[...] Ma Li chérie, ne vous inquiétez pas pour le moment des bombardements de Verzenay ; depuis mardi à 10h nous n’avons pas reçu un seul obus, pourquoi ? On n’en sait absolument rien.

Au point de vue général, je crois que nous sommes encore ici pour longtemps, la trouée tentée à Perthes a coûté tellement de casse pour une avance de quelques kilomètres qu’on paraît y avoir renoncé et il semble que le haut commandement attend un événement extérieur important. Est-ce la prise de Constantinople ? Est-ce l’entrée en scène de l’Italie, ou de la Bulgarie ? Je ne suis pas dans le secret des dieux et je l’ignore mais il est incontestable que si nous continuons de ce train là nous serons encore ici à Pâques 1916 ! ! ! [...]