*Ordre général n° 229

En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, par délégation du général commandant en chef, le général Blondlat commandant la division du Maroc, cite à l’ordre de la division :

Becker, caporal du groupe de brancardiers divisionnaires : « Le 25 septembre, à Sillery, a fait preuve du plus grand sang-froid sous les obus qui tombaient sur le poste de secours, a réussi à mettre à l’abri une voiture de blessés. A été lui-même blessé de deux éclats d’obus à la cuisse. Evacué, a demandé à rejoindre dès qu’il a pu marcher, et a repris sa place dans le rang. »

Zerner, 2e classe, du régiment de marche du 1er étranger : « Le 12 novembre, près du moulin de Sillery, étant agent de liaison chargé de porter un renseignement sous le feu de l’ennemi, a rempli sa mission jusqu’au bout, quoique blessé au bras. »

Verzenay, le 22 novembre 1914. Le général commandant la division du Maroc. Signé : Blondlat

*Distributions. – Elles se font en général aussi mal que possible et ce, par la faute , non pas du personnel qui est entièrement dévoué à ce service si compliqué et si délicat, mais à cause de l’organisation défectueuse des corvées. Tout d’abord, il est essentiel que le gradé qui reçoit du convoi régimentaire, les vivres, soit le même qui les distribue aux compagnies ; autrement il n’y a aucune responsabilité possible. Libre aux chefs de bataillon, pour alléger leurs sous-officiers d’établir un roulement pour qu’ils puissent accorder un repos, de temps à autre, à leurs agents. Le gradé responsable qui prend contre reçu une quantité de tant de kilos de viande au convoi, doit naturellement la remettre à son bataillon. – En second lieu, les compagnies doivent fournir à leurs sous-officiers de ravitaillement, les ustensiles et récipients nécessaires, sans quoi l’officier d’approvisionnement ne peut les servir ; c’est ainsi que les Cies. ont des fûts pour le vin qu’elles gardent : résultat, on ne leur donne pas le vin auquel elles ont droit ; d’autres envoient le fût sans la bonde ni bouchon : même résultat. Enfin les compagnies ont gardé tous les sacs qui renfermaient les pommes de terre ; il n’y en a plus à l’approvisionnement qui doit les verser à l’intendance. – Comme conséquence, chaque compagnie versera demain à l’approvisionnement 15 sacs, qui ne lui seront pas rendus ; de plus tous les jours, chaque Cie. viendra à la distribution avec 10 sacs, qui lui seront au contraire rendus. Enfin chaque bataillon devra se procurer deux fûts permettant d’établir un roulement pour la distribution du vin et deux autres pour la distribution de l’eau de vie. Chaque jour l’officier d’approvisionnement rendra compte au colonel de l’état du matériel ainsi apporté par les bataillons et Cies. ; les compagnies qui ne fourniraient pas un matériel en bon état ne seront pas servies ou, du moins, le seraient mal.

*Remise est faite aux chefs de bataillon et commandants de Cie. d’une instruction concernant le chargement des voitures à vivres et bagages. Chaque Cie. la reçoit en deux exemplaires dont l’un est destiné au conducteur. Les conducteurs des voitures à munitions mettront leurs sacs sur ces voitures ; l’une d’elles recevra également le sac du sergent artificier.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.