvoirs qui lui sont conférés, le lieutenant-colonel rétrograde et remet sergent à la même Cie. l’adjudant Carias Antonio cl. 1898 n° matricule 3018 de la 12e Cie. qui a fait preuve devant l’ennemi d’un complet manque d’énergie. Mutation à la date du 28 octobre.

Le 28 octobre 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*On lira dans les compagnies l’ordre général n°44 ainsi que l’instruction de la Ve armée relative aux précautions à prendre en cas d’emploi par l’ennemi de gaz délétères. Il sera fait quotidiennement dans les compagnies des théories pratiques pour s’assurer que tous les hommes sans exception aucune, surtout les employés, savent mettre très rapidement et très bien leurs tampon et lunettes.

*L’ennemi a tenté une attaque par les gaz suffocants, le 27, sur le front de la IVe armée. L’emploi de feux dans les tranchées de 1re ligne (fagots, récipients contenant des matières inflammables imbibées de pétrole et placés après allumage sur le parapet des tranchées) a donné de très bons résultats. L’utilisation de ce procédé de défense sera généralisé dans le 38e CA.

*Solde journalière. – Par décret du 21 octobre 1915 le tarif n°4 (solde journalière) annexé au décret du 11 janvier 1913 est modifié comme suit pendant la durée les hostilités.

Sergent et sergent-fourrier

0,92 f. par jour

Caporal

0,42 f. par jour

Caporal-fourrier

0,72 f. par jour

Soldat

0,25 f. par jour

Ces dispositions sont applicables à compter du 1er octobre 1915 et le rappel en sera effectué sur l feuille de prêt du 21 au 31 octobre 1915.

*Traitement civil. – Les compagnies remettront avec leurs pièces de demain un état des officiers et sous-officiers à solde mensuelle qui occupent dans la vie civile soit un emploi de l’état, du département de la Seine ou de la Ville de Paris ou qui sont titulaires d’une pension.
*Permissionnaires. – Sont désignés pour partir le 31 octobre en date du 1er novembre : CM. Vial ; Estellon ; Paul – CHR. Martin ; Durand ; rodet – 3e Cie. Dvid – 65e Landeler – 9e Atger sergent-fourrier ; Alamelle caporal – 10e Ferrari médecin-auxiliaire – 12e Malbec. – Le 1er en date du 2 : CHR. Boux – 1re Cie. Bareille caporal – 3e Blanchard – 4e Clavel – 5e Calet – 7e Chabriel; Michel – 9e Trompette caporal; Gardet – 10e Chabrol – 12e Bellaux; Maurel. – Le 2 en date du 3 courant : CHR. Massot – Pionniers Olivier – 2e Vallier adjudant – 3e Bruneau – 4e Meyssard P. ; Quezel caporal – 7e Marin – 9e Décor ; Roux – 10e Jury – 12e Michel Camille. – Le 3 en date du 4 courant : CHR. Beaucourt sergent – CM. Berjac ; Genty – Pionniers Signoret ; Rodier ; Jouve – 1re Cie. Bezert – 2e Biallet – 5e Meyssard Aug. – 7e Lusignan ; Olivier.

*Punition. – Estrayer J. soldat 6e Cie., 15 jours de prison dont 8 de cellule % du colonel : « est rentré de permission avec 24 heures de retard. » La 6e Cie. sera en outre privée de permission pendant 4 jours.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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28 octobre 2006

Lettre du [jeudi] 28 octopbre 1915. 7 h.

Ma chère Li.

Vite un bonjour matinal avant que le vaguemestre enlève le courrier ; hier je vous ai écrit très longuement, mais j’ai presque du remords de vous en avoir trop raconté et de vous parler de moi par nos trop longues histoires. Les chiffres de ma lettre d’hier soir sont 960 - 160 - 5 - 5 - 2 et je crois une dizaine.

Ma chère Li, on vous aime très fort, on a la plus grande confiance dans le S. C. mais comme on serait heureux si le S. C. nous donnait la certitude de l’après-guerre. Cet après-guerre est mon cauchemar ! Que Dieu nous aide. Adieu petite Li, on vous aime tendrement et on vous embrasse très fort. Votre L. M.

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Décision du 28 octobre 1915.

*Ordre du régiment n°157

Nominations. – En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés le colonel nomme au grade d’adjudant : les sergents dont les noms suivent à la 1re Cie. Michel J. cl. 1895n b° matricule 16574 de la 2e Cie., en remplacement de Denis évacué – à la 4e Cie. Valentin Philippe cl. 1895 n° matricule 16578 de la même Cie. en remplacement de Dilon évacué – à la 5e Cie. Millet Charles cl. 1895 n° matricule 16593 de la 1re Cie. et Masse Sigismond cl. 1892 n° matricule 2045 de la 6e Cie. en remplacement de Brémond et de Sauvage morts à l’ennemi – à la 6e Cie. Poitevin cl. 1893 n° matricule 13502b de la 5e Cie. en remplacement de Chauvin évacué – à la 7e Cie. Colombani Timande cl. 1898 n° matricule 1903 de la 8e Cie. et Grangeon Etienne cl. 1899 n° matricule 4579 de la 4e Cie. en remplacement de Achard et Allègre évacués – à la 10e Cie. Aubert Justin cl. 1896 n° matricule 205 de la 9e Cie. en remplacement de Tamisier mort à l’ennemi – à la 11e Cie. Rimbert Jules cl. 1895 n° matricule 16566 de la 12e Cie. en remplacement de Lyon évacué – à la 12e Cie. Alméras Achille cl. 1891 n° matricule 3109 de la 10e Cie. et Quérouil Marie cl. 1892 n° matricule 12156 de la 11e Cie. en remplacement de Carias et Laugier évacués.

Au grade de sergent-major : à la 3e Cie. Chantron Henri cl. 1896 n° matricule 1377 sergent-fourrier de la même compagnie en remplacement de Poynard évacué – à la 7e Cie. Mattéi Charles cl. 1897 n° matricule 1895 sergent de la même Cie. en remplacement de Bischoff évacué – Barroyer Félix cl. 1895 n° matricule 17478, sergent-fourrier de la même Cie. en remplacement de Liffrand évacué et mort à l’ambulance – à la 11e Cie. Cornillac Lucien cl. 1894 n° matricule 15094 sergent-fourrier de la 12e Cie. en remplacement de Orsière évacué.

Au grade et à l’emploi de sergent-fourrier à la 2e Cie. : Paul Philippe cl. 1899 n° matricule 4621, caporal-fourrier de la même Cie. en remplacement de Chantron sergent-major – à la 5e Cie. Coulomb Augustin cl. 1895 n° matricule 1335RT caporal-fourrier de la 6e Cie. en remplacement de Arlaud remis sergent à la 10e Cie. – Clavel Paul cl. 1899 n° matricule 5313, caporal-fourrier, même Cie. en remplacement de Barroyer nommé sergent-major – à la 11e Cie. Tempier Jules cl. 1897 n° matricule 2209 de la même Cie. en remplacement de Pochy évacué.

Au grade et à l’emploi de caporal-fourrier : à la 2e Cie. Courançon Etienne cl. 1897 n° matricule 1589 caporal de la même Cie. en remplacement de Paul nommé sergent-fourrier – à la 5e Cie. Stiglisch Adolphe n° matricule 2327 caporal de la 12e Cie. en remplacement de Sellier évacué – à la 6e Cie. Ettori Paul cl. 1893 n° matricule 2325, soldat même Cie. en remplacement de Coulomb nommé sergent-fourrier – à la 10e Cie. Astier Antoine cl. 1892 n° matricule 12922, soldat même Cie. en remplacement de Clavel nommé sergent-fourrier – à la 11e Cie. King Théodore cl. 1893 n° matricule 13823 soldat 1re Cie. en remplacement de Tempier nommé sergent-fourrier.

Au grade de sergent : les caporaux dont les noms suivent : à la 1re Cie. Aucouturier Thimothée cl. 1898 n° matricule 9157 de la 2e Cie. en remplacement de Millet nommé adjudant – à la 2e Cie. Ouvier Gédéon cl. 1895 n° matricule 17283 de la 1re Cie. en remplacement de Michel nommé adjudant – à la 5e Cie. Vidal Barthélemy cl. 1893 n° matricule 13632 de la 3e Cie. en compagnie de Poitevin nommé adjudant – à la 7e Cie. Chaumard Léopold cl. 1894 n° matricule 15142 de la 6e Cie. en remplacement de Mattéi nommé sergent-major – à la 11e Cie. Quintrand Abel cl. 1895 n° matricule 17437 de la 10e Cie. en remplacement de Quérouil nommé adjudant – à la 12e Cie. Fer Armand cl. 1895 n° matricule 17439 de la même Cie. en remplacement de Rimbert nommé adjudant.

Au grade de caporal à la 2e Cie. Buffet Charles cl. 1895 n° matricule 17530, soldat de la même Cie. en remplacement de Aucouturier nommé sergent.

Sont nommés clairons à la 6e Cie. Auzet François cl. 1893 matricule 14375 de la 5e Cie. ; Pensier Joseph cl. 1895 matricule 16825 de la 6e Cie. ; Louis Paul cl. 1899 n° matriucle 18314 de la 7e Cie. – à la 10e Cie. Germain Etienne cl. 1905 n° matriucle 18179 de la 9e Cie. ; Clément Louis cl. 1895 n° matriucle 16818 de la 10e Cie. à la 11e Cie. ; Hermitte Lucien cl. 1896 n° matriucle 6177 de la 11e Cie. ; Joguin Charles cl. 1895 n° matriucle 17042 de la 8e Cie.

Mutation. – Le sergent-fourrier Arlaud de la 5e Cie. est remis sergent à la même Cie.

Ces nominations et mutation dateront du 28 octobre 1915.

Le 28 octobre 1915. - Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Mutations. – Les compagnies feront passer au dépôt à la date d’aujourd’hui pour éviter doubles cadres, tous les gradés évacués, remplacés par le présent ordre.

*Les sergents-majors se réuniront demain à 8 h. 30 au bureau du colonel avec le contrôle de leur compagnie et la liste de leurs pertes.

*Situation des cadres. – Les compagnies remettront au bureau du colonel le 30 au matin un état nominatif de leurs cadres présents ou en permission : 1° officiers – 2° adjudants – 3° sergents-majors – 4° sergents-fourriers – 5° caporaux-fourriers – 6° sergents – 7° caporaux – 8° tambour, clairons et élèves – 9° tailleurs, cordonniers, vélocipédistes, infirmiers, brancardiers – 10° gradés détachés à al CM., aux pionniers, aux bombardiers et en dehors du corps. Cet état, très exact, devra porter le n° matricule, la classe et le prénom de chacun. Mettre V s’il y a vacance – ½ feuille en largeur pour tout le monde comme le modèle en a été déjà donné. La CM., la CHR. et les EM. de bataillons fourniront le même état.
*Une messe anniversaire sera dite demain à 8 h. 30 à Chigny-les-Roses à l’intention des camarades du régiment morts pour la France les 19 et 20 octobre. Les hommes du détachement de Rilly pourront s’y rendre par Cie., commandés par le plus ancien gradé ; baïonnette pour tous.

*Effets. – Les Cies. feront connaître demain matin les objets qui leur manquent encore et qu’elles n’ont pu se faire remplacer aux « Vauzillons » ; fournir un état « Néant » s’il y a lieu. La distribution des effets neufs ne pourra commencer qu’après la vérification de cet état. – Sur le compte-rendu, les Cies. feront connaître également les effets neufs demandés en octobre qu’elles ne doivent pas toucher par suite de la réduction des effectifs.

*Lavage des effets. – Profiter de la période de repos pour laver et savonner à grande eau tous les effets sans exception.

*Graisse. – Fournir pour le 30 un état de la graisse nécessaire pour armes, etc…

*Vivres de réserve. – Les commandants de Cie. rendront compte le 30 si les vivres de réserve sont au complet et en bon état ; s’assurer que les biscuits, sucre, café, etc. S’ils étaient entre les mains des hommes n’ont pas été détériorés par les gaz.

*Il est rappelé que les objets trouvés sur les officiers décédés ou remis par eux à des camarades doivent être remis sans retard, ainsi que leurs cantines et objets personnels à ‘officier de détails, seul chargé de la liquidation des successions.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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27 octobre 2006

Décision du 27 octobre 1915.

*Livrets individuels. – La remise par les compagnies de nombreux livrets individuels trouvés dans les sacs des militaires morts ou évacués à la suite des combats des 19 et 20 octobre indique que la prescription concernant le port obligatoire du livret individuel sur l’homme, dans la poche de al capote est complètement perdue de vue. Les commandants d’unité tiendront la main et seront responsables de l’exécution de cet ordre dont l’importance capitale ne peut échapper à personne.

Le colonel rappelle également que chaque homme doit avoir constamment sur lui deux plaques d’identité. En cas de décès l’une est retirée, l’autre est laissée sur le corps.

*A partir de demain 28, le sous-lieutenant Trouillet fera provisoirement le service à la 1re compagnie pendant l’absence des sapeurs pionniers détachés. – Le sous-lieutenant Palmier fera le service à la 7e compagnie. – Le sous-lieutenant Rey à la 11e Cie.

*Effectif des compagnies. – Il résulte de l’examen d’une situation de prise d’armes, ce matin, que les compagnies continuent à employer, sous le manteau de la cheminée et malgré la pénurie d’hommes, une quantité d’hommes irréguliers : la 7e a un boucher, un homme au ravitaillement, un cuisinier chez le commandant Barbezier, qui est à l’hôpital depuis 8 jours ! Tout le monde, ans exception aucune, doit rentrer dans le rang ; les chefs de bataillon y veilleront et les commandants de compagnie seront rendus responsables.

*Peloton spécial sera transporté à Chigny et pris en subsistance par la 5e Cie. à partir d’aujourd’hui 27 courant.

*Bons d’octobre. – Les compagnies fourniront pour le 1er novembre leur bon mensuel d’octobre. Il y a lieu de remarquer que ces bons doivent être très minimes, attendu que les compagnies ont touché hier la plus grande partie des effets qui leur manquaient et que les effets neufs arrivés étaient demandés pour un effectif de beaucoup supérieur à celui actuel.

*Chauffage. – Suite aux instructions de la décision du 13 octobre : la ration individuelle de chauffage est portée au taux suivant à partir du 15 octobre et rectification sera faite sur les situations administratives.

Cuisson aliments

Chauffage d’hiver

Total

Officiers et ss-officiers à solde mensuelle

1,010 k.

1,000 k.

2,010 k.

Ss-officiers à solde journalière

2,020 k.

2,000 k.

4,020 k.

Caporaux et soldats

1,010 k.

1,000 k.

2,010 k.

Les situations administratives remises depuis le 15 octobre seront rectifiées en conséquence par les soins de l’officier des détails.

*Allocations. – Par décret du 3 octobre 1915 et pour prendre effet à partir du 15 octobre 1915. 1° la prime fixe d’alimentation est ramenée à 0,20 f. – 2° les allocations journalières supplémentaires prévues pour la zone des armées sont fixées comme suit : officiers de tous grades 2 f. – sous-officiers à solde mensuelle et adjudants à solde journalière 1 f. – sous-officiers à solde journalière autres que les adjudants 0,75 f. – Toutes ces diminutions seront faites par les compagnies sur la feuille de prêt du 21 au 31 octobre.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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26 octobre 2006

Lettre du [mardi] 26 octobre 1915.

Reçu aujourd’hui votre bonne lette de dimanche 24. - Je vous ai fait envoyer d’E. un télégramme qui finira je pense de vous tranquilliser sur ma précieuse santé. D’ailleurs vous devez être maintenant en possession de lettres vous annonçant que nous sommes au repos pour 15 jours au moins, loin des obus et des gaz de toute espèce. Quant aux questions de vent vous ne pouvez pas préjuger en Dauphiné du vent qui souffle en Champagne ; d’autre part pour que les Boches puissent nous envoyer des gaz, il faut un vent très, très faible, tellement faible que quelquefois les gaz se retournent contre eux ; si le vent est tant soit peu vif, même s’il souffle dans la bonne direction, ils ne peuvent rien, car le nuage est immédiatement dilué et balayé par le vent frais et ne produit aucun effet.

Non, chère Li, en cas d’attaque je ne prends pas le commandement de mes hommes ; si je l’ai fait le 20, c’est accidentellement parce que tout à fait par hasard, au moment où l’attaque s’est déclenchée je me trouvais dans les lignes où je pilotais une mission scientifique venue pour étudier sur place les gaz envoyés la veille, mais je n’étais pas à mon poste habituel qui était le poste de commandement du secteur ; j’ai un masque suffisant, puisqu’il m’a suffisamment protégé ; le point capital est d’avoir l’énergie de maintenir en place le masque, quel qu’il soit, et grâce au S. C. j’ai eu l’énergie de le faire. [...] Mes jambes ont repris leur vigueur habituelle, mais j’ai toujours les reins un peu fatigués.

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Décision du 26 octobre 1915.

*Mouvement. – Dans la nuit du 26 au 27, un bataillon ½ du 118e territorial ira stationner à Chigny-les-Roses. L’EM. du régiment et un bataillon resteront à Rilly-la-Montagne.

En conséquence le 3e bataillon et les 5e et 8e compagnies iront cantonner ce soir à Chigny avec M. le commandant de Lavalette ; le 6e Cie. relèvera à 19 h. la 4e (Taissy) qui viendra cantonner à Rilly et la 7e relèvera à 19 h. la 8e (Puisieulx) qui viendra cantonner à Chigny ; les trains de combat des 2e et 3e bataillons seront tous à Chigny.

*Le service médical fonctionnera comme suit, par suite du départ du docteur Maignou en permission. Rilly : docteur Hilly et un auxiliaire – Chigny : deux auxiliaires dont le docteur Lebecq.

*Le service postal sera assuré par le sergent Cantrel pour les compagnies de Taissy et Puisieulx, par les vaguemestres des 2e et 3e bataillons pour Chigny ; par le vaguemestre du 1er bataillon et le caporal Brun pour Rilly.

*Distributions aujourd’hui comme d’habitude, à Chigny à partir de demain pour les 2e et 3e bataillons – à Rilly pour le 1er bataillon, l’EM., la CHR., la CM.
*Les distributions d’effets commenceront aujourd’hui à 13 h. par la 12e, puis la 11e, etc… de ¼ d’heure en ¼ d’heure aux Vauzillons, en finissant par les CM. et CMR. Les 4e et 8e compagnies viendront toucher leurs effets demain 27 à 13 h. et 13 h. 30.

*Permissions. – Les listes de permissionnaires des 14 et 20 octobre sont remplacées par les suivantes : Partiront le 27 en date du 28 : CHR. Dessanne caporal, Kremer, Delorme – CM. Baracan – 2e Giraud – 3e Lombard – 6e Queille ; Depeyre ; Fourment – Pionniers Petit sergent – 10e Cie. Morand caporal – Pionniers Gonnet. Partiront le 28 en date du 29 : CHR. Mounier ; Beynet ; Boyer ; Sans – 2e Cie. Biallet Aug. – 3e Carbonnel ; duclaux – 6e Benod – 7e Clauzel – 9e Guis – Pionniers Redon caporal ; Nicolas. Partiront le 29 en date du 30 : CHR. Bès – 2e Brusque caporal – 3e Rougier caporal – 4e Michler ; bourgues – 5e Royer – 6e Bœuf – 8e Jamet ; Bonis – 12e Madon – Pionniers Blanc ; Armand. Partiront le 30 en date du 31 : CHR. Brodeur sergent ; Aubert caporal ; Blanc ; Siretta – 6e Cie. Lagracie – 7e Giraud caporal – Pottier – 9e Doumas sergent ; Meiron ; Arnaud – 10e Hugues – 11e Requien.

*Etat des mutations. – Les compagnies fourniront demain à 7 h. 30 un état très exact , numérique et par grades des : 1° tués par le feu – 2° blessés par le feu – 3° morts par intoxication – 4° évacués par intoxication – 5° disparus. Fournier un état pour la journée du 19 courant et un pour le 20. Ces états, au crayon, seront apportés par les sergents-majors eux-mêmes, au bureau du colonel où elles seront vérifiées à l’aide des listes qu’on a en mains.

*Mutation des militaires décédés. – Les livrets matricules réclamés d’urgence au bureau du colonel devront porter page 2 la mutation Mort pour la France et page 3 la mention : Mort par intoxication par gaz asphyxiants.

*Le général commandant le corps d’armée rappelle que les militaires de tous grades, sans aucune exception, se déplaçant ou stationnant pour quelque motif que ce soit, dans des zones pouvant être soumises au bombardement, doivent toujours avoir sur eux, les appareils de protection de cet ordre.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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25 octobre 2006

Décision du 25 octobre 1915.

*Renseignements téléphoniques. – Au cours des combats récents, le général commandant le corps d’armée a reçu un certain nombre de renseignements téléphoniques de grande importance et contraires à la réalité. Ces renseignements étaient transmis sous la forme : « On dit que … ». Le général attire l’attention de tous les officiers sur le danger de pareils errements. Un renseignement sur la situation au cours du combat doit toujours être donné sous une forme précise et personnelle, surtout quand il est téléphonique. Il doit toujours indiquer l’heure et la provenance et ne doit être envoyé que par des officiers ou des chefs de détachement. – Un renseignement faux, de même que l’absence de renseignements, peut compromettre le succès au cours d’un combat. Le téléphone ne doit donc être utilisé que par des officiers. Ceux-ci doivent peserdans le sachet avec le tampon. – Les commandants d’unités seront rendus responsables de l’exécution de cette prescription à laquelle le général commandant le CA. attache une grande importance.

*Réorganisation. – Les compagnies passeront aujourd’hui même une revue très détaillée de tous les objets individuels qui leur manquent : armes, munitions, etc. Un état de ce matériel sera remis ce soir à 16 h. au bureau du colonel et dès demain matin, à partir de 7 h., les compagnies se présenteront les termes de leurs communiqués.

*Remise est faite à chaque chef de bataillon d’une instruction relative aux précautions à prendre contre les gaz asphyxiants, instruction à faire copier par toutes les compagnies.

*Lunettes protectrices. – Le général commandant le CA. Interdit de al façon la plus formelle, de porter relevées sur le képi, les lunettes protectrices contre les gaz asphyxiants, cette manière de faire conduisant fatalement à une mise hors de service de ces appareils. Les lunettes doivent être toujours placées au magasin à la ferme des Vauzillons de ¼ d’heure en ¼ d’heure dans l’ordre des numéros pour y toucher les manquants , y compris les couvertures et toiles de tente. L’état des outils et campement existant à la compagnie sera fourni à la date du 26. – Aujourd’hui, le magasin classera par catégories d’effets tout ce qu’il a en compte de façon que demain matin la distribution puisse se faire rapidement. La distribution des effets neufs arrivés ne se fera qu’à partir du 28. Il importe avant tout de prendre dans les objets déposés au magasin avant de les renvoyer à l’arrière, tout ce qui est en bon état.

Les armes en mauvais état devront être changées, les munitions complétées à 88 par homme et 101 dans les caissons ; enfin tous les vivres de réserve seront enlevés des sacs et remis aux compagnies auxquelles ils appartiennent. – Le colonel passera lui-même, à partir du 28, la revue de 2 ou 3 compagnies par jour pour s’assurer que tout est en ordre.

*Hommes détachés. – Borty F. cl. 1893, 4e Cie. – Reynaud Clément cl. 1892, 6e Cie. – Adam C. cl. 1894, 7e Cie. – Michauf F. cl. 1892, 11e Cie. – Bourret Ch. Cl. 1894 et Fourcade Louis cl. 1891, 12e Cie. – désignés pour être détachés dans des usines de l’intérieur seront mis en route sur le dépôt le 27 courant, alignés en solde et vivres pour 2 jours et rayés le 29 courant. ; ils se présenteront demain soir 26 à 17 h. 30 au bureau de l’officier de détails (ferme des Vauzillons). – Bourret, détaché à l’équipe de bûcherons, sera avisé par les soins de la 12e Cie.

*3e compagnie. – M. le sous-lieutenant Goumarre de la 1re Cie. prendra le commandement de la 3e Cie. à partir d’aujourd’hui.

*Deuil. – A la liste des officiers morts pour la France à la décision d’hier, il y a lieu d’ajouter le sous-lieutenant Vache.

*L’équipe de fil de fer rentrera dans les compagnies, ce soir après la soupe, à la date de demain.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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24 octobre 2006

Lettre du [dimanche] 24 octobre 1915.

[...] Aujourd’hui, dimanche, tout commence à se tasser et je pense avoir le temps de vous écrire un peu longuement. Je viens de recevoir vos deux lettres du 22 au crayon, elles ne manifestent aucune inquiétude à mon égard, d’où je conclus que vous n’avez pas du lire les communiqués du 20 et du 21, ce dont je suis bien heureux ; j’espère d’autre part qu’un télégramme que j’ai lancé le 21 soir a dû vous toucher le 22 à votre retour de Lyon et vous a tranquillisée sur mon sort si vous étiez inquiète. Vous qui prétendez avoir le don de double vue, je serais curieux de savoir si vous avez été angoissée à mon sujet, le 19 de 7 h. 30 à 10 h. et le 20 de 15 h. 30 à 20 h. ; j’ai été en grand danger dans ces périodes et particulièrement le 20 de 15 h. 30 à 16 h. 30. – Si vous n’avez pas eu de pressentiments à ce moment là, c’est qu’il faut renoncer absolument à vos prétentions de double vue !

Je vous ai dit souvent que j’étais verni, et je crois que grâce au Sacré-Cœur je suis à l’épreuve des dangers de guerre ; on peut dire sans exagération que c’était un enfer ; j’ai eu au moins 1 000 balles à moins de un mètre de ma tête et plus de 100 obus ont éclaté dans un rayon de 50 mètres de moi ; il grêlait de la fonte et du fer, mais le plus proche a été un obus percutant ; un 105 je crois, qui a tapé à un mètre environ de moi, dans une brèche de la tranchée réparée par des sacs à terre ; J’ai reçu sur la tête un sac à terre éventré, et pas un éclat ! Mais tout cela n’est rien comparativement aux gaz chlorés que nous envoyaient les Allemands avec des appareils spéciaux et aux autres gaz (chlorure de benzyle) qu’ils nous administraient par obus, très libéralement. À la première odeur de chlore j’ai mis mon bandeau protecteur en me promettant coûte que coûte de le maintenir même si j’étais suffoqué ; c’est ce qui m’a permis de résister alors que je voyais des hommes manquant d’énergie qui dans les mêmes conditions que moi enlevaient leur masque pour respirer et sont certainement sous six pieds de terre à l’heure actuelle. Je n’avais pas mes lunettes, j’avais du les perdre en tirant mon bandeau de son étui, et mes yeux n’ont pas du tout souffert, ce qui prouve que j’ai été soumis seulement au chlore et non aux gaz lacrymogènes. Tout ce que j’avais sur moi en fer a été fortement oxydé et a pris une teinte marron (chlorure de fer, je pense) ; dans ces moments là il faut une grande énergie, un grand sang-froid ; ceux qui perdent la tête sont f… Le 118e a eu une très belle conduite ; toutes les unités de 1re ligne ont bien tenu, toutes les unités appelées en renfort à la première ligne, s’y sont portées carrément, sans hésitations. Malheureusement ceux qui étaient en position d’attente, dans les abris à l’épreuve des obus, à

4 m

. sous terre, ont été très abîmés, là où leurs gradés n’ont pas eu la présence d’esprit de les faire sortir en plein air où ils étaient exposés aux balles et aux obus, mais beaucoup moins aux gaz, car, les gaz chlorés sont des gaz lourds, qui s’accumulent dans les trous, les tranchées, les boyaux et surtout dans les abris de bombardement très profonds et y séjournent longtemps après le passage du nuage. Pour moi j’ai fait sortir d’un abri presque à coups de canne une vingtaine d’hommes déjà tellement intoxiqués qu’ils ne me comprenaient pas sauf 2 ou 3, et je suis persuadé avoir sauvé la vie à la plupart d’entre eux. Lorsque l’action du

20 a

commencé, j’étais dans les lignes, où ironie des choses, je pilotais une mission scientifique venue pour étudier les gaz émis la veille ; dès que l’attaque a commencé, j’ai dit à ma mission qu’elle n’avait plus rien à faire ici qu’à se retirer (elle ne se l’est pas fait dire 2 fois) et je me suis rendu au poste de commandement du chef de bataillon de la 1re ligne et me suis mis à sa disposition, puis, apprenant que le colonel, pris dans un tir de barrage et à ½ asphyxié n’avait pas pu rejoindre son poste de commandement, je m’y suis rendu de suite, pour le suppléer ; j’y ai trouvé un capitaine d’état-major qui était accidentellement dans les lignes au moment de l’attaque et à nous deux nous avons collaboré à la défense de notre secteur, fait arriver les renforts, ravitaillé en munitions etc. ; votre époux, Madame, s’est dit-on réellement distingué ; il n’y a pas grand mérite, d’abord parce que le S. C. l’a protégé et ensuite parce qu’il est dans sa nature de ne pas perdre la tête. Quoiqu’il en soit, on a estimé qu’il méritait une récompense qui sera sans aucun doute la croix de guerre ; vous saurez cela dans quelques jours. [...]

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Décision du 24 octobre 1915. (Les 21, 22 et 23 néant)

*Ordre du régiment n°156

Et tout d’abord haut les cœurs et soyons fiers de nos morts ! La lâcheté d’un ennemi sauvage et barbare a fait, dans nos rangs, plus de victimes qu’au combat mis le 118e n’a pas reculé et suivant l’expression du général en chef au colonel « a sauvé la situation ». Tous, mes camarades, nous pleurons nos disparus dont al liste est trop longue, mais, tous aussi, nous les vengerons, par tous les moyens, car ce peuple ne mérite aucune pitié.

Le 24 octobre 1915. – Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Deuil. – En attendant qu’il puisse communiquer la liste des camarades du régiment, encore incomplète, assassinés par les Allemands, le colonel s’incline, au nom de tous, devant al tombe des capitaines Guiraud, Silvestre, Bernusset, Gérin, Eymard, des sous-lieutenants Vincent, Duclaux, Asquier, Paillon, morts pour la France.

*Remerciements. – Sûr d’être l’interprète de tous, le lieutenant-colonel remercie bien sincèrement tous ceux, médecins, infirmiers, musiciens, brancardiers, clairons, etc. qui ont rendu les derniers devoirs à leurs camarades et procédé à la triste et pénible besogne de leur ensevelissement.

*Cantonnement. – Le régiment est au repos, pour 15 jours au moins, ici ou dans les environs ; chacun devra profiter de ces moments de tranquillité pour remettre tout en ordre, comme armement, équipement, cartouches, etc. ; les commandants de Cies. passeront des revues très sérieuses pour compléter tout ce qui pourrait manquer.

*Courriers. – En vue de faire parvenir aux familles des décédés, les lettres adressées au front, et qui doivent être renvoyées à l’arrière, mais seulement quand le décès sera officiel, les commandants de Cies. feront remettre aux vaguemestre, par leurs sergents-majors les lettres devenues inutiles, avec la mention « au crayon » susceptible d’être biffée par le dépôt, s’il y a lieu, « décédé, tué à l’ennemi, évacué avec ou sans adresse ». Les mandats trouvés sur les décédés, doivent être versés de suite au sous-lieutenant Pitras.

*Peloton spécial. – Chaque bataillon désignera 8 sous-officiers ou caporaux susceptibles de suivre le peloton spécial du lieutenant Broc qui fonctionnera à Rilly à partir de demain 25 à 7 heures ; rassemblement place de la Mairie. Tous ces gradés resteront à la disposition de leurs commandants de compagnie tous les jours de 10 à 14 heures. Les noms de ces gradés seront envoyés au colonel, aujourd’hui à 16 heures ; ceux de Taissy seront pris en subsistance par la CM. et rendus ce soir à 18 h. à Rilly, poste de police.
*5e compagnie. – M. le lieutenant Broc prendra à partir d’aujourd’hui le commandement de la 5e Cie., tout en conservant la direction du peloton spécial.

*Tenue. – Le colonel recommande la tenue la plus correcte et les marques extérieures de respect ; il importe que le 118e au repos, se fasse aussi bien remarquer, dans les cantonnements, par son attitude qu’il l’a été au combat. Les quartiers sont consignés toute la journée ; les corvées sont commandées par des gradés en armes ; les isolés sont toujours en armes matin et soir. – La rue de Reims est consignée à la troupe.

*Musique. – Aujourd’hui, musique de 15 à 16 h., sur la place de la Mairie.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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22 octobre 2006

Lettre du [vendredi] 22 octobre 1915. 14 h.

J’ai enfin passé une bonne nuit dans un bon lit et j’en avais besoin. Il me reste un sécrétion abondante de la gorge, sécrétion un peu verdâtre et les jambes absolument coupées, à tel point que je suis incapable de descendre un escalier sans me tenir aux murailles ; c’est sans doute le résultat d’une très légère intoxication par les gaz chlorés ; mais ne soyez nullement inquiète, je serai remis demain ; je reste seul ici du régiment jusqu’à ce soir, pour passer le service à nos successeurs, car nous allons nous refaire à l’arrière ce dont nous avons grand besoin. Vous avez pu voir par les communiqués qu’ici chacun a fait son devoir, je vous raconterai cela un peu plus tard ; le bon S. C. m’a visiblement pris sous sa protection dans ces deux journées ; je ne me suis pas ménagé et je crois avoir fait tout mon devoir. Dans quelques jours je vous raconterai tout cela par le menu. Très occupé, je ne puis vous en dire plus long pour l’instant.

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21 octobre 2006

Lettre du [jeudi] 21 octobre 1915. 16 h.

[…] Le temps n’est pas favorable aux gaz Boches aujourd’hui et je pense d’ailleurs que le peu de succès de leurs tentatives les rendront prudents pour longtemps ; j’ai bon espoir que tout ira bien par ici. […]

Evidemment les lits prêtés à l’ambulance de Nivolas vont vous faire défaut. J’espère que vous pourrez les récupérer. […]

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Lettre du [mercredi] 20 et [jeudi] 21 octobre 1915.

Nous voici rentrés dans nos pénates au pays du berger, après 30 h. très agitées, une attaque allemande repoussée et pas mal de dégâts provoqués par les gaz asphyxiants que ces saligots aidés par un vent favorable nous ont envoyé en abondance ; les pertes par projectiles ont été insignifiantes mais celles par asphyxie l’ont été davantage ; mais, je crois que la plupart des hommes indisposés se remettront.

Chère Li je suis assez fatigué après une journée très fatigante et une nuit pour ainsi dire sans sommeil, sur un peu de paille avec froid, puces et rats ; de plus une fusillade allemande ininterrompue, les balles sifflant au-dessus de nous et beaucoup tapant dans les arbres ; enfin, le jour est venu et le vent d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier, il est nettement défavorable aux Boches qui n’ont pas, je crois, d’ailleurs l’envie de recommencer, car ils ont pu se rendre compte qu’on faisait bonne garde. Enfin, c’est calme en ce moment, sauf quelques obus par ci par là. J’ai reçu de vous hier un abondant courrier et si je ne suis pas trop dérangé je vis tacher d’y répondre un peu longuement, si je ne suis pas trop dérangé.

+Le 21 6 h. 30 matin.

Hier, à partir de 4 h., bataille, 3 sorties allemandes repoussées mais ils nous ont abîmé avec leurs gaz ; le S. C. me couvre de son égide ; j’ai été ¼ d’heure dans le nuage gazeux, un obus a éclaté à 1 m de ma tête et m’a couvert de terre ; pendant 1 h. j’ai été exposé aux balles, aux éclats ; pas une égratignure mais le régiment est abîmé par les gaz. On va probablement nous retirer à l’arrière ; cette nuit j’ai pu me coucher une heure, sans dormir ou à peu près ; c’est ma 2e nuit sans sommeil mais cela n’a pas d’importance ; j’ai les jambes un peu coupées par le chlore (c’est un des effets du chlore) mais je ne suis absolument pas intoxiqué.

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20 octobre 2006

Décision du 20 octobre 1915.

*M. le lieutenant Vercez prendra de suite le commandement de la 11e compagnie.
*A partir de demain les compagnies allant au repos à Rilly devront se faire précéder d’un officier ou d’un adjudant qui prendra différentes consignes au bureau du major du cantonnement.
*Le soldat Devine Joseph cl. 1891, 5e compagnie, veuf et père de cinq enfants, sera mis en route sur le dépôt, d’où il sera renvoyé dans ses foyers, le 22 au matin, aligné en solde et en vivres pour 2 jours et rayé le 24 courant ; il se présentera demain 21 à 17 h. 30 au bureau de l’officier de détails.
*Eclairage. – A la date du 9 octobre 1915 sous le n°8820 3/5, le ministre approuve les tarifs d’allocations d’éclairage figurant au tableau ci-après :
Allocations quotidiennes d’éclairage pour les troupes en campagne :

Parties prenantes

du 1er octobre au 31 mars

du 1er avril au 30 septembre

Officiers

½ bougie

¼ bougie

Troupe

1 bougie par escouade ou
4 g de bougie par homme

½ bougie par escouade ou
2 gde bougie par homme

Postes, catégorie n°1 (postes de police, garde, etc.

2 bougies par poste

1 bougie par poste

Postes de catégorie n°2 (postes de commandement, téléphonique, etc.)

4 bougies par poste

2 bougies par poste

Ecuries et bivouacs de chevaux

3 g de bougie par cheval

1 g ½ de bougie par cheval

Convois et parcs

1 bougie par groupe de 25 voitures

½ bougie par groupe de 25 voitures

*Allumettes. – 50 par homme et par quinzaine, en toute saison. L’unité de bougie considérée est celle de 62 g. 41 (16 au kilo). Le pétrole peut être substitué à la bougie sur la base de 3 litres de pétrole pour 1 kilo de bougie.
*Conseil de guerre. – Depuis le 1er septembre 1915, le conseil de guerre de la division a rendu les jugements ci-après : C..., 291e territorial, ivresse, 2 mois d’emprisonnement. – G... du 118e territorial, refus d’obéissance, 10 ans de travaux publics. – J... du 118e territorial, vente de cartes obscènes, 2 mois d’emprisonnement et 500 francs d’amende. – J... du 300e territorial, abandon de poste, 2 ans d’emprisonnement. – C... du 291e territorial, chasse en temps prohibé, 50 francs d’amende. – T... du 4e régiment du génie et F... du 6e régiment d’artillerie lourde, chasse en temps prohibé, 50 francs d’amende.
La présente note sera lue à tous les hommes par les commandants de compagnie à un appel journalier.
*Permissions. – M. le commandant Barbezier, MM. les sous-lieutenants Nava et Paillon pourront partir demain en permission.
Sont désignés pour partir le 22 en date du 23 : CHR. Mounier, Beguet, Boyer, Sans – 2e Cie. Marie, Ferréol, Biallet – 3e Regnaud, Bourgues, Morard, Demouillère – 6e Benou – 7e Sève, Clauzel – 9e Guis. – Le 23 en date du 24 : CHR. Bès – 2e Cie. Brusque caporal, Guérin – 3e Duclaux caporal, Carbonel, Polge – 4e Cie. Michler sergent, Bourgues – 5e Argelier, Jullien – 6e Bœuf – 8e Jamet, Bonis – 10e Lassia – 9e Arnaud. – Le 24 en date du 25 : CHR. Aubert caporal, Siretta, Blanc – 3e Cie. Rougier caporal, Ricard, Ravel – 5e Royer, Gilles sergent – 6e Lagracie – 9e Doumas sergent, Meiron – 10e Cie Morand caporal – 12e Cie. Pontet, Bérard – 1re Bernard.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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19 octobre 2006

Lettre du [mardi] 19 octobre 1915. 21 h.

Journée de bataille, gaz asphyxiants, bombardement effroyable et grâce au bon S. C. votre serviteur est intact. Ce matin quand le chlore a commencé à arriver, j’ai fait mon acte de contrition, recommandé mon âme à Dieu et nous sommes partis pleins d’entrain, le colonel, moi, quelques agents de liaisons, pour le poste de commandement du colonel du secteur ; il pleuvait de la fonte et le bruit était effroyable ; nous n’avons eu que la fin du nuage gazeux mais nos premières lignes en ont pas mal souffert. Le bombardement a duré jusque vers 10 h. ; une attaque d’infanterie allemande, peu considérable d’ailleurs, n’a pas fait 50 au delà de ses tranchées ; elle a été fauchée par nos mitrailleuses ; j’ai eu une journée très fatigante, déjeuné à 15 h. avec un bout de pain et de viande froide. Ce soir, et depuis midi tout est calme.

On vous aime tendrement, on vous embrasse et on vous prie de ne pas vous inquiéter ; les Boches ont été si bien reçus qu’ils ne recommenceront pas. Votre L. M.

Ce soir je couche sur un peu de paille au poste de commandement mais je pense que demain nous regagnerons nos pénates.

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Décision du 19 octobre 1915.

*Peloton d’instruction. – Les sous-officiers et caporaux, dont les noms suivent seront rendus ce soir à 19 h. avec armes et bagages à Rilly où le commandant de Lavalette fera préparer leur cantonnement ; ils seront pris en subsistance par la 8e Cie. qui les passera le 24 au marin à la 6e. Le peloton fonctionnera à partir du 20 au matin, sous la direction du sous-lieutenant Broc suivant le programme approuvé. Le cours durera 15 jours soit jusqu’au 5 novembre inclus. Le commandant du détachement de Rilly, mettra à la disposition du sous-lieutenant Broc les hommes dont il aurait besoin pour ses exercices (sans sac). Le sous-lieutenant Broc proposera au colonel les noms des officiers qui l’aideront dans ses conférences. – 1re Cie. Martin J. sergent – 2e Cie. Michel J. sergent – 3e Cie. Bourgues E. caporal – 4e Cie. Grangeon sergent – 5e Cie. Boyer L. caporal – 6e Bigne, Chancel, sergents ; Marc caporal – 7e Cie. Grouas, Berbiguier, caporaux – 9e : Gache sergent – 10e Hugues, Quintran caporaux – 11e Autard sergent – 12e Cie. Pélissier sergent – 10e Cie. Rocca sergent.

*Le prêt aura lieu à Puisieulx (salle de la mairie) jeudi 21 courant à 7 h. précises. Remise sera faite aux sergents-majors des certificats d’origine de blessure des militaires encore présents.

*Cahiers d’ordres. – Le 1er bataillon enverra son cahier d’ordres au bureau du colonel le 21 courant ; le 2e bataillon le 22 ; le 3e bataillon le 23 courant ; à jour naturellement.

*Remise de pièces. – Certaines compagnies ne remettent pas régulièrement les livrets matricules des hommes qui changent de corps ou de compagnie, ou passent au dépôt ; ces pièces accompagnées d’une note indiquant la compagnie et la mutation les intéressant doivent être adressées au bureau du colonel le jour où les militaires sont rays des contrôles. La mutation doit être inscrite à la page 2 du livret.

*Service médical. – Tableau de relève des médecins.

*Clairons. – Les soldats Faugier Jacques, 2e Cie., Vialis Alphonse, 12e Cie., clairons arrivés avec le dernier détachement seront rendus à Rilly le 20 à 7 heures pour y être pris en subsistance par la CHR. Sont admis par M. Vial ; dans la négative seront renvoyés dans leurs compagnies mais laisseront leur instrument à Rilly.
*Hommes détachés. – Les soldats Duny Augustin, cl. 1894, 8e Cie. et Brun Jean cl. 1891, 10e Cie. désignés pour être détachés dans une usine de l’intérieur seront mis en route sur le dépôt le 21 courant au matin, alignés en solde et vivres pour deux jours et rayés le 23 courant ; rendus le 20 à 17 h. 30 au bureau de l’officier de détails à Rilly.

*Zone interdite. – Les cantons suivants sont interdits aux permissionnaires, blessés et convalescents : arrondissement de Bayonne, cantons de Saint-Jean-de-Luz, Ustaritz, Espelette ; arrondissement de Mauléon : cantons de Saint-Etienne de Baigorry, Saint-Jean-de-Port, Tardets ; arrondissement d’Oloron : cantons d’Aramitz, Accons, Laruns.

*Mutations. – Les sergent Blein M., cl. 1891, matricule 10579, 2e Cie. – Clément J. cl. 1894 matricule 15105, 1re Cie., actuellement évacués sur l’intérieur seront passés au dépôt à la date du 20 courant.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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18 octobre 2006

Décision du 18 ocotbre 1915.

*Service de santé. – Le colonel a pu s’assurer hier qu’il marche aussi mal que possible ; chacun donne des ordres particuliers, s’isole et se crée un petit service spécial ; c’est ainsi que des infirmiers sont tranquillement au poste de secours de Couraux bien que leur compagnie soit en première ligne et que les malades de certaines compagnies ont à parcourir des kilomètres de tranchées pour se faire soigner, alors qu’à côté d’eux un médecin ne fait rien. Il est urgent que ce système change et que les docteurs se déplacent pour voir les malades sans les attendre.

En conséquence, à partir de demain :

1° les infirmiers, brancardiers, caporaux infirmiers et brancardiers des 5 compagnies de 1re ligne : A, B, C, C1 et La Pompelle, marcheront toujours avec leur compagnie ;
2° au poste de secours de : a) Couraux les infirmiers et brancardiers des deux compagnies du chemin de fer (D et E) ; b) Puisieulx, ceux de la CM. et de la compagnie du Fort, puis les compagnies C1 ; d et e) de même pour Rilly et Taissy.
3° le médecin de La Pompelle visitera la compagnie du fort puis les compagnies C1, A, et B ; le médecin de Couraux les deux compagnies du chemin de fer D et I ; Puisieulx leurs compagnies ; Taissy ses deux compagnies et C.
Vu la pénurie de médecins, les trois auxiliaires et le docteur Maignou rouleront entre eux pour le service : 6 jours à La Pompelle, 6 à Couraux, 6 à Taissy, 6 à Rilly, le docteur Hily étant jusqu’à nouvel ordre chef de service ; les tours seront indiqués tous les 6 jours à la décision.
Le colonel regrette d’avoir à rappeler aux médecins que leur place est dans les tranchées comme les autres officiers et que la période de rafraîchissement ne doit pas être plus longue pour eux que pour leurs camarades (voir décision du général en chef du 11 juillet).

Les chefs de bataillon s’assureront que le service marche bien et les commandants de compagnie rendront compte au besoin sur leurs situations si la visite a bien été passée d’après ces ordres et à quelle heure.

*Armes à réparer. – Les 1re et 11e Cies. qui ont signalé des armes à réparer les enverront directement au chef armurier à Rilly.

*Veufs, père de cinq enfants vivants. – Le ministre a décidé que les militaires veufs, pères de cinq enfants vivants, seraient, sur leur demande, libérés provisoirement et ne seraient rappelés qu’avec les pères de 6 enfants assimilés à la classe 1887. L’expression « Veuf père de 5 enfants » s’applique à tout veuf qui en a la charge, soit comme étant légalement leur père par mariage, légitimation ou reconnaissance légale, soit comme veuf d’une femme qui a laissé ce nombre d’enfants ou un nombre inférieur venant compléter celui qu’il possède lui-même. – Les compagnies remettront demain l’état nominatif des militaires de cette catégorie, accompagné de pièces officielles justifiant la situation des intéressés.

*Relève. – Le commandant de Lavalette viendra relever au Métro le commandant Barbezier la veille du départ de ce dernier en permission ; pendant l’absence du commandant Barbezier il n’y aura pas de chef de bataillon à Rilly.

*Permission. – Sur demande du ministre, une permission de un mois est accordée au titre d’entrepreneur de battages au soldat Moquay Eloi, cl. 1893, de la 9e Cie. – Cet homme partira le 19 à la date du 20 courant.

*Permissions. – Modification à la date du départ du 19 courant : Félissian, sergent, 10e Cie., remplace Félician, 3e Cie., évacué.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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17 octobre 2006

Lettre du [dimanche] 17 octobre 1915. 15 h.

Aujourd’hui contrairement à son habitude, le brouillard est resté très épais jusqu’à midi ; depuis le soleil a percé, mais il n’est pas très brillant. Jusqu’ici pas de pépins, ce sera peut-être pour un peu plus tard car il est bien rare que la ration quotidienne nous soit épargnée, mais ce sont des pépins de camelote. - Je suis parti d’ici à 10 h. comme je vous l’écrivais ce matin, et suis allé déjeuner à V.A. avec quelques camarades de l’état-major du régiment (porte-drapeau, officier d’approvisionnement, officier payeur) que leurs fonctions n’appellent pas ici  ; ils sont très bien installés et en pleine sécurité  ; on voit dans les rues des femmes et des enfants, ce qui change avec ici, où la moitié des maisons n’ont plus de toit depuis longtemps déjà. Cela m’a procuré l’occasion de piquer de bons galops sur le dos de Grisette-la-folle dans les champs, incultes, hélas

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