31 décembre 2005
Décision du 31 décembre 1914. - Verzenay
*Souhaits du colonel au régiment. – A vous mes collaborateurs dans l’œuvre que nous entreprenons pour la défense et le salut de la Patrie, à tous, quel que soit votre grade, de l’officier au simple soldat, j’adresse mes vœux et mes souhaits les plus affectueux pour l’année qui commence. Comme chef de corps, je demande la victoire pour la France, la santé pour vous tous, mes amis, la force de résistance nécessaire pour supporter les fatigues, les rigueurs d’une campagne qui sera certainement longue et dure mais se terminera sûrement par le succès de nos armes. Comme père de famille, je forme les vœux les plus sincères pour que, tous, bien portants et fiers du devoir accompli, vous retrouviez le plus tôt possible, les être aimés que vous avez laissés là-bas, en Provence, au pays du soleil.
*Deuil. – Au nom du 118e, le colonel s’incline respectueusement devant les soldats Monnier* et Fourment*, tués à l’ennemi, le sous-lieutenant Coquet, le sergent Molinas, le caporal Fabre, les soldats Vigne, de la 5e Cie. et Royer, 9e Cie., blessés par des éclats d’obus au fort de La Pompelle le 30 décembre. Le régiment prendra exemple sur ces vaillants et comme eux luttera jusqu’au but, sans défaillance, prêt à tous les sacrifices. Le colonel propose pour la Légion d’honneur le sous-lieutenant Coquet et pour la Médaille militaire le sergent Molinas.
*Ordre du régiment n° 41
Nominations. – Est nommé au grade d’adjudant-chef, faisant fonctions d’officier d’approvisionnement, en remplacement de M. le lieutenant d’approvisionnement Valle, passé à la 8e Cie. : l’adjudant Ribes, classe 1893 de la CHR. adjoint à l’officie d’approvisionnement.
Est nommé au grade d’adjudant, adjoint à l’officier d’approvisionnement, en remplacement,t de l’adjudant Ribes nommé adjudant-chef : le sergent Biron Gabriel cl. 1897, de la CHR., sergent d’encadrement du train régimentaire.
Est nommé au grade de sergent à la 1re section de mitrailleuses, à la CHR., le caporal Marbet Eugène, cl. 1899, des sections de mitrailleuses, en remplacement du sergent Béranger Henri, cl. 1898, passé à la 1re Cie.
Sont nommés à l’emploi de sapeurs à la CHR. en remplacement de Tacussel Pierre, cl. 1893, passé à la 1re Cie. et de Perrot Théophile, cl. 1892, passé au dépôt, les soldats Delhomme Régis cl 1893 de la 1re Cie. et Armandon François cl. 1893 de la 9e Cie.
Ces nominations dateront du 1err janvier 1915.
Verzenay, le 31 décembre 1914. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Mutations. – M. le lieutenant Valle, officier d’approvisionnement, passe à la 8e Cie. – L’adjudant Aubert de la 2e Cie. passe à la 4e Cie. – Le sergent Beaucourt à la suite passe sergent d’encadrement à la CHR. en remplacement du sergent Biron nommé adjudant adjoint à l’officier d’approvisionnement.
Le sergent Béranger Henri, cl. 1898, des sections de mitrailleuses passe à la 1re Cie. ( actuellement à l’ambulance ). – Le sapeur Tacussel Pierre, cl. 1893, de la CHR. est remis soldat à la 1e Cie. mais est maintenu en subsistance à la CHR. – Le soldat Delhomme de la 1re Cie. nommé sapeur à la CHR. cesse la subsistance à cette unité.
*Nominations des sous-lieutenants. – Le ministre rappelle que les sous-lieutenants ayant 4 ans de grade, ou 2 ans s’ils proviennent des sous-officiers retraités, ne peuvent être nommés lieutenants et par conséquent en porter les insignes que quand leur nomination a paru au journal officiel.
*Précautions contre le froid. – Le général commandant la Ve armée préconise, pour se défendre contre le froid, l’emploi de tresses de paille cousues entre elles et pouvant envelopper le pied, sous forme de chaussons.
*Charrons. – Afin d’assurer la réfection rapide des accidents qui pourraient se produire aux voitures des trains, chaque chef de bon. organisera dans son bon. un petit atelier permanent de charrons-forgerons de façon à pourvoir immédiatement, avec les ressources locales procéder aux réparations urgentes.
*Sentinelles. – Les lanternes que doivent agiter les sentinelles placées sur les routes pour arrêter les automobiles devront être allumées chaque jour à partir de 16 h. 30.
*Le lieutenant-colonel prescrit qu’à l’avenir, pour tous les militaires blessés les compagnies fourniront immédiatement un état indiquant, très exactement, les noms, prénoms, n° matricules et lieux de naissance.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Le soldat de 2e classe Monnier, Auguste Joseph, du 118e RIT., a été tué le 30 décembre 1914 au fort de La Pompelle ( Marne ). Il était né le 31 mai 1872 à Caromb ( Vaucluse ) et il y demeurait. Lieu de sépulture inconnu.
*Le soldat de 2e classe Fourment, François Henri, du 118e RIT., est mort de blessures de guerre à l’ambulance n° 2 de Verzenay ( Marne ). Il était né le 3 janvier 1883 à Bédarrides ( Vaucluse ) et il y demeurait. Lieu de sépulture inconnu.
30 décembre 2005
Décision du 30 décembre 1914. - Verzenay
*Solde des officiers. – L’officier payeur se rendra jeudi 31, de 8 h. à 11 h., à la ferme de l’Espérance pour payer la solde des officiers et sous-officiers à solde mensuelle des 2e et 3e bataillons. Ceux qui ne pourraient s’y trouver se rendront au bureau de l’officier payeur le même jour à partir de 14 heures ainsi que les officiers stationnés à Verzenay.
*Prêt du 21 au 31 décembre. – Le prêt des 2e et 3e bataillons aura lieu à la ferme de l’Espérance jeudi 31 de 8 heure à 11 heures. Celui du 1er bataillon, même jour à partir de 14 heures au bureau de l’officier payeur.
*Indemnité de première mise d’équipement. – En exécution des prescriptions de M. l’intendant général, chef supérieur de l’intendance de la Ve armée, les officiers nouvellement promus et qui ont reçu la somme de 525 f. comme indemnité de 1re mise d’équipement, devront rembourser la somme de 275 f., l’indemnité due n’étant que de 250 f.
*Allocation des troupes, aux armées. – Le ministre, pour éviter toute erreur, fixe comme il suit, en sus de la solde ( et des accessoires de solde s’il y a lieu ) : a / à l’indemnité entière d’entrée en campagne, dans les conditions fixées dans la circulaire du 10 septembre 1914 ( JO. du 12 septembre ) – b / à l’indemnité de cherté de vie de la résidence normale dans les conditions fixé »es par la circulaire du 9 octobre 1914 ( JO. du 11 octobre ) – c / aux prestations d’alimentation, prévues pour les troupes sur le pied de guerre, ou à l’indemnité représentative de ces prestations fixées par le commandement ( décret du 10 janvier 1913, tableau 6, §11 ). Ces prestations sont dues aux détachements des stations-magasins qu’ils soient dans la zone de l’intérieur ou dans la zone des armées. ( Dépêche du 25 octobre 1914 – n° 8 369.7/5 ).
*Ordre général n° 86
Le général commandant la Ve armée porte à la connaissance de l’armée, la satisfaction qu’il a éprouvée en visitant les tranchées occupées par le 49e bataillon de chasseurs.
Bien qu’en première ligne depuis plusieurs semaines, sans avoir jamais été relevé, ce bataillon a conservé une tenue absolument correcte. L’attitude résolue et disciplinée des chasseurs est remarquable. La 9e Cie., commandée par le sous-lieutenant Etienne se présente d’une façon particulière.
Rien n’est négligé dans le bataillon pour tenir l’ennemi en haleine, et pour saisir toute occasion d’agir contre lui. – Le général félicite le commandant fournier, les officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs du bataillon.
Au quartier général, le 27 décembre 1914. Le général commandant la Ve armée. Signé : d’Esperey
*Le lieutenant-colonel adresse ses félicitations à la 7e Cie. pour l’esprit de solidarité dont ont fait preuve les militaires de cette unité, en réunissant à la suite d’une collecte, une certaine somme destinée à être versée à la caisse d’une œuvre de sec ours aux blessés.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
29 décembre 2005
Décision du 29 décembre 1914. - Verzenay (le 28 néant)
*Ordre général n° 276
Le général Blondlat, commandant la division du Maroc, cite à l’ordre de la division, pour leur belle conduite, les militaires dont les noms suivent :
-Sous lieutenant Le Goupil, de la compagnie 19/2 du génie : « A été légèrement blessé le 22 décembre 1914, à la tête d’un détachement de sapeurs du génie, qu’il a entraîné énergiquement en avant, pour opérer la destruction d’un réseau de fil de fer ennemi. »
-Capitaine Bergonzi, de la compagnie 19/2 du génie : « Sait inspirer dans sa compagnie, un esprit de dévouement remarquable en toutes circonstances, paie de sa personne et donne ainsi à tous courage et confiance. »
-Sergent Legal, caporal Jorand, sapeurs mineurs Gaillot, Caron, Jourdan, Muller et Bergerie : « Le 22 décembre, ont donné une nouvelle preuve de leur courage et de leur esprit de dévouement, comme volontaires pour se porter en tête des troupes d’attaque, pour opérer la destruction des réseaux de fil de fer ennemis.
-Lieutenant Wetterstrom : « N’a cessé depuis le début de al campagne de payer des sa personne en dirigeant lui-même des patrouilles jusqu’aux réseaux ennemis, donnant à tous les preuves de sa surveillance et de son entrain.
-Sous-lieutenant Porcher Louis, du 4e régiment de tirailleurs indigènes : « Le 22 décembre 1914, a fait preuve de beaucoup de courage et d’énergie, dans l’exécution d’une mission délicate. »
-Sergent Lavat, Charles, du 4e régiment de tirailleurs : « Le 22 décembre 1914, prenant le commandement de la section dont le chef venait de tomber, a continué à couper les fils de fer et ne s’est replié que lorsque l’ordre lui en a été donné. »
-10 654 Ahmed Ben Salah Bern Mohamed – 12 557 Feid Ben Hadj Ben Sliman, du 4e régiment de tirailleurs indigènes : « Le 22 décembre, au cours d’une attaque des tranchées ennemies, se sont courageusement portés aux réseaux de fil de fer qu’ils ont réussi à détruire en partie. »
-Lieutenant Schacpelynch, du 273e régiment d’infanterie : « Le 22 décembre 1914, a entraîné vigoureusement sa compagnie en avant, pour occuper une position rapprochée de l’ennemi. »
-Les 22e et 23e compagnies du 273e régiment d’infanterie : « Ont fait preuve d’un bel entrain pendant l’affaire du 22/23 décembre. Se sont portées en avant sans hésitation, sous le feu de l’ennemi, et ont organisé avec une rapidité remarquable la position conquise, sur laquelle elles se sont maintenues malgré la canonnade de l’ennemi.
-Lieutenant Dupont, du 243e régiment d’infanterie : « Le 22 décembre, a fait preuve de belles qualités de commandement en faisant exécuter avec un calme admirable des feux bien ajustés malgré le tir intensif et réglé de l’artillerie ennemie qui concentrait ses coups sur sa compagnie.
-Adjudant Lamiaux, Léon, Auguste, du 243e d’infanterie : « A fait preuve d’un calme et d’un sang-froid remarquables, le 22 décembre 1914, en maintenant sa section sous un feu violent de l’artillerie ennemie.
-17 319 Coget – 01 311 Stockmann, du 243e régiment d’infanterie : « Belle conduite et belle attitude sous le feu, le 22 décembre 1914. »
-Les 3e et 4e compagnies du 1er bataillon ( Cot ) du 4e régiment de tirailleurs algériens ; « Le 22 décembre 1914, ont fait preuve d’une énergie et d’un entrain remarquables. N’ayant pu détruire les défenses accessoires des tranchées ennemies qu’elles devaient enlever, se sont cramponnées au terrain sur lequel elles se sont aussitôt retranchées à très petite distance de l’ennemi. »
Verzenay, le 29 décembre 1914. Le général commandant la division du Maroc. Signé : Blondlat
*Mutations. – Le soldat mitrailleur de Seyne, emile, cl. 1896 de la CHR. passe à al 1re Cie. à la date du 30 courant.
*MM. les chefs de bataillon feront connaître pour demain s’ils ont gardé dans leurs caisses de bataillon, des pantalons rouges suffisamment bons pour remplacer qui dans la suite deviendraient par trop mauvais ; dans la négative en faire prendre un certain nombre au magasin ; de plus remplacer immédiatement tous les pantalons beiges par des pantalons rouges et faire confectionner pour tous les hommes qui en sont dépourvus des pattes d’épaules en drap rouge ou beige à défaut d’autre drap.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
27 décembre 2005
Décision du 27 décembre 1914. - Verzenay
*Munitions. – Les généraux ont remarqué qu’on trouve dans les cantonnements au départ des unités des quantités considérables de cartouches ; on devra donner des ordres très sévères pour qu’il n’en soit plus ainsi à l’avenir. Le général commandant l’armée rappelle en outre qu’il est interdit de conserver dans les cantonnements des dépôts d’armes ou de munitions.
*Secours aux blessés. – Le lieutenant-colonel adresse ses félicitations à la 3e Cie. pour l’esprit de solidarité dont ont fait preuve les militaires de cette unité, en réunissant, à la suite d’une collecte, une certaine somme destinée à être versée à la caisse d’une œuvre de secours aux blessés.
*Rétrogradation. – Le général commandant l’armée et le général de division ont donné l’ordre au colonel, à la suite de leurs inspections, de proposer pour al rétrogradation ou même la cassation, les sous-officiers ou caporaux qui seraient jugés inaptes à leurs fonctions aussi bien en raison de leur incapacité militaire qu’au point de vue physique ; il importe en effet, au cours de la campagne qui menace d’être très longue de n’avoir que des gradés solides et énergiques et donnant toujours l’exemple à leur troupe ; il n’y a donc lieu de se débarrasser de ceux qui après 5 mois de campagne n’ont pas su acquérir les qualités voulues. En conséquence les chefs de bataillon, commandants de compagnie et chefs de service proposeront au colonel les radiations qu’ils jugeront nécessaires.
*La 11e compagnie pendant tout son séjour ici sera rattachée pour la discipline et els exercices au 1er bataillon.
*Voitures. – Le lieutenant-colonel a constaté que certaines voitures du train sont absolument dégoûtantes ; depuis trois jours qu’il gèle, les conducteurs surtout ceux dont les voitures ne marchent pas, auraient eu largement le temps de les nettoyer, particulièrement les roues. Si cette opération n’est pas faite pour demain les conducteurs seront punis et rentreront dans le rang.
*Correspondances. – A partir d’aujourd’hui, la boîte aux lettres sera levée deux fois par jour : à 8 h. 30 et à 13 h. 15.
*Le lieutenant-colonel rappelle que l’Hôtel continental ( maison Francinet ) est consigné à la troupe.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
26 décembre 2005
Carte du 26 décembre 1914. - 10 h.
[...] Reçu ce matin le filet que je vous avais demandé ; merci, il me rendra des services dès que le canal sera dégelé.
Hier soir à 21h les Allemands ont prononcé une attaque assez vive (projecteurs, canons, mitrailleuses) mais sans résultats.
Nous avons toujours un temps clair et froid depuis deux jours et il paraît devoir durer ; si ce temps se maintient, sans neige, c’est ce que nous pouvons désirer de mieux pour notre hiver.
Hier mon moral n’était pas très brillant parce que j’étais attristé de passer loin de vous cette fête de Noël. [...]
Décision du 26 décembre 1914. - Verzenay (le 25 néant)
*Ordre général n° 2
Le général commandant le secteur de Reims cite à l’ordre des troupes du secteur de Reims :
-le capitaine Rambert de Saint-Vincent Louis, Albert, Pierre et les maréchaux des logis Bussy Ernest et Vandeportael Edmond du 42e régiment d’artillerie : « Dans la nuit du 17 décembre 1914, ont montré un dévouement et un courage admirable en travaillant, malgré un bombardement intense, au sauvetage de 6 hommes de la batterie ensevelis sous les décombres d’un abri, défoncé par un obus de 21 cm. »
Au quartier général le 22 décembre 1914.
Le général commandant le secteur. Signé : Pélacot
*Le général commandant la division du Maroc décide que les droits des troupes de la division de marche du Maroc au point de vue de la perception du sucre, du café et des boissons fermentées et hygiéniques sont fixés, jusqu’à nouvel ordre, et ainsi qu’il suit : 1° une ration réglementaire au taux de la ration forte de sucre ( 0,032 kg ) et de café ( 0,024 kg ) à toutes les troupes de la division. – 2° une deuxième ration forte de sucre ( 0,032 kg ) également à toutes les troupes de la division – 3° une ration de thé de 0,005 kg aux militaires bivouaqués ou en service dans les tranchées – 4° une ration d’eau de vie de 0,0625 l jusqu’à concurrence de 3 500 rations ; cette allocation ne sera distribuée qu’aux hommes bivouaqués ou en service dans les tranchées – 5° une ration exceptionnelle de vin de 0,25 l à tous les militaires européens de la division. – Le présent ordre recevra son application à partir du 25 décembre 1914.
*Effets usagés. – Le général de division prescrit que tous les effets retirés aux hommes par suite de leur remplacement doivent être sans exception, quel que soit leur état, envoyés sur les entrepôts. En conséquence, les Cies feront remettre au magasin à Verzenay, les effets usagés dont elles auraient à se débarrasser.
*Permissions. – Le général en chef, rappelle une dernière fois qu’il est interdit d’accorder des permissions, de quelque nature que ce soit, même pour quitter le cantonnement sans qu’elles ne soient motivées par une raison de service ; elles doivent être toujours visées, en cas de circonstance urgente, par le chef de corps ou les généraux.
*Note du général commandant la division du Maroc. – Pendant ces derniers jours, les troupes de la division du Maroc ont réalisé des progrès considérables. Sur tout le front, l’ennemi est investi à moins de deux cents mètres ; sur certains points, nos tranchées sont à 80 mètres des tranchées allemandes. Toutes les troues qui ont pris part à ces opérations ont fait preuve comme toujours d’entrain et de courage ; le général commandant la division leur adresse ses félicitations. Cette avance générale a inquiété l’ennemi : elle l’a fixé devant nous. Il reste à exploiter ce premier résultat en s’emparant des tranchées mêmes où l’ennemi nous attend. Ce but doit être poursuivi sans relâche par une progression méthodique et ininterrompue.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
24 décembre 2005
Lettre du 24 décembre 1914. - 18 h.
[...]Revenons aux petits faits de chaque jour. Je vous ai dit au moins une fois déjà, je crois, que d’une façon générale l’armée française va avancer ; par où se fera la grosse poussée ? Joffre le sait et pas moi, mais je crois qu’elle ne se fera pas beaucoup attendre et que d’ici dix jours nous aurons quitté le pays que nous occupons. Ce soir, à une quinzaine de kilomètres à l’Est d’ici, il y a déjà eu un très vif combat, dont j’ignore le résultat. Ce n’est en tous cas qu’une action partielle. En tous cas je puis vous assurer que la poussée ne se fera pas par le front de la division marocaine.
Aujourd’hui, j’ai eu une journée assez fatigante (relativement) et entre autres occupations une séance du conseil de guerre qui n’a pas duré moins de trois heures ! Pas de cas graves mais compliqués et interminables. Tout à l’heure je vais aller dîner chez le général Blondlat qui m’a fait l’honneur de m’inviter avec le colonel et le docteur Fabre. Je vous avoue que je préférerais franchement pour ce soir la tranquillité de notre petite popote. Au retour de ce dîner, je n’aurai pas de feu, personne pour me tenir compagnie pendant la veillée en sorte que je me coucherai je pense tout prosaïquement, je manquerai la messe de minuit mais par contre je me lèverai demain de bonne heure et ferai mes dévotions à une messe matinale.
Ne vous inquiétez pas de mon pied ; sauf circonstances anormales, je n’en souffre plus. Sur le conseil du docteur je le traite maintenant par la teinture d’iode. Je n’ai pas rencontré E. D. peut-être ne le rencontrerai-je jamais. – Ne vous inquiétez pas de mon luminaire. J’ai trouvé 2 stocks de charbon, je les ai réquisitionnés et l’électricité remarche et marchera je pense aussi longtemps que nous serons ici. Merci encore pour le passe-montagne, il est très bien et d’une nouvelle maille dont j’admire la science. Merci aussi pour le réchaud qui me rendra service. [...]
Décision du 24 décembre 1914. - Verzenay
*Le général de division prescrit qu’à l’avenir les sentinelles aux issues des cantonnements auront toujours la baïonnette au canon.
*Le lieutenant-colonel prescrit que tous les hommes admis à l’infirmerie à Verzenay seront pris en subsistance par la CHR.
*Chaussures de repos. – Les Cies. fourniront pour demain à 16 h. au plus tard, l’état des chaussures de repos qui leur seraient nécessaires ; cet états sera accompagné d’un état des pointures.
*Les compagnies feront connaître également les quantités approximatives de graisse qui leur seraient nécessaires pour le graissage des pieds.
*Correspondances. – le lieutenant-colonel reçoit, du service du trésor et des postes une plainte relative au grand nombre de correspondances arrivant à l’adresse des militaires du 118e et portant comme suscription : Verzenay ( Marne ). Il est rappelé que la seule adresse qui doit figurer sue les correspondances est celle-ci :
M. ...( Nom et Prénoms )
( grade ) au 118e territorial – e compagnie
Secteur postal n° 109
Toute lettre arrivant portant comme adresse le nom de la localité sera détruite, sans préjudice d’une punition de 30 jours de prison qui sera infligée au destinataire par le général de division.
*Ordre du régiment n° 40
Cassation. – En vertu de l’art. 1er du décret du 13 novembre 1914, le lieutenant-colonel casse de son grade le sergent Justamond Louis, cl. 1898, de la 9e Cie., qui est remis soldat de 1re classe à la même Cie., comme ne pouvant plus rendre aucun service au corps, étant détaché pour la durée de la guerre dans une usine métallurgique.
Cette cassation datera du 21 décembre 1914.
Verzenay, le 24 décembre 1914. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Mutations. – Les caporaux Devidal et Simonetti de la CHR. passent à la 6e Cie. à la date de demain 25 courant ; ils rejoindront leur nouvelle unité cet après-midi.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Fête de Noël. – toute latitude est laissée aux hommes pour fêter la Noël, cette nuit et demain ; le lieutenant-colonel compte sur le bon esprit de tous pour qu’il n’y ait ni bruit, ni scandale, ni indiscipline.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
23 décembre 2005
Carte du 23 décembre 1914. - 18 h.
[...] Aujourd’hui journée aussi calme que celle d’hier avait été agitée. Je me suis occupé, pour la plus grande partie, de travaux de forge, car ici je suis directeur d’un atelier de maréchal-ferrant, d’un atelier de charronnage, de peinture et bâchage de voitures, etc. etc. [... ]
En attendant je vous remercie du petit paquet reçu ce soir contenant un passe-montagne et un petit réchaud à alcool solidifié, les deux me rendront certainement le plus grand service. [...]
Carte du mercredi 23 décembre 1914. - 11 h.
La nuit a été plus calme que l’après-midi. Il y a quelques progrès sur notre front, ici, mais pas aussi considérable qu’on l’espérait car la position ennemie est formidable.
Ici, nous nous apprêtons à fêter Noël dans la mesure de nos moyens, mais nous ne savons pas encore si une messe de minuit solennelle, à l’église, sera autorisée. En tous cas, si elle ne l’est pas, elle sera toujours dite dans des caves ou locaux particuliers par nos prêtres soldats. Vous ai-je dit que nous avions en plus du Père d’Anselme deux missionnaires maristes ou lazaristes.
