28 novembre 2005
Décision du 28 novembre 1914. - Verzenay
*Ordre du régiment n° 29
Nomination. – Par décret de M. le président de la République en date du 7 novembre 1914, le sergent-major Devaux Antoine désiré, de la 1er Cie. du 118e territorial est promu officier d’administration de 3e classe du service de santé.
Verzenay, le 28 novembre 1914
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Ordre du régiment n° 30
Nominations. – Est nommé sergent-major à la 1re Cie. : Roudès G. cl. 1898, sergent-fourrier de la 6e Cie., en remplacement de Devaux promu officier d’administration de 3e classe.
Est nommé sergent-fourrier à la 6e Cie. Jacotet E. cl. 1894, même Cie., en remplacement de Roudès nommé sergent-major.
Est nommé caporal-fourrier à la 6e Cie. : Penel P. cl. 1892, soldat même Cie., en remplacement de Jacotet nommé sergent-fourrier.
Ces nominations dateront du 29 novembre 1914
Verzenay, le 28 novembre 1914
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Victoire russe. – Sur l’ordre du général commandant la division du Maroc, pour célébrer la grande victoire remportée par les Russes en Pologne sur les Allemands, la musique du 118e s’est rendue hier soir à 23 heures dans les tranchées, où elle a joué « La Marseillaise » et « L’Hymne russe » pendant que les hommes criaient à plusieurs reprises « ‘Vive la France » ; toute l’artillerie de la division a tiré ensuite sur les tranchées allemandes pendant 25 minutes.
*Service religieux ; horaires du 29 courant. – Verzenay : messe à 6 h.-7 h.-8 h. – Messe militaire à 9 . – Grand messe à 10 h. – Vêpres à 14 h.
*Note de MM. les officiers. – En vue de se constituer un dossier pour des propositions éventuelles, le lieutenant-colonel prie MM. les officiers de lui fournir chacun, sur ¼ de feuille, un état contenant les renseignements suivants : a / Nom et prénoms, b / âge, c / origine ( retraité, venant des sous-officiers retraités, venant des sous-officiers de l’active, ayant simplement servi dans l’active ), d / années de service dans l’active, e / années de service dans la réserve et la territoriale, f / ancienneté dans le grade actuel, g / ancienneté dans la Légion d’honneur et la médaille militaire.*
Ces états, centralisés par chaque chef de bataillon et autant que possible uniformes, seront remis au bureau du colonel le 1er décembre à 10 h.
*Cantines. – MM. les sous-lieutenants nouveaux promus qui désireraient être pourvus de cantines adresseront leurs noms, avant le 1er décembre, au bureau du colonel.
*Seaux en toile. – Les compagnies remettront pour le 1er décembre l’état des seaux en toile qui leur seraient nécessaires pour porter à deux par escouade le complet réglementaire.
*Approvisionnement. – Le lieutenant d’approvisionnement rend compte au colonel que malgré les ordres donnés, les tonneaux destinés au transport du vin sont parfois dans un tel état qu’il est impossible de les remplir ; le colonel prévient une dernière fois que tous récipient envoyé par les Cies. et dont on en pourra pas se servir, sera considéré comme n’existant pas, et sa Cie n’aura rien.
*Les commandants de Cie. feront ramasser chaque jour tout le pain inutilisé par leurs hommes. Ce pain sera remis au sergent artificier du bataillon qui le distribuera à titre de supplément aux chevaux de trait du bataillon ; ces chevaux étant insuffisamment nourris avec la ration réglementaire.
*Service de garde. – Le général commandant la division a constaté que la tenue des sentinelles dans les différents cantonnements de la division laissait à désirer.
La sentinelle placée hier soir, 26 novembre, devant le quartier général de la division avait même déposé son fusil contre le mur, son ceinturon n’était pas bouclé et ce matin la sentinelle placée à la sortie ouest de Verzenay, n’avait pas de baïonnette au canon.
D’autre part, d’après un rapport fourni hier, un des postes de Verzenay n’avait pas encore reçu le mot à 13 h.
On a remarqué aussi que des civils étaient souvent arrêtés auprès des sentinelles et pouvaient, très facilement, entendre le mot de ralliement donné à ces sentinelles par les automobilistes.
MM. les commandants de cantonnement prendront des mesures pour que le service de garde soit assuré dans des conditions strictement réglementaires.
*Punition. – C......... H. soldat, 2e cl. de la 5e Cie., 15 jours de prison % du lieutenant-colonel commandant le régiment : « A été ramené au poste de police en état d’ivresse. » Cet homme passe ce matin même à la 1re Cie. du 1er bataillon et est renvoyé de suite dans les tranchées.
* Un additif concernant les campagnes sera inséré à la décision du 30 courant.
27 novembre 2005
Décision du 27 novembre 1914. - Verzenay
*Le général commandant la division du Maroc fait connaître aux commandants d’unités qu’il les rend personnellement responsables de l’exécution des prescriptions de la note n° 643 DM2. du 23 novembre (décision du 24 novembre) relative à l’abattage des bois. Des canonniers de la 2e batterie du 4e groupe, ont été surpris hier matin encore coupant des arbres dans la partie nord du petit bois situé entre Verzenay et Mailly.
*Division du Maroc. – a la date du 26 novembre les troupes d’infanterie de la division du Maroc comprennent : 1° : 1re brigade (colonel Lavenir) ; régiment de légion (colonel Pein) ; régiment de tirailleurs algériens (lieutenant-colonel Daugan). – 2° : 243e régiment d’infanterie (lieutenant-colonel Quiquandon). – 3° : 273e régiment d’infanterie (lieutenant-colonel Herbelé). – 4° : 118e régiment territorial (lieutenant-colonel Nanta). Jusqu’à nouvel ordre, les 243e 273e et 118e régiments ne seront pas embrigadés.
*Aux termes du décret du 12 novembre 1914, pendant la durée de la guerre, les sous-lieutenants et lieutenants de réserve qui ont obtenu des grades dans les conditions visées à l’alinéa 5 de l’art. 3 de la loi du 1er août 1913 et qui auront servi effectivement comme tels aux armées pendant deux mois pourront, sur leur demande et sur la proposition de leurs chefs hiérarchiques, être admis avec leur grade dans l’armée active sans conditions d’âge ni de stage et sans être astreints à un examen d’instruction générale et professionnelle. Ils prendront rang à leur date de nomination ( dans l’armée active ) à la suite des officiers du même grade.
*Service sanitaire. – A la date du 26 novembre, le service sanitaire de la division du Maroc est réglé de la façon suivante : ambulance 12/11 à Verzenay : pour recevoir les blessés, les panser et les évacuer. – Ambulance 10/9 à Louvois et ambulance 12/9 à Avenay : pour recevoir les malades légers et les petits blessés. Tous les malades et blessés graves sont évacués sur les hôpitaux d’Epernay.
*Le général commandant le secteur de Reims a encore rencontré hier des conducteurs et des hommes isolés qui n’avaient pas leur arme, malgré les ordres donnés. Pour mettre fin à cette situation, la gendarmerie sera dorénavant chargée de la surveillance des routes en ce qui concerne la tenue.
*Traitement de la Légion d’honneur et de la médaille militaire. – MM. les officiers et sous-officiers qui veulent toucher leur traitement de la Légion d’honneur ou de la médaille militaire feront parvenir le plus tôt possible, au bureau du colonel leur titre. Ce traitement leur sera ensuite payé par le trésorier payeur aux armées à Verzenay.
*Les 4 maréchaux des logis du 19e chasseurs arrivés hier, sont affectés : Billoré au 1er bataillon ; Leroy au 2e ; Mellière au 3e ; Petit à l’EM. ; ils seront placés en subsistance à la 1er Cie. de leur bataillon et Petit à la CHR. à la date du 27 courant. – Les maréchaux-des-logis Delort, Detourbes et Cortot passent également en subsistance à la 1re Cie. de leur Bon. à la date du 27 courant.
*Erratum à l’ordre du régiment n° 28. – Lire : à la 11e Cie : Michel M. au lieu de Mathieu M.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial.
Signé : Nanta.
25 novembre 2005
Carte du 25 novembre 1914. - 1re division du Maroc
Lucien a utilisé des points pour coder des mots secrets « TOUJOURS À VERZENAY »
[...] Rien de nouveau ici, je pense que notre artillerie a dû démolir la batterie allemande qui nous bombardait, car depuis vendredi nous n’avons pas reçu un seul obus. Aujourd’hui chute de neige sur terrain gelé, par conséquent elle tient bien. Il n’y en a encore que quelques centimètres mais elle tombe toujours et nos ravitaillements qui se font à 20km vont en être bien gênés. Enfin avec du temps on y arrivera quand même.
Oui, triste Saint-Martin cette année. [...]
[...] Toujours très bon moral, mon pied va de mieux en mieux, je marche sans bâton et à peu près sans douleur. [...]
Décision du 25 novembre 1914. - Verzenay
*Ordre du régiment n° 28
Nominations. – Sont nommés caporal :
à la 1re Cie. Ouvier G. cl. 1895, soldat même Cie., en remplacement de Brunet passé à la section de mitrailleuses ; - à la 2e Cie. Roux G. cl. 1897 soldat même Cie. en remplacement de Laborel passé à la section de mitrailleuses ; - à la 8e Cie. Paillet P. cl. 1894 soldat même Cie. en remplacement de Coindre passé à la section de mitrailleuses ; - à la 11e Cie. Mathieu M.* cl. 1893 soldat même Cie., en remplacement de Ricoud passé à la section de mitrailleuses.
Mutations. – L’adjudant Trouillet E. cl. 1896 de la 12e Cie. passe à la 10e Cie. – Le caporal Vernet F. cl. 1891 de la 7e Cie passe à la 5e Cie. en remplacement de Siscal passé à la section de mitrailleuses.
Ces nominations et mutations dateront du 26 courant.
Verzenay, le 25 novembre 1914
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Mutations. – Passent à la CHR à la date du 24 courant, pour compléter les équipes de mitrailleuses : 1re Cie. Brunet J. cl. 1892 caporal – Liens J. cl. 1891 – Jean Th. Cl. 1891 – Branche B. cl. 1891 – Saladin X. cl. 1894 – 2e Cie. : Laborel F. cl. 1893 caporal – Gautier A. cl. 1892 – Stéfanelli J. cl. 1898 – Drouhet cl. 1898 – b9e Cie. : Ferrand A. cl. 1896 – Mourriès P. cl. 1893 – 10e Cie. : Siscal F. cl. 1897 caporal – Jouveau L. cl. 1896 – 11e Cie. Ricou H. cl. 1898 caporal – Meynard P. cl. 1894 – Molinas Jean-Baptiste cl. 1895 – 12e Cie. : Rey D. cl. 1891- Meyssard A. cl. 1894. – Passent à la CHR. à la date du 25 courant, toujours pour compléter les sections de mitrailleuses : 5e Cie. : Raoux G. cl. 1894 caporal – Ricard M. cl. 1895 – 6e Cie. : Veyrier C. cl. 1895 – Paillet L. cl. 1894 – Mourges J. cl. 1893 – 7e Cie : Montaud C. cl. 1899 – Trouillet A. cl. 1895 – 8e Cie. : Coindre cl. 1897 caporal – Cloupet H. cl. 1895.
*MM. les commandants des 2e et 3e bataillons désigneront chacun 3 hommes exerçant la profession de forgeron et qui devront être rendus cet après-midi à Verzenay pour être détachés à l’EM. de la division. Ces hommes seront placés en subsistance à la CHR. à la date du 26 courant.
*Le général commandant l’armée rappelle qu’il est indispensable de distribuer largement du thé et du sucre de façon que les hommes disposent de boissons chaudes. Les quantités de thé et de sucre nécessaires sont fournies en partie à titre gratuit par le ravitaillement quotidien. Le complément sera demandé à la DES. ou si possible acheté sur le pays par les ordinaires.
Comme suite à cette note le colonel décide que tous les jours au moins une fois, il sera mis à la disposition des hommes une boisson chaude ( thé ou à défaut café ).
*Officiers promus à titre temporaire. – Le ministre fait connaître que les officiers promus à titre temporaire, doivent être considérés comme ayant droit aux rangs, prérogatives et avantages pécuniaires conférés par leur nouveau grade, à partir du jour de leur nomination aux armées, et non à partir du jour de la ratification ministérielle.*
*Le général en chef prescrit que tout homme évacué sur l’arrière doit être muni d’un ordre explicatif émanant de l’autorité qui a prescrit sa mise en route et signé de cette autorité.
*Remise est faite aux chefs de bataillons de postaux individuels et de postaux dons du département de Vaucluse ainsi que de 150 paires de chaussettes ; ne pas oublier dans la répartition les conducteurs de voitures qui tout en étant en subsistance dans les Cies en font maintenant partie intégrante.
*Distributions. – Le lieutenant-colonel a remarqué hier encore, sur les voitures de Cies., de la viande qui n’était ni couverte, ni enveloppée de linge ; les bonis des Cies sont assez forts pour qu’elles se munissent, ou de sacs, qui devront être nettoyés très souvent, ou plutôt de paniers pour le transport de la viande ; les chefs de bataillon rendront compte des dispositions prises à cet effet et donneront au besoin des ordres pour que les Cies. soient munies des récipients nécessaires.
*Le conducteur Poinsot, de la CHR., passe en subsistance à la 12e Cie. comme conducteur de la voiture de Cie. de cette Cie. en remplacement du conducteur Barbier Charles qui cesse sa subsistance à la 12e Cie. et rentre à la CHR. Ces mutations auront lieu à la date du 26 courant.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
* La décision du 27 novembre indiquera cet erratum : Lire : à la 11e Cie : Michel M. au lieu de Mathieu M.
24 novembre 2005
Carte du 24 novembre 1914. - 1re division du Maroc
[...] Pendant quatre jours nous avons eu de 6 à 8° au-dessous chaque nuit et pas de dégel dans la journée. Aujourd’hui le temps se radoucit, il y a -1°, la neige est probable. Pas d’événement depuis hier, pas de bombardement. Cette nuit nos grosses pièces ont canonné pas mal, mes vitres ont tremblé plusieurs fois, mais cela n’empêche pas de dormir parfaitement . Nous sommes toujours ensemble, pas de changement probable. Les positions dans le secteur n’ont pas varié depuis longtemps. [...]
Décision du 24 novembre 1914. - Verzenay
*Mutations. – L’adjudant Palmier cl. 1894 de la 3e Cie. passe à la 6e Cie. à la date du 1er décembre.
M. le lieutenant Paoletti commandant la 3e section de mitrailleuses passe à la 1er section ;
M. le sous lieutenant Milhe commandant la 1re section de mitrailleuses passe à la 3e section ;
Le sergent Bache cl. 1896 de la 11e Cie. passe à la 8e Cie. – Le soldat Girard de la 11e Cie. passe à la 5e Cie. – Ces mutations se feront à la date de demain 25 courant. – A dater de demain également la 1re section de mitrailleurs prend le n° 3 et la 3e le n° 1.
*Eau bouillie. – Quelques cas de fièvre typhoïde étant signalés au 273e d’infanterie et à l’ambulance de Ludes, le médecin-chef de service recommande une fois encore de faire bouillir l’eau ; MM. les médecins devront passer journellement dans les cantonnements des Cies. pour s’assurer que cette prescription est rigoureusement observée et signaleront au lieutenant-colonel les Cies. qui ne s’y conformeraient pas ; il y a là une question d’intérêt vital pur tout le monde.
*Trains. – TR. et TC. – Le lieutenant-colonel a remarqué hier que quelques voitures des trains étaient dans un état de saleté repoussant et certains attelages fort mal entretenus. En temps de guerre plus qu’en temps de paix il est absolument indispensable que les animaux aient au moins un pansage sérieux par jour ; et que les harnais soient toujours graissés et bien ajustés, les voitures nettoyées, autrement on s’exposerait à avoir de gros déboires au moment où l’on aurait précisément besoin de son convoi, sans lequel la troupe ne peut vivre. Les conducteurs qui seraient signalés comme soignant mal leurs chevaux seront punis et remis dans le rang comme soldats de 2e classe.
*Tambours et clairons. – Le lieutenant-colonel a constaté hier que les tambours et clairons ne faisaient absolument rien à l’école malgré les avertissements qu’il leur a déjà donnés ; il les prévient une dernière fois que si d’ici huit jours ils ne modifient pas leur façon de faire et n’ont pas fait de progrès, il les renverra dans les tranchées avec leurs bataillons.
*Bains. – Demain à 12 h. 30, bains douches pour la CHR. et 2 compagnies du 2e Bon.
*Le général commandant le secteur de Reims a remarqué en traversant les cantonnements occupés par la division que des isolés, des corvées, des conducteurs de voitures, etc. circulaient sans armes. Le général commandant la division invite les chefs de corps et de services à rappeler à tous leurs subordonnés les prescriptions réglementaires à ce sujet.
*MM. les chefs de bataillon feront connaître demain matin, au lieutenant-colonel, les noms des militaires de leurs bataillons, gradés ou non, qui par leur profession civile ou pour toute autre cause seraient capables de coopérer théoriquement ou pratiquement à la fabrication de graisses et huiles, en utilisant les issues des centres d’abat des troupeaux de bétail.
*Note relative à l’abattage des bois. – Comme suite aux prescriptions de la note n° 1141, du 16 novembre, du général commandant la Ve armée relative à l’abattage des bois, le général commandant le secteur de Reims prescrit :
a / qu’aucune coupe de bois ne devra être faite en bordure du canal et dans la zone située au nord des routes de Reims à Cormontreuil, Taissy, Puisieulx ( et parc environnant ) ; le Puits ; Beaumont sur Vesle, à moins qu’elle n’ait pour but de constituer un abattis pour défense accessoire ;
b / les bordures des bois et taillis devront être respectées sur 15 à 20 mètres de profondeur afin de modifier le moins possible l’aspect des paysages ;
c / toute coupe devra être précédée d’une reconnaissance faite par un officier pour délimiter l’emplacement de l’abattage et marquer au préalable soit les arbres à abattre, soit ceux à réserver ;
d / les coupes devront toujours être exécutées par des détachements réguliers commandés par des gradés et jamais par des hommes isolés non surveillés. Les arbres devront être coupés au ras du sol ;
e / de préférence, faire des coupes à l’intérieur de la forêt de Reims, d’où les bois peuvent ensuite être transportés à pied d’œuvre au moyen des attelages et chariots dont disposent les parcs.
*Rétrogradation, cassation. – « Le président de la République française, sur le rapport du ministre de la guerre, décrète : article 1er. – Pendant la durée de la guerre, la rétrogradation ou la cassation des sous-officiers, brigadiers ou caporaux non rengagés sera prononcée par le chef de corps, après avis du commandant de l’unité à laquelle appartient le militaire intéressé. Les décisions à intervenir ne seront prises qu’après qu’auront été provoquées, autant qu’il sera possible, les observations de l’intéressé sur les faits relevés contre lui. – Article 2. – Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au journal officiel. »
Comme suite à la décision ci-dessus, tout gradé qui sera évacué sur le dépôt d’Avignon, sera rétrogradé.
*Mutations. – Les soldats Thomassin F. cl. 1892 et Batheye L. cl. 1906 de la 11e Cie. passent à la 5e Cie. à la date du 25 courant. – Les soldats Tardieu J. de la 1re Cie. et Signoret de la 2e Cie., détachés à l’Etat-major de la division comme maréchaux-ferrants, seront pris, à la date d’aujourd’hui, en subsistance par la CHR.
*Punition. – C......., brigadier, 12e escadron du train, 8 jours de prison % du général commandant le secteur de Reims : « A toléré que des conducteurs d’un convoi qu’il commandant n’aient pas leurs armes avec eux. »
*Mitrailleurs. – M. le lieutenant Paoletti, tout en conservant le commandement de la 1re section de mitrailleurs sera chargé de l’instruction générale des 3 sections du régiment.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
23 novembre 2005
Décision du 23 novembre 1914. - Verzenay
*Ordre du régiment n° 27
Nominations. – Par décision de Monsieur le général commandant la division du arc en date du 20 novembre 1914, sont nommés au grade de sous-lieutenant, à titre temporaire et pour la durée de la guerre : les adjudants Beaumier Paul ; Paillon Eugène ; Coquet Jules et Nicolas Marcel du 118e territorial.
Ces nominations dateront du 25 novembre 1914.
M. Beaumier est affecté à la 11e Cie. ; M. Paillon à la 7e Cie. ; M. Coquet à la 5e Cie. ; M. Nicolas à la 4e Cie.
Verzenay, le 23 novembre 1914
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Remise est faite de leurs lettres de service à MM. les sous-lieutenants Beaumier, Paillon, Coquet et Nicolas.
*Mitrailleuses. – Le régiment allant recevoir très prochainement ses 3 sections de mitrailleuses, MM. les chefs de bataillon désigneront chacun dans leur bataillon, pour compléter l’équipe : 2 caporaux intelligents, 2 pourvoyeurs et 5 conducteurs sachant conduire et soigner les chevaux ; ces hommes dont les noms, classes et n° matricules devront parvenir ce soir au lieutenant-colonel passeront à la date de demain 24 courant à la section de mitrailleuses de leur bataillon ; sauf ceux du 2e bataillon qui n’y passeront qu’après-demain 25 courant.
Comme suite de cette nouvelle organisation, le lieutenant-colonel décide que M. le lieutenant Paoletti prendra le commandement de la 3e section de mitrailleuses en remplacement de l’adjudant-chef Amondieu qui passera à la date de demain à la 2e Cie.
*Sucre. – Le général commandant la division du Maroc autorise la délivrance de sucre à titre remboursable jusqu’à la concurrence de 1 ration forte par homme.
*MM. les sous-lieutenants nouvellement promus feront connaître aujourd’hui même au lieutenant-colonel s’ils désirent se procurer un sabre d’officier que le corps pourrait demander à la manufacture d’armes de Saint-Etienne en même temps que des revolvers modèle 1892 ; la demande devant partir demain matin, il y a urgence.
*Train de combat et train régimentaire. – Comme suite aux notices remises hier aux bataillons et compagnies, sur le chargement des voitures, le lieutenant-colonel décide que les : secrétaire, ordonnance de l’officier d’approvisionnement, sous-officiers d’encadrement, 5 bouchers, 4 maréchaux-ferrants mettront leurs sacs à raison de un par voiture, sur le convoi régimentaire et marcheront toujours avec ces voitures ; total treize.
*MM. les chefs de bataillon feront apporter aujourd’hui ou demain au plus tard, à M. le sous-lieutenant Vial les chaussures que leurs cordonniers jugeraient susceptibles d’être remontées.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
22 novembre 2005
Décision du 22 novembre 1914. - Verzenay
*Ordre général n° 229
En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, par délégation du général commandant en chef, le général Blondlat commandant la division du Maroc, cite à l’ordre de la division :
Becker, caporal du groupe de brancardiers divisionnaires : « Le 25 septembre, à Sillery, a fait preuve du plus grand sang-froid sous les obus qui tombaient sur le poste de secours, a réussi à mettre à l’abri une voiture de blessés. A été lui-même blessé de deux éclats d’obus à la cuisse. Evacué, a demandé à rejoindre dès qu’il a pu marcher, et a repris sa place dans le rang. »
Zerner, 2e classe, du régiment de marche du 1er étranger : « Le 12 novembre, près du moulin de Sillery, étant agent de liaison chargé de porter un renseignement sous le feu de l’ennemi, a rempli sa mission jusqu’au bout, quoique blessé au bras. »
Verzenay, le 22 novembre 1914. Le général commandant la division du Maroc. Signé : Blondlat
*Distributions. – Elles se font en général aussi mal que possible et ce, par la faute , non pas du personnel qui est entièrement dévoué à ce service si compliqué et si délicat, mais à cause de l’organisation défectueuse des corvées. Tout d’abord, il est essentiel que le gradé qui reçoit du convoi régimentaire, les vivres, soit le même qui les distribue aux compagnies ; autrement il n’y a aucune responsabilité possible. Libre aux chefs de bataillon, pour alléger leurs sous-officiers d’établir un roulement pour qu’ils puissent accorder un repos, de temps à autre, à leurs agents. Le gradé responsable qui prend contre reçu une quantité de tant de kilos de viande au convoi, doit naturellement la remettre à son bataillon. – En second lieu, les compagnies doivent fournir à leurs sous-officiers de ravitaillement, les ustensiles et récipients nécessaires, sans quoi l’officier d’approvisionnement ne peut les servir ; c’est ainsi que les Cies. ont des fûts pour le vin qu’elles gardent : résultat, on ne leur donne pas le vin auquel elles ont droit ; d’autres envoient le fût sans la bonde ni bouchon : même résultat. Enfin les compagnies ont gardé tous les sacs qui renfermaient les pommes de terre ; il n’y en a plus à l’approvisionnement qui doit les verser à l’intendance. – Comme conséquence, chaque compagnie versera demain à l’approvisionnement 15 sacs, qui ne lui seront pas rendus ; de plus tous les jours, chaque Cie. viendra à la distribution avec 10 sacs, qui lui seront au contraire rendus. Enfin chaque bataillon devra se procurer deux fûts permettant d’établir un roulement pour la distribution du vin et deux autres pour la distribution de l’eau de vie. Chaque jour l’officier d’approvisionnement rendra compte au colonel de l’état du matériel ainsi apporté par les bataillons et Cies. ; les compagnies qui ne fourniraient pas un matériel en bon état ne seront pas servies ou, du moins, le seraient mal.
*Remise est faite aux chefs de bataillon et commandants de Cie. d’une instruction concernant le chargement des voitures à vivres et bagages. Chaque Cie. la reçoit en deux exemplaires dont l’un est destiné au conducteur. Les conducteurs des voitures à munitions mettront leurs sacs sur ces voitures ; l’une d’elles recevra également le sac du sergent artificier.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
21 novembre 2005
Carte du 21 novembre 1914. - 1re division du Maroc
[...] Hier après-midi nous avons été bombardés mais sans succès, le tir était trop long d’une centaine de mètres, les obus n’ont fait que nous passer sur la tête. Toute la nuit nos grosses pièces ont canonné dur, à peu près sans interruption. On entend cela dans un demi sommeil, je ne puis pas dire qu’on est précisément bercé par ces roulements formidables, mais cela n’empêche tout de même pas de se reposer convenablement. Un lieutenant de la Légion Etrangère revenu des tranchées cette nuit est un jésuite très connu, une des lumières théologiques de l’ordre. C’est d’ailleurs un ancien Saint-Cyrien, nous avons ensemble des relations de service et avons fait connaissance. C’est un homme charmant qui connaît très bien le Père Roullet. Je cherche à avoir des renseignements sur ce point. [...]
Décision du 21 novembre 1914. - Verzenay
*MM. les sous-lieutenants nouvellement promus doivent se pourvoir à leurs frais et le plus tôt possible des sabres d’officiers, revolvers modèle 1892 et cantines ; ils pourront conserver par devers eux, en les remboursant à M. l’officier de détails, les cantines qu’ils avaient comme sous-officiers et devront verser les sabres modèle 1854 et revolvers modèle 1873 dès qu’ils seront pourvus de leurs nouvelles armes.
*Chargement des voitures. – Remise est faite aux commandants de compagnies et chefs de bataillon d’une petite notice indiquant le chargement réglementaire de toutes les voitures dont ils sont détenteurs : ils devront se conformer scrupuleusement au mode de chargement indiqué ci-inclus ; les conducteurs de chaque voiture ainsi que les sergents artificiers devront connaître également la composition exacte du chargement de leur voiture.
*Etats nominatifs. – Les états nominatifs à établir par les compagnies doivent comprendre tout le personnel y compris les subsistants que chaque compagnie peut avoir dans d’autres unités (à signaler dans la colonne « observations ») ; à la gauche de l’état et bien distinct de celui-ci, les Cies. ajouteront la liste nominative des militaires des autres unités du corps, qu’elles ont en subsistance avec indication des unités auxquelles ils appartiennent.
*Horaire du service religieux du 22 novembre. – Verzenay : messe à 6 h.-7 h.-8 h. ; messe militaire à 9 h. ; grand messe à 10 h. ; vêpres et bénédiction à 14 h. – Sillery-le-Grand : messe à 7 h. – Sillery-le-Moulin : messe à 8 h. – Puisieulx : messe à 7 h. – Mailly : messe à 7 h.-8 h. ; messe militaire à 10 h. – Prunay : messe à 7 h. – L’espérance : messe à 9 h.
*Envois d’argent en Allemagne. – Les envois d’argent faits aux prisonniers français en Allemagne ne peuvent être faits que par des bureaux civils qui ont reçu des instructions à cet effet.
*Ambulances et hôpitaux. – Le général en chef rappelle à nouveau et pour la dernière fois que les malades et blessés entrant dans les ambulances et hôpitaux doivent apporter avec eux leurs effets et armes, mais pas de munitions. – D’un autre côté, le lieutenant-colonel rappelle que les hommes évacués sur Avignon doivent tout d’abord être démunis des effets de toute nature qui pourraient servir pour l’habillement de leurs camarades.
*Entretien des armes. – Le général commandant la Ve armée fait connaître qu’il entend que les armes soient toujours entretenues dans un parfait état, et que tout le matériel en excédent doit être immédiatement envoyé à l’arrière de l’armée.
*Perception de certaines denrées. – Le général en chef a fixé ainsi qu’il suit la perception de certaines denrées. Huile comestible : doit être payée sur les fonds des ordinaires. – Pommes de terre saucisson, gruyère, sardines : ne doivent pas être délivrés à titre remboursable mais uniquement à titre de supplément ou de substitution. – Chocolat : doit être délivré à titre absolument gratuit ou en remplacement d’une ½ ration forte de café et de sucre ( 30 g. par homme ). – Eclairage et chauffage : doit être assuré en principe par l’habitant ou la commune à raison de 1 bougie par jour par lanterne d’escouade, du 1er octobre au 31 mars ( 16 bougies au kilo ). – Allumettes : 3 allumettes par jour et par homme. – Pétrole : en remplacement de bougies à raison de 25 g. par lampe d’escouade et par jour, à raison de 6 heures d’éclairage, du 1er octobre au 31 mars. – Pipes et papier à cigarettes : à titre absolument gratuit. – Savon : acheté par les corps et payé par la masse générale d’entretien.
Le général commandant la Ve armée a fixé pour son armée les perceptions suivantes : Allumettes : une boîte tous les 7 jours. – Pétrole, en sus de la bougie, 2 kilos pour 1 000 hommes ; pour les bureaux : 1 lampe pour 100 hommes.
*Mutation. – Le soldat Jean André de la 10e Cie. passe à la 9e à la date d’aujourd’hui 21 courant.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
