118e RIT

A travers les décisions de commandement du 118e territorial d'Avignon et des correspondances d'un capitaine de cette unité, la vie en secteur en 1914-1918

31 octobre 2005

Décision du 31 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Ordre du régiment° 15

Remise volontaire de galons. – Sont, sur leur demande, remis soldats de 1re classe et restent dans leurs compagnies : le sergent Leydier cl. 1898 de la 4e Cie. – le caporal Girard cl. 1899 de la 7e cie. – le caporal Martin cl. 1899 de la 11e Cie. – le caporal Nicolas cl. 1898 de la CHR.

Nomination. – Le soldat de 1re classe Nicolas E. cl. 1898 de la CHR. est nommé sapeur en remplacement de Meffre changé d’emploi.

Mutations. – Sont nommés sergents d’encadrement à la CHR. ( emploi créé : les sergents Courbet cl. 1895 de la 6e Cie. et Biron cl. 1897 de la 11e Cie.

Le sapeur Meffre de la CHR. passe ouvrier bourrelier à la même unité.

Le soldat Rodet, cl. 1894, de la 2e Cie. passe à la CHR. comme homme de corvée.

Ces nominations, mutations et remises de galons dateront du 1er novembre 1914

Fontaine-lès-Dijon, le 31 octobre 1914.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Les soldats de 1re classe Leydier, Girard et Martin restent en subsistance à la CHR.

*Mutation. – Le soldat Guyon, cl. 1899, téléphoniste à la CHR. passe homme de corvée à la même unité.

*Nécessaires Bouthéon. – Les isolés, sapeurs, mitrailleurs, téléphonistes, tambours, clairons, musiciens, infirmiers, brancardiers, vélocipédistes des chefs de bataillon et des compagnies, tous les hommes et gradés de la CHR. sans exception aucune, tous ceux de l’état-major de bataillon seront munis du nécessaire Bouthéon à l’exclusion de tout autre ustensile.

*Etats à fournir. – Les chefs de bataillon enverront cet après-midi au lieutenant-colonel, le nom 1° d’un homme des classes les plus âgées, pouvant passer maréchal-ferrant à la CHR. – 2° d’un bourrelier _ 3° d’un téléphoniste.

*Brancards. – Le lieutenant-colonel rappelle aux médecins que les brancards en excédent de cinq doivent être versés aujourd’hui même à Fontaine.

*Les tailleurs détachés à la CHR. rentreront à leur Cie. le 1er novembre au réveil.

*Départ du régiment. – Le régiment quittera Dijon demain dimanche 1er novembre, vraisemblablement en 3 échelons, s’embarquant à la gare de Dijon-Ville, petite vitesse, à moins d’ordres contraires.

Chaque échelon touchera à la gare 2 jours de vivres de réserve et 2 jours d’embarquement qui seront distribués, sur place, aux hommes ; chaque échelon touchera également 2 jours de vivres de débarquement qui seront portés par un wagon ad hoc dans lequel on prendra ces vivres en arrivant au point terminus. Les bagages des officiers et troupe ( réglementaires ) sont chargés sur des camions mis à la disposition des bataillons par la place et sur les tapissières ; les bagages devront quitter les cantonnements à 11 h. au plus tard et être dirigés sur la gare, avec une escorte d’une escouade environ., commandée par un sous-officier qui en fera opérer le déchargement et les déposer en un endroit sûr qu’il fera garder et placé de telle sorte qu’il n’y ait aucune confusion entre les bataillons au moment du départ.

*MM. les chefs de bataillon se rendront à Fontaine demain matin à 9 h. pour s’étendre avec le lieutenant-colonel, sur des questions de détail.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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29 octobre 2005

Décision du 29 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Mutations à la date du 1er novembre. – Compagnie hors rang : Cosserat, cl. 1898 soldat secrétaire de l’officier d’approvisionnement passe 2e secrétaire de l’officier de détails. – Paillet cl. 1897 passe secrétaire de l’officier d’approvisionnement. – Gebelin cl. 1899 sapeur, passe homme de corvée.

Passent à la CHR. – Dupoux cl. 1895 de la 1re Cie., ordonnance de M. le médecin aide major Veyrat et Mancuer P. cl. 1894 de la 2e Cie., ordonnance de M. le commandant de Pina de Saint-Didier. Ces deux militaires sont remis à la même date en subsistance à la 1re Cie. – Fosse V. cl. 1896 de la 9e Cie. nommé téléphoniste – Faraud Emile de la 2e Cie. passe homme de corvée. – Jullian cl. 1897 de la 4e Cie. nommé mitrailleur en remplacement de Richaud nommé caporal. – Espenon H. cl. 1892 de la 10e Cie. nommé mitrailleur en remplacement de Toussaint nommé sapeur.

Personnels des trois sections de mitrailleuses. – 1re Cie. Gilles A., sergent, cl. 1897 – Courançon, caporal cl 1897 – Mantel P. cl. 1898 – Michel J. cl. 1899. – 2e Cie. Baracan L. cl. 1899 – Bonnefoy R. cl. 1899 – Dupay P. cl. 1899 – Raoux P. cl. 1898 – Silhol E. cl. 1899. – 3e Cie. Michel L. caporal cl. 1899 – Genin C. cl. 1895 – Milhe J. cl. 1895 – Astic J. cl. 1897.– 4e Cie. Milhe J. J. adjudant cl. 1898 – Goubert A. cl. 1898 – Michel B. cl. 1898 – Brémond L. cl. 1898 – Constant J. cl. 1908.- 5e Cie. Brunet P. caporal cl. 1898 – Donat A. cl. 1898 – Chave M. cl. 1898 – Peyre P. cl. 1899 – Audibert N. cl. 1899. – 6e Cie. Courias A. caporal cl. 1898 – Feste F. cl. 1895 – Michel P. cl. 1897 – Feste M. cl. 1895 – Sabon adjudant cl. 1899. – 7e Cie. Rouillet cl. 1898 – Quiot E. cl. 1897 – Brame D. cl. 1899 – Moralis E. cl. 1899. – 8e Cie. Deloye M. cl. 1894 – de [...]yne cl. 1896 – Thomas J. cl. 1898 – Reynaud G. cl. 1899. – 9e Cie. Raymond M. cl. 1898 – Ripert J. cl. 1898 – Surle C. cl. 1899 – Marbet E. caporal cl. 1899. – 10e Cie. Michel P. cl. 1898 – Monvel cl. 1899. – 11e Cie. Amondieu adjudant cl. 1894 – Guichard E. cl. 1894 – Calabrin J. cl. 1898 – Lagneux G. cl. 1899 – Tréfoulet F. cl. 1898 – Mancelon H. cl. 1898. – 12e Cie. Cazal J. cl. 1899 – Jamet M. cl. 1899 – David J. cl. 1898 – chauvin C. cl. 1894.

Passe à la 1re Cie. : Geronimi F. cl. 1896 de la 2e Cie.

Passent à la 2e Cie. : Marcellin H. cl. 1893 de la 4e Cie. – Mourriès E. cl. 1894 et Jauffe cl. 1895 de la 5e Cie.

Passent à la 3e Cie. : Bourgin sergent cl. 1891 de la 1re Cie. – Faucon M. cl. 1891 – Martin P. cl. 1891 et Lunel L. cl. 1899 de la 7e Cie. – Bourgues J. cl. 1892 et Devaux C. cl. 1892 de la 8e Cie.

Passent à la 4e Cie. : Michel, adjudant cl. 1895 de la 10e Cie. – Curel cl. 1895 et Grangeon cl. 1899 sergents de la 2e Cie. – Masson F. cl. 1892 de la 7e Cie.

Passent à la 5e Cie. : Adam A. cl. 1894 – Mayer A. cl. 1896 et Clément J. cl. 1895 de la 4e Cie. – Daumas E. cl. 1891 de la 7e Cie. – Massard A. cl. 1890 et Reynaud M. cl. 1891 de la 8e Cie. ; Dival A. de la 11e Cie.

Passent à la 6e Cie. : Blanc M. cl. 1897 – Paillet L. cl. 1894 et Bouletin M. cl. 1891 de la 5e Cie. – Michel A. cl. 1898 de la 7e Cie. – Tourbillon C., cl. 1892 de la 8e Cie. – Penèle P. cl. 1892 de la 9e Cie. – Benoît E. cl. 1894 et Gigoi B. cl. 1893 de la 10e Cie.

Le sergent-fourrier Allègre de la 6e Cie. permute d’emploi avec le sergent Boudès de la même Cie.

Passent à la 7e Cie. : Requiston cl. 1892 de la 3e Cie. – Chabaud F. cl. 1891de la 5e Cie. – Chautard E. cl. 1892, caporal de la 8e Cie. – Ribas G. cl. 1898 – Laurent A. cl. 1893, Payany cl. 1894 de la 10e Cie. – Crest L. cl. 1891 de la 11e Cie. – Forgerot P. cl. 1896 de la 12e Cie.

Passent à la 9e Cie. : Pommier L. cl. 1891 de la 5e Cie. – Batailler A. cl. 1895 de la 6e Cie. – Rippert A. cl. 1891 de la 7e Cie. – Tamisier J. cl. 1895 de la 10e Cie.

Passent à la 10e Cie. : Jean C. cl. 1891 de la 2e Cie. – Jean A. cl. 1892 de la 8e Cie.

Passent à la 11e Cie. : Loubière C. cl. 1891 de la 2e Cie. – Chazalon J. L. cl. 1892 et Louche J. cl. 1892 de la 8e Cie. – Roux H. cl. 1892 ; Plat E. cl. 1896 ; Plat E. cl. 1896 ; Rouvière A. cl. 1893 de la 10e Cie.

Passent à la 12e Cie. : Liens L. cl. 1895 de la 2e Cie. – Armand M. cl. 1895 de la 4e Cie. – Guintrandy U. cl. 1893 de la 7e Cie. – Jean F. cl. 1891 ; Morard F. cl. 1892 de la 8e Cie. – Brunet cl. 1891 de la 9e Cie. – Icard G. cl. 1892 ; Triboulet L. cl. 1898 de la 10e Cie. – Bourret C. cl. 1894 ; Brun V. cl. 1891 de la 11e Cie.

Le sergent Biron[1] cl. 1897 de la 11e Cie. passe à la 10e Cie.

Sont affectés à la 6e Cie. comme brancardiers Daladier C. cl. 1898 ; Bœuf cl. 1897 et Reynard cl. 1897 de la CHR.

*A partir de ce jour le médecin major signataire du billet d’entrée à l’hôpital d’un militaire devra mentionner en tête du certificat de visite la compagnie à laquelle appartient le malade ou le blessé.

*Solde des officiers et prêt. – MM. les officiers se rendront à Fontaine pour la solde, dimanche 1er novembre à partir de 13 heures. – Le paiement du prêt et des indemnités des sous-officiers à solde mensuelle se fera dimanche matin à partir de 8 heures.

*Chaque chef de bataillon désignera demain nominativement deux hommes des classes les plus âgées, malingres, instruits et intelligents susceptibles d’être employés comme secrétaires à la préfecture.

*Chevaux et mulets du train. – Les chefs de bataillon remettront demain matin l’état numérique des chevaux ou mulets du train qu’ils ont en subsistance ( non compris bien entendu, le cheval de trait du train qui appartient au régiment ).

*Bandes molletières. – On distribuera aujourd’hui même les bandes molletières qui ont été touchées il y a quelques jours et on apprendra aux hommes à les mettre, avec le pantalon, de telle sorte que le mollet soit complètement dégagé, que le pantalon ne soit que peu engagé sous la bande pour ne pas blesser l’homme ; une fois l’opération terminée, le tout doit présenter l’aspect d’une jambe pourvue d’un pantalon bouffant un peu au dessus d’une guêtre en drap.

*Effets. – Il y a encore au magasin un certain nombre d’effets à distribuer aux compagnies et dont le détail suit : chemises, caleçons, trousses, couvre-nuques, souliers de repos, brodequins, flanelles, bretelles, cartouchières, musettes, guêtres de toile, cravates, quarts, paquets de pansement, bretelles de suspension, havresacs ; les compagnies qui auraient besoin de quelques uns de ces objets peuvent en faire dès maintenant la demande. A cet effet, les chefs de bataillon centraliseront les effets demandés par les compagnies, sur un état unique qu’ils adresseront samedi matin, au plus tard au lieutenant-colonel ; dans l’après-midi de samedi, à partir de 13 h. ils enverront une voiture prendre ces effets à fontaine ( 1 gradé et 1 homme ). A la gauche de l’état on portera pour mémoire le nombre de sacs tyroliens en compte dans chaque compagnie.

*Cartouches. – Le lieutenant-colonel est informé que des compagnies ont voulu prendre des cartouches de tir pour remplacer les munitions de guerre qui leur manquent ; il est interdit d’une façon absolue cette manière de faire qui est dangereuse et ridicule puisque les cartouches de guerre sont des cartouches D et celles du tir des cartouches M.

*Malingres. – Les hommes qui se sentiraient incapables de faire campagne seront rassemblés, par bataillon, demain matin, sous la conduite d’un sergent et amenés à Ahuy où un médecin de la place en passera l’inspection. Le lieutenant-colonel espère, pour le bon renom du régiment que, après les éliminations qui ont été faites ces jours-ci, le nombre de malingres sera nul.

*Départ prochain du régiment. – Le lieutenant-colonel est informé que le régiment doit se tenir prêt à partir prochainement pour une destination inconnue ; il est transformé en régiment de campagne et doit toucher les voitures et chevaux qui lui manquent ; on devra immédiatement se préparer à ce départ ; à partir de demain toutes les permissions sont supprimées et les permissionnaires avisés par télégramme de rejoindre de suite, dès que l’ordre officiel de départ sera donné. En tous cas, préparer activement les hommes par des exercices pratiques.

*Errata. – Ordre du régiment n° 14 – 2e page : sont nommés sapeur : lire Pommier L. cl. 1891 de la 5e Cie. – Annuler la mutation ( décision de ce jour ) concernant Pommier L. qui passait de la 5e à la 9e Cie.

*Conducteurs. – Chaque chef de bataillon enverra demain matin ler nom de 16 hommes sachant conduire des voitures à 1 ou 2 chevaux et soigner les animaux ; les choisir dans les plus âgés et moins aptes à marcher ; donner les noms, matricules, classes et compagnies.

*Travaux de terrassements. – Par ordre du gouverneur, les travaux de terrassement cesseront aujourd’hui même ; les outils seront versés au génie.

*Emploi du temps. – Demain matin, école de Cie., ordre dispersé ; demain soir école de bataillon ordre dispersé.

*Renfort. – Le régiment, bien que devant se tenir prêt à partir doit passer 370 hommes au 115e territorial ; en conséquence, dès ce soir on préparera ce détachement dans chaque bataillon à raison de 123 hommes par bataillon ( 124 pour le 3e ) : ces hommes seront pris dans chaque Cie. proportionnellement à l’effectif de chaque classe et les chefs de bataillon en profiteront pour niveler leurs Cies. ; les états nominatifs seront fournis demain, dès la visite passée à Ahuy, et devront parvenir au colonel dans l’après-midi, à 15 h. au plus tard ; les hommes devant passer au 115e samedi. Afin d’éviter toute réclamation, il sera tiré au sort, pour chaque classe, dans chaque Cie., en présence du capitaine. Le lieutenant-colonel recommande encore une fois de ne pas désorganiser les services généraux du corps et de tenir compte de ce fait que le régiment devant, à son tour partir prochainement, il lui faut conserver de bons éléments, aucun gradé ne doit être compris dans ce détachement.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

[1] Cette mutation sera annulée et remplacée demain à la décision du 30 octobre.


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28 octobre 2005

Décision du 28 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon (le 27 néant)

*La 4e Cie. a présenté hier 35 hommes comme inaptes au service sur lesquels 12 seulement ont été reconnus par M. le docteur Veyrat comme devant passer au dépôt. Le lieutenant-colonel déplore la mentalité des hommes qui se sont présentés et la faiblesse des chefs qui les ont acceptés.

*Malingres à passer au dépôt. – Les malingres des 1er et 2e bataillons devront être complètement déshabillés demain ; on ne leur laissera que les effets strictement nécessaires, le fusil et la baïonnette ; ils devront être rendus à Fontaine demain 29 courant à 10 heures, munis de 2 repas froids et alignés en solde jusqu’au 29 inclus ; se conformer aux ordres de détail donnés sur le terrain par le lieutenant-colonel.

*Les compagnies verseront le 31 courant à la CHR. chacune 7,40 f. pour nourriture des plantons cyclistes des bataillons.

*MM. les commandants de Cie. fourniront aujourd’hui, avant 17 heures, l’état des fumeurs. Le tabac sera touché jeudi 29 à 13 h. 30 à Dijon, place d’Armes. Les chefs de corvée devront être porteurs de la somme correspondante à leur état.

*MM. les chefs de bataillon ne s’étant pas conformés à la décision du 6 octobre pour le paiement des fournisseurs ( bois, paille, fourrage, avoine ) enverront leurs sous-officiers artificiers, porteurs de tous les renseignements nécessaires : pour le 1er bon. à Saint-Julien le 29 octobre à 13 heures – pour le 2e Bon. à Ruffey le 29 octobre à 8 heures – pour le 3e Bon. à Varois le 29 octobre à 10 h. 30 ; où ils trouveront le sous-officier envoyé par l’officier d’approvisionnement afin de régler les fournisseurs. Les sous-officiers artificiers prendront leurs dispositions afin que les fournisseurs de chaque Cie. soient à la mairie des localités ci-dessus aux heures indiquées et munis de leurs bons.

*Tir. – Demain tir à Montmuzard dans l’ordre suivant : une Cie. du 1er Bon. 7 h. à 8 h. 30 – quatre Cies. du 2e Bon. 8 h. 30 à 14 h.  – 30 – une Cie. du 1er Bon. 14 h. 30 à 16 h. ; par conséquent, environ 1 h. 30 par Cie. Pour le 3e Bon., le matin de 7 h. à 40 h., école de Cie., ordre serré et dispersé ; le soir, de 12 h. 30 à 16 h., école de Bon. ordre serré et dispersé, aux mêmes heures.

*Travaux de terrassement. – A la suite des observations faites hier par le général gouverneur, sur le grand nombre d’hommes et gradés laissés dans les cantonnements malgré des ordres formels, le lieutenant-colonel décide que : 1°un seul sergent par Bon. ( deux pour le 2e Bon. ) sera laissé pour conduite l’es malades à la visite ; une fois la visite terminée, les hommes seront groupés dans un local spécial, sous la surveillance du sergent qui fera des théories – 2° les hommes de corvée ( pain, viande, légumes, etc. ) du matin qui rentrent dans les cantonnements vers les 10 h., se rendront de suite sur le terrain où ils devront être rendus à 12 h. au plus tard – 3° les cuisiniers, au nombre de deux par section plus un pour les officiers (par popote) et un pour les sous-officiers quitteront les travaux à 15 heures pour rentrer dans leurs cantonnements – 4° les travaux de propreté, entretien des feux, corvée d’eau, etc. pourront être faits par les malades les moins sérieux et dont le nombre ne peut que diminuer puisque tous les malingres sont renvoyés au dépôt.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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26 octobre 2005

Décision du 26 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Lettres anonymes. – Le lieutenant-colonel a reçu cette semaine 2 lettres anonymes émanant de al 1re Cie. ; il tient à prévenir le mouchard, auteur de cette lâcheté, qu’il ne tiendra aucun compte de ces lettres, naturellement, mais aussi que s’il le découvre, il le dénoncera à tous ses camarades comme un individu malpropre dont il faut se méfier ; il n’y a que des honnêtes gens au 118e et pas de place pour les « casseroles ». Quand un homme croit avoir à se plaindre, il n’a qu’à l » faire loyalement et carrément, en demandant à parler à son capitaine, puis au besoin à son commandant et au lieutenant-colonel ; on écoute toujours les braves gens, sans leur en vouloir, même quand ils ont tort.

*Réclamation. – Le lieutenant-colonel inflige une punition de 4 jours de prison au soldat Arnaud de la 8e Cie. qui a écrit au Préfet de Vaucluse pour lui demander d’agir auprès de l’autorité militaire afin d’avoir une permission pour aller faire des semailles. – S’il s’était adressé au lieutenant-colonel il aurait su que ce sont les dépôts seuls qui accordent ces permissions. Les hommes ne doivent pas oublier qu’ils sont soldats et que leurs seuls chefs sont leurs officiers. Le lieutenant-colonel est assez large pour les permissions, bien que nous soyons en campagne, pour qu’il soit très froissé de constater qu’on veut lui forcer la main.

*Tous les détachements ou isolés, quittant le corps pour quelque motif que ce soit, doivent, sauf avis contraire, se présenter à Fontaine, au bureau du capitaine major, avant leur départ.

*Hautes-payes. – Comme suite aux précédentes instructions sur les hautes-payes, les militaires de tous grades ont droit à la haute paye du jour où commence leur 4e année de service. Chaque Cie. devra faire le rappel de tous les intéressés y compris les militaires qu’elles ont actuellement en subsistance. Le droit à la haute-paye pour les militaires ayant eu pendant leur service actif des punitions de prison ou de cellule supérieures à huit jours est retardé d’une période égale de jours. Les rappels seront décomptés sur la prochaine feuille de prêt pour chacun, du jour où, depuis la mobilisation, commence la 4e année. Pour éviter toute erreur, à nouveau, ci-après le tarif :

après 3 ans

après 6 ans

après 9 ans

Sous-officiers

1 f.

"

"

Caporaux

0,60 f.

0,65 f.

0,70 f.

Soldats

0,20 f.

0,25 f.

0,30 f.

*Gradés du train détachés. – Le maréchal des logis et le brigadier du 8e escadron du train, détachés dans les secteurs, rentreront aujourd’hui à leur corps. Ils seront remplacés, pour al surveillance par un gradé d’infanterie désigné par le commandant de l’unité intéressée.

*Les compagnies du 3e Bon. ont envoyé hier soir dimanche, leurs malingres à passer au dépôt, sans les avoir ni payés ( sauf la 12e ), ni alignés en vivres ; c’est une façon par trop commode de se décharger sur la CHR. qui a été obligée de tout faire ; le lieutenant-colonel leur en exprime tout son mécontentement. – A l’avenir, pour tous les détachements, ne pas oublier cette prescription.

*Punitions. – F...y, soldat 10e d’infanterie ( se disant auxiliaire d’artillerie ) : 2 jours de salle de police % du général gouverneur : « Se promenait en ville à 8 h. 30 sans permission. »

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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25 octobre 2005

Décision du 25 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Prescriptions du gouverneur. – En temps de guerre il n’y a pas de repos hebdomadaire. Les dimanches, les troupes feront les exercices ou travaux ordinaires jusqu’à 11 heures. L’après-midi du dimanche sera consacré aux lavages, nettoyages et revues et les hommes ne seront libres qu’aux mêmes heures que pendant la semaine. La marche hebdomadaire, les exercices et les tirs auront lieu les jours ( pairs ou impairs ) où le corps ne doit pas exécuter de travaux de fortification.

*La distribution de viande congelée aura lieu à l’abattoir municipal de Dijon le lundi 26 octobre à l’heure habituelle. Elle se fera ensuite tous les deux jours sauf avis contraire. La quantité à percevoir est fixée à 350 grammes par homme. MM. les commandants de Cie. enverront à Fontaine-lès-Dijon tous les soirs avant 17 heures, sans faute, les bons correspondant à la quantité à toucher le lendemain matin. Il reste entendu que les jours où les Cies. toucheront la viande congelée elles n’auront pas droit à l’indemnité de viande.

*Situations. – Le major du 58e se plaint que les Cies. ne tiennent pas compte des rectifications signalées, à faire sur les situations administratives.

*Campement. – L’état numérique du campement à remettre hier samedi, ne sera adressé au lieutenant-colonel que lundi.

*Tombereaux. – Le 3e Bon. qui a 3 tombereaux en passera un cet après-midi même au 2e Bon. et un au 1er Bon., avec cheval et conducteur ; chaque chef des 1er et 2e Bons. donnera un reçu au commandant du 3e ; bêtes et gens seront pris en subsistance, ainsi que ceux de la tapissière, par la 1re Cie. du Bon.

*Certaines compagnies portent sur leurs situations rapports dans la colonne « En subsistance dans d’autres unités » les hommes passés dans la 8e région. L’effectif de ces hommes ne doit pas paraître sur les situations, puisqu’ils n’appartiennent plus au 118e.

*Marche hebdomadaire. – Aura lieu mardi 27 ; longueur de la marche, environ 20 kilomètres ; rassemblement du régiment à 8 h. au croisement de la route de Dijon à Savigny avec le chemin de Vantoux à Asnières. Chargement complet de campagne pour tout le monde excepté le détachement arrivé vendredi qui aura le sac vide et pas de cartouches.

*Absences. – Il est bien entendu qu’aujourd’hui personne ne doit aller en ville ; du reste, à l’avenir, pour éviter tout ennui, reproche ou compte-rendu, le colonel interdit d’une façon formelle à tout militaire du régiment, quel que soit son grade, d’aller en ville, dans l’après-midi, sans une autorisation signée de lui. Toutes les corvées, courses, commissions devront se faire dans la matinée.

*Tir, jeudi 29 octobre, au stand de Montmuzard pour tout le régiment.

*Félicitations. – Le 17 octobre dernier, au cours d’un incendie, rue Berbisey, le soldat réserviste Thévenin de la 8e section de COA., a sauvé une fillette de 18 mois enfermée dans une chambre et qui était sur le point d’être étouffée par la fumée. Le général gouverneur est heureux de féliciter le soldat Thévenin de son beau dévouement.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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24 octobre 2005

Décision du 24 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Solde des sous-officiers. – Circulaire n° 1 484-4/5 du 15 octobre 1914. – Des doutes se sont élevés au sujet du droit à la solde mensuelle des sous-officiers libérables au cours de la guerre après 5 ans de service révolus et maintenus au corps sans rengagement du fait seul de la mobilisation. Les dispositions de la décision du 12 septembre 1914 n° 9 693-1/11 ne font pas obstacle à l’application de l’art. 62 de la loi de 1905, spécifiant que les sous-officiers de toutes armes restant sous les drapeaux au-delà de cinq ans de service ont droit à la solde mensuelle à partir du commencement de la 6e année de service. Par suite les sous-officiers rengagé »s arrivant à l’expiration de leur 6e année de service au cours de la campagne doivent être admis à la solde mensuelle à l’exception seulement des sous-officiers rengagés dans les conditions de l’art. 44 de la loi du 7 août 1913 et ayant opté pour les avantages pécuniaires spéciaux prévus par et article.

*Employés aptes à faire campagne. – Le ministre signale à la date du 15 octobre 1914 sous le n° 11 715-1/11 que les prescriptions de sa circulaire n° 10 596-1/11 du 26 septembre 1914 relative au remplacement des employés sédentaires aptes à faire campagne par des hommes du service auxiliaire ou par des RAT. ainsi que celles déterminant le jour de départ après al date d’arrivée au dépôt ne paraissent pas avoir été strictement observées. Le général commandant la 8e région rappelle ces prescriptions qui doivent être rigoureusement appliquées.

*Instruction du gouverneur sur les travaux et les exercices de la garnison. – A partir de samedi 24 courant, le 118e organisera défensivement la position au nord-ouest d’Ahuy et le 115e la position d’Hauteville, cote 435, ferme Lapérouse. Des instructions sur l’organisation de ces positions seront envoyées aux commandants de ces régiments par le colonel commandant le génie de la place. Le 115e travaillera tous les jours impairs et le 118e les jours pairs. – I. Tous les officiers commandant une troupe allant à l’exercice ou à une marche, ou à un travail de fortification doivent conduire leur troupe au départ et à la rentrée, assister à tout l’exercice ou le travail et veiller à ce que le temps soit employé le mieux possible. Au travail de tranchée, on travaillera chaque heure de 0 minutes à 23 minutes. Et de 30 minutes à 53 minutes. Les montres étant réglées sur la gare. – II. Les Tranchées doivent être faites non en ligne droite, mais par éléments d’au plus 5 mètres dans une direction. Des traverses ou des coudes brusques des tranchées doivent avoir lieu environ tous les 5 mètres de façon à localiser les effets des obus explosifs tombant dans la tranchée. – III. La tranchée doit être faite pour homme debout et ne pas avoir au sommet plus de 1,30m. de large. – IV. Les abris blindés doivent contenir au plus 12 hommes et avoir comme dimensions environ 4 mètres sur 2. – V. On doit éviter les angles vifs et tout ce qui peut rendre les tranchées visibles aux aviateurs. Dans ce but on emploiera les haies artificielles et les moyens convenant au terrain où on se trouve. – VI. Les tranchées de première ligne doivent avoir en arrière d’autres tranchées distantes de 100 à 200 mètres dans lesquelles la plus grande partie des hommes des tranchées de 1re ligne pourront se réfugier si les premières sont soumises à un tir réglé d’artillerie. Ces diverses lignes de tranchées seront reliées par des boyaux de communications. – VII. Tous les hommes seront présents. Les commandants de Cie. seront en mesure de fournir la situation des indisponibles qui devront être en très petit nombre. Ne pourront pas être considérés comme indisponibles, les cuisiniers, ordonnances, etc. Les scribes devront comprendre au plus le sergent-major et le fourrier. Les caporaux travailleront comme le soldats. – VIII. Les troupes partiront de leur cantonnement à 5 h. 30 et ne cesseront le travail qu’à 4 h. 45. Le repas du matin sera préparé sur le terrain et mangé de 11 h. à 11 h. 30. – IX. Les hommes des sections de mitrailleuses éventuelles organiseront les abris spéciaux pour mitrailleurs. – X. Les médecins seront présents de 12 heures à 16 heures et feront des exercices de brancardiers. Les musiciens prendront part à ces exercices. – XI. Les musiques qui ont été organisées dans les régiments travailleront le matin aux tranchées et le soir participeront aux exercices de brancardiers. – XII. Dans les marches les brancardiers et musiciens doivent porter les brancards comme au combat, à raison d’un brancard pour 4 brancardiers. Chaque groupe de 4 brancardiers ou musiciens portera un faux blessé pendant 3 kilomètres. Ceux qui n’y seraient pas aptes seront versés dans le rang. – XIII. Tous les exercices ou marches doivent être faits par tous les hommes et les sous-officiers avec le sac complet. – XIV. En un mot on ne doit pas oublier qu’on est en guerre et que les tolérances du temps de paix ne sont pas acceptables dans les circonstances actuelles.

*MM. les commandants de Cie. qui ont payé les bougies nécessaires aux lanternes de barrage des routes voudront bien adresser les factures acquittées à l’officier d’approvisionnement pour en poursuivre le remboursement.

*Vin. – En raison de la cherté du vin dans la région, MM. les commandants de Cie. sont informés qu’ils devront s’approvisionner chez M. Edmond §Briottet, rue Berlier, n° 12, Dijon, qui cède le vin à raison de 32 f. l’hectolitre plus les droits de régie savoir : 1,70 f. par hectolitre. MM. les chefs de bataillon centraliseront les demandes des Cies. de manière à permettre au fournisseur d’envoyer des feuillettes de 230 litres et ½ feuillettes de 115 litres. Les demandes seront adressées à l’officier d’approvisionnement.

*Les compagnies remettront lundi au bureau du lieutenant-colonel, les noms des hommes qui désireraient changer de Cie. pour convenances personnelles, ainsi que les Cies. auxquelles ils demandent à être affectés.

*Havresacs. – Les compagnies feront connaître demain au rapport les quantités de havresacs qui leur manquent pour en doter tous les hommes qui en sont dépourvus ( en y comprenant les vélos, sergents-majors et ordonnances auxquels cet effet a été enlevé ). Sur le même état, elles porteront les quantités de paquets de cartouches nécessaires pour porter à 120 la dotation de chaque homme.

*Punitions. – D...t Firmin canonnier au 48e d’artillerie ; V......t Louis soldat à la 8e section de COA. deux jours de prison % du général gouverneur : « Rencontrés en ville la nuit tombée, montés sur une bicyclette non pourvue d’une lanterne. » - P.......t E. et M...n P. canonniers au 48e d’artillerie, 8 jours de cellule % du général gouverneur : « Etant de garde, se sont absentés de leur poste et ont été rencontrés se promenant en ville. »

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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23 octobre 2005

Notice viandes congelées, réfrigérées, distribution, préparation, consommation

*Définitions. – Les viandes traitées par le froid peuvent présenter divers aspects ; tantôt elles ont l’apparence de blocs rigides et compacts, qu’on ne peut débiter qu’à la scie ou au couperet : on les appelle alors viandes congelées ; tantôt elles ont à peu près la consistance de la viande fraîche dont elles gardent très sensiblement les caractères : ce sont les viandes réfrigérées.

*Vérification préliminaire des viandes. – Avant introduction en frigorifique, les viandes sont soumises obligatoirement au contrôle sanitaire. Ce contrôle peut s’exercer de plusieurs manières :

a / dans les villes de garnison ou dans leur voisinage immédiat il est exercé en principe par l’autorité militaire ;

b / dans les villes autres que les villes de garnison où la salubrité des viandes est effectivement garantie par le service municipal, le contrôle de ce service peut-être admis par l’administration de la Guerre ;

c / dans les autres localités enfin, ce contrôle est exercé par un vétérinaire agréé par l’administration de la Guerre. Les cahiers des charges pour la fourniture de la viande fixent dans chaque cas en particulier les conditions dans lesquelles s’exerce la vérification du bétail avant traitement par le froid.

*Distribution. – I. Viandes congelées.

a / Examen avant décongélation : à la sortie des chambres de congélation, la viande congelée doit donner, au toucher, la sensation d’un bloc dur et compact. Sa surface est d’une coloration brunâtre plus ou moins foncée ; elle est légèrement parcheminée. Lorsqu’on fait une coupe, la couleur des tissus apparaît plus pâle et plus rosée que celle de la viande fraîche. A l’état congelée, l viande n’a pas d’odeur propre.

b / Décongélation : il n’est pas indispensable de faire décongeler la viande avant son emploi. Quand on veut cependant procéder à cette opération, la viande à décongeler ne doit pas être exposée à l’action du soleil, ni placée dans le voisinage d’un foyer de chaleur.. On la dispose, si possible, dans un courant d’air sec et froid. Il est facile de juger des progrès de la décongélation à la résistance que présente la viande à la pression des doigts ou à la facilité de son débit par les moyens ordinaires. Au fur et à mesure de al décongélation, il s’écoule généralement un liquide rougeâtre transparent, la coloration de la viande, comme celle des coupes, se modifie ; tandis que la surface de la viande prend souvent une teinte plus ou moins grisâtre, les séreuses ( plèvre et péritoine ) dépolies deviennent plus ou moins ternes.

c / Examen de la viande décongelée : la qualité des viandes entièrement décongelées se reconnaît d’après les principes posés ci-après pour la reconnaissance des viandes réfrigérées.

II. Viandes réfrigérées. – Les viandes réfrigérées doivent présenter les caractères essentiels de la viande fraîche ; toutefois comme les viandes rassises, elles n’en ont plus toute la fermeté, de plus leur surface présente fréquemment une teinte foncée due à l’action pendant leur séjour en frigorifique, de al ventilation par l’air froid et sec. Une constatation de cette nature ne justifie aucune appréhension. Si on pratique une incision, la couleur rouge franc réapparaît ; la viande ne doit déceler aucune odeur anormale. L’examen porte surtout sur le voisinage des os et de la colonne vertébrale, les parties saigneuses, les colliers, les parties repliées sur elles-mêmes, le dessous de l’épaule, la bavette d’aloyau, les flanchets, les jarrets, les crosses et en général toutes les parties plus particulièrement exposées aux souillures, au cours du travail de l’habillage. La présence accidentelle de légères moisissures toutes superficielles qu’un simple essuyage suffit à éliminer, ne saurait inquiéter sur la comestibilité des viandes.

*Consommation. – Les viandes congelées comme les viandes réfrigérées doivent être mises à la cuisson aussitôt que possible après la distribution. Pour les premières ( lorsque la vérification préliminaire a été faite dans de bonnes conditions que l’examen à l’état congelé et l’examen au cours de la décongélation ont donné de bons résultats ) il n’est pas nécessaire d’attendre une décongélation complète pour les mettre à la cuisson, mais il convient que la décongélation ait dépassé la moitié environ de l’épaisseur des tissus. Les viandes congelées, comme les viandes réfrigérées, se prêtent d’ailleurs à tus les procédés de préparation de al viande fraîche. Généralement la durée de la cuisson est moins longue. Il faut de plus prévoir la nécessité d’assaisonner davantage, mais après un essai de dégustation seulement. Dans le cas de cuisson, à l’eau, les viandes congelées et non encore décongelées, doivent être mises à cuire à l’eau froide.

*Recommandations spéciales. – A l’égard des viandes décongelées ou réfrigérées prendre toutes les précautions recommandées pour la viande fraîche, en vue d’en faciliter la conservation : les soustraire aux circonstances accidentelles d’élévation de température, à la pluie, etc. Eviter la compression et le contact des quartiers suspendus, les heurts, les manipulations fréquentes et al pénétration des crochets de suspension dans les tissus. – Exiger la propreté rigoureuse des ouvriers ( mains et vêtements ) du matériel et des locaux de conservation. S’il y a lieu de procéder à des transports, ne pas laisser les voitures exposées au soleil ; soustraire la viande aux poussières et aux mouches ; suspendre les quartiers en évitant, autant que possible qu’ils ne soient en contact les uns avec les autres et surtout qu’ils ne traînent sur le plancher. Faire de préférence les distributions dans des locaux couverts.

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Décision du 23 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dinon

*Permissions pour Paris. – Le gouverneur de Paris fait connaître que toutes les permissions sont supprimées pour Paris. En conséquence les militaires qui ne viennent pas à Paris pour raison de service seront arrêtés aux gares par les soins des commissaires militaires et renvoyés à leur corps ou service, et les titres de permissions envoyés à la place de Paris pour les sanctions à intervenir. Il pourra toutefois être dérogé à ces prescriptions dans certains cas exceptionnels qui devront être spécifiés sur les titres de permission.

*Viande congelée. – Les corps et détachements de al garnison feront connaître d’urgence à M. le sous-intendant militaire ( rue Condorcet ) l’effectif réel des rationnaires, dans le but d’assurer des distributions de viande congelée à raison de un jour sur deux.

*Pain. – La distribution de pain à faire le vendredi 23 octobre courant à la Manutention de Dijon comprendra 4/5 de pain ordinaire et 1/5 de pain de guerre en morceaux. Le taux de la ration de pain de guerre est de 550 grammes. Les corps et détachements établiront leurs bons en conséquence.

*Travail. – En principe tous les hommes disponibles et instruits seront employés un jour sur deux à la fortification. Il s partiront à 5 h. 30 pour la cote 349, à 200 mètres nord d’Ahuy. Ils emporteront les vivres nécessaires pour préparer la soupe sur le terrain à raison de deux cuisiniers par section. Ce service commencera le samedi 24. Les nettoyages auront lieu le dimanche matin, et les hommes ne seront libres que de 12 heures à 21 heures, dans les mêmes conditions que précédemment.

*Les compagnies pourront, jusqu’à nouvel ordre, toucher à la Manutention de Dijon ou dans les forts, les quantités de sucre et café qui leur seront nécessaires.

*Détachement de renfort. – Les 600 hommes arrivant aujourd’hui sont alignés en solde et vivres jusqu’au 24 inclus.

*Changement des cantonnements. – A la date d’aujourd’hui 23 courant le 118e occupera les cantonnements suivants : 1er bataillon Ahuy – 2e bataillon Vantoux – 3e bataillon Messigny.

*Compte-rendu. – Les chefs de bataillon rendront compte demain matin de leur installation dans leurs nouveaux cantonnements. Le lieutenant-colonel rappelle également qu’ils doivent lui fournir tous les matins : 1° l’effectif des présents dans chaque compagnie ; - 2° des indisponibles ; - 3° des travailleurs pour le génie ; ne pas oublier qu’à partir de demain 24 courant les indisponibles s’élèvent au chiffre de 150 par compagnie et que le travail doit commencer vers les 6 heures à la cote 349, nord d’Ahuy, avec préparation de la soupe sur le terrain.

*Ordre n° 6

Le général de brigade Journée, nommé par décision ministérielle du 20 octobre, commandant supérieur de la défense, gouverneur de Dijon, prend à la date de ce jour, possession de son commandement.

Dijon, le 22 octobre 1914

Le général gouverneur de Dijon. Signé : Journée

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20 octobre 2005

Décision du 20 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Mutations à la date du 21 octobre. – Le caporal-fourrier Biguier de la 12e Cie. passe à la 8e Cie. – Le sergent-fourrier Bernard de la 8e Cie. passe sergent à la 7e Cie. – Passent à la CHR. en qualité de brancardiers et restent en subsistance à leurs compagnies, les soldats dont les noms suivent : 1re Cie. Applanat cl. 1895 – 2e Cie. Carle T. cl. 1896 ; Perrin E. cl. 1895 – 4e Cie. Artillan cl. 1894 ; Meilloret – Poignet cl. 1896 – Villemus cl. 1897 – 6e Cie. Chabas cl. 1894 ; Antresangle cl. 1894 ; Montanaro cl. 1895 – 7e Cie. Michel cl. 1899 ; Montaud cl. 1893 ; Girardin cl. 1893 – 8e Cie. Marseille cl. 1894 ; Guillaumont cl. 1894 ; Mourier cl. 1896 – 9e Cie. Gallas cl. 1897 – 12e Cie. Mallet cl. 1895.

*Marche manœuvre du 21 courant. – Le vin apporté par le détachement de Fontaine sera touché sur le terrain, un quart par homme.

*Militaires passés à d’autres corps. – La direction des services du matériel fait connaître : 1° Par note de service n° 190-G.2f du 30 septembre 1914, il a été décidé que, pendant la durée des hostilités, les militaires passés à d’autres corps devaient être considérés comme placés en subsistance. Cette décision a eu pour but d’éviter des modifications incessantes et nombreuses dans les matricules des corps et des bureaux de recrutement.

Afin de permettre aux bureaux de renseignements créés dans chaque dépôt, d’assurer la transmission de la correspondance, de répondre aux demandes concernant les militaires en subsistance et d’effectuer sans erreur, ni omission la transmission des avis de mutation aux corps d’origine, tout corps passant des militaires en subsistance à un autre corps adressera à ce dernier une liste du modèle ci-joint.

matricule

Nom et Prénoms

grade

Solde

à percevoir

Etat-civil

Adresse de la personne

à prévenir en cas d’évènement grave

*Comme conséquence du paragraphe ci-dessus les compagnies des 1er et 3e bataillons dresseront immédiatement la liste du modèle indiqué et l’adresseront vendredi au bureau du lieutenant-colonel.

*Mutations. – Tous les hommes ou gradés mutés à la date du 21, changeront de Cie. demain, sur le terrain même où ils se rendront avec leur ancienne Cie., armes, bagages et ½ couverture. A la sonnerie : « Aux sergents-majors », ils seront réunis par ces sous-officiers qui les amèneront avec eux au cercle pour les passer à leur nouvelle Cie. Toutefois si des mutations se produisent dans un même cantonnement, les hommes pourront être changés ce soir même.

*1er bataillon. – En raison des nombreuses opérations à faire demain sur le terrain, la réunion des commandants de Cie. et sergents-majors du 1er bataillon n’aura pas lieu et sera remise à jeudi 14 h.

*Le prêt se fera demain sur le terrain de 12h. à 13 h.

*Vélos. – Les 5e et 10e Cies. amèneront demain sur le terrain, les vélos n° 10 et 23 que le lieutenant-colonel leur retire, en ayant besoin.

*Musique. – Aura lieu désormais le dimanche de 14 h. 320 à 15 h. 30.

*Les tailleurs en subsistance à la CHR. rentreront à leur compagnie demain et seront remplacés à Fontaine par ceux des 6 dernières Cies. qui marcheront donc, avec armes, bagages et ½ couverture.

*Hautes-payes. – Pour qu’il y ait conformité dans les décomptes des Cies. au sujet des rappels de hautes-payes il y a lieu de surseoir aux dits rappels jusqu’au prêt du 31 octobre et d’attendre les instructions supplémentaires qui seront données d’ici là par la voie du rapport.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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19 octobre 2005

Décision du 19 octobre 1914. - Fontaine-lès-Dijon

*Listes nominatives. – Les Cies. fourniront pour le 22 courant les listes nominatives, par date et par lettre alphabétique, des hommes reçus du dépôt dans les deux derniers détachements. Ces listes feront connaître les classes, n° matricules, noms, prénoms et indiqueront en outre la Cie. de dépôt d’où proviennent ces hommes.

*Mise en subsistance. – La compagnie du génie 15/3T. devant quitter Dijon demain soir, les militaires du génie et d’infanterie qu’elle a en subsistance à Asnières et à Varois seront pris en subsistance à dater du mardi 20 octobre inclusivement par les compagnies du 118e territorial cantonnées dans ces localités.

*Hommes rentrant à l’hôpital. – A l’avenir les hommes rentrant à l’hôpital de Dijon laisseront à leur compagnie leurs sacs et armes.

*Punitions. – T....n Lucien, soldat au 27e d’infanterie, 31e compagnie – B....t Eugène canonnier au 48e d’artillerie 71e batterie – Deux jours de prison, ordre du général gouverneur : « Rencontrés en ville à la nuit tombée, montés sur une bicyclette non éclairée. »

*Nominations. – Les états de toute nature fournis par les compagnies pour les nominations à faire en vue de remplacer les gradés partis, ont été faits avec une telle [...], par les Cies., qu’il est impossible au lieutenant-colonel de faire son travail. – En conséquence les chefs de bataillon, commandants de compagnie et sergents-majors se rendront à Fontaine, ceux du 2e bataillon aujourd’hui à 4 heures, ceux du 3e bataillon demain mardi à la même heure ; ceux du 1er Bon. seront vus et entendus mercredi sur le terrain.

*Marche de mercredi. – Départ des cantonnements 6 h. ; rentrée 17 h. ; longueur de la marche environ 20 kilomètres. Rassemblement du régiment à 9 heures à la cote 285, fourche de la route n° 74 à Sarreguemines et route Savigny - Epagny.

*Mutations. – Dans l’intérêt du service et pour convenance personnelle le lieutenant-colonel prononce à la date du 21 courant les mutations suivantes : - Dany adjudant de la 2e Cie. passe à la 1re Cie. – Aubéry sergent-major de la 11e passe à la 15e dépôt. – Orcières sergent-major de la 4e passe à la 11e. – Maire sergent-major de la 3e passe à la 4e. – Avon Joseph cl. 1893 soldat de la 11e passe à la 10e. – Girard Charles cl. 1894 soldat de al 4e Cie. passe à la 11e. – Les soldats de la 5e Cie. Fauque Elie cl. 1892, Signoret C. cl. 1892, Etienne L. cl. 1895, Massot J. cl. 1894 passent à la 11e Cie. – Les soldats Rousseau J. cl. 1893, Richard J. cl. 1892 de la 6e Cie. passent à la 11e Cie. – Les soldats Ferren M. cl. 1893 de la 7e Cie., Bertrand Henri cl. 1892 de la 5e Cie., Guérin Emile de la 5e Cie., Chauvet de la CHR. passent à la 2e Cie. – Les soldats Lafont Gabriel cl. 1893 de la 6e Cie., Montant Casimir cl. 1893 de la 5e Cie. passent à la 7e Cie. – Elpide Siméon cl. 1893 soldat à la 2e Cie. passer à la 5e Cie. – Le soldat Boy Joseph cl. 1892 et le caporal Maurice Etienne cl. 1895 de la 5e Cie. passent à la 9e Cie. – Viau Antoine cl. 1892 soldat de al 6e Cie. passe à la 10e Cie.

*Prêt du 21. – Le prêt du 21 aura lieu mercredi sur le terrain.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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