118e RIT

A travers les décisions de commandement du 118e territorial d'Avignon et des correspondances d'un capitaine de cette unité, la vie en secteur en 1914-1918

15 avril 2006

Décision du 15 avril 1915. - Verzenay

*Ordre du régiment n°95

Citations. – Le soldat qui donne à son pays une parcelle de son sang, si petite soit-elle, ne fait que son devoir ; mais son nom doit être connu de tous.

Le colonel cite à l’ordre du régiment le militaires du 118e qui, depuis l’arrivée du régiment sur le front, ont été blessés et comptent encore dans leur compagnie.

Compagnie hors-rang : Montagné Louis, cl. 1899, soldat : contusions région du cœur par éclat d’obus. – Barbier Charles, cl. 1899, soldat : blessures aux genoux et à l’oreille par éclats d’obus.

Compagnie de mitrailleuses : Richaud Henri cl. 1898, sergent et Mourges Joseph cl. 1893, soldat : blessures au visage par éclats d’obus ; Rey Daniel cl. 1891, soldat : blessures à la joue et à la main, par éclat d’obus ; Reynard Arcade, cl. 1893, soldat : blessure à l’épaule par éclat d’obus.

2e compagnie : Lazare Louis cl. 1893 : blessure à l’épaule par une balle.

3e compagnie : Maurel Louis cl. 1895, caporal : blessé à la joue droite par éclat d’obus.

4e compagnie : Mathieu Alfred, cl. 1898, sergent : blessé à la nuque par éclat d’obus ; Bègue Marius, cl. 1894, soldat : blessé au bras gauche par éclat d’obus ; Massot Jean, cl. 1893 : blessé au doigt par éclat d’obus.

5e compagnie : Vigne Louis, cl. 1891, soldat : blessé au dos par éclat d’obus ; Marc François, cl. 1899, soldat : blessé à la figure et aux mains par éclats d’obus.

6e compagnie : Olivier Joseph cl. 1892, soldat de 1re classe : blessure à la tête ; Girard Etienne cl. 1894, soldat : blessure au dos par éclat d’obus ; Ayme Joseph cl. 1891, soldat : blessure à la tête ; Mathieu Armand cl. 1893 : blessure à l’œil gauche.

7e compagnie : Bourgues Louis, cl. 1892, soldat : blessé à la tête par éclat d’obus ; Lafont Gabriel, cl.1893, soldat : blessé au dos par éclat d’obus ;  Rey Marie, cl . 1893, soldat : blessé à la main gauche.

8e compagnie : Brémond Antoine, cl. 1892, soldat : blessé à l’omoplate par une balle.

9e compagnie : Atger Pierre, cl. 1895, sergent-fourrier : blessure à l’avant-bras, à la cuisse et au pied par éclats d’obus ; Clamens Pierre, cl. 1895, caporal-fourrier : blessures au mollet et à la cuisse par éclats d’obus ; Taton Barthélemy, cl. 1896, soldat : blessé à la région fessière par éclat d’obus ; Jean André, cl. 1892, soldat : blessé à la main par éclat d’obus.

11e compagnie : Estellon Louis, cl. 1891, soldat : contusions par éclats d’obus ; Michel Mathieu, cl. 1893, caporal : blessé au genou et au front par éclats d’obus.

12e compagnie : Bernard Louis, cl. 1896, caporal : blessé à la tête par éclats d’obus ; Mottet Jean, cl. 1895, caporal : blessé à la nuque par une balle.

*Tous les soldats de 2e classe compris dans les citations ci-dessus sont nommés soldats de 1re classe.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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09 avril 2006

Lettre du [vendredi] 9 avril 1915, depuis le secteur postal 109

Ma chère Louise

Toujours rien de nouveau relativement au projet de déplacement dont je vous ai entretenu hier. Se fera-t-il ? Ne se fera-t-il pas ? Je le saurai peut-être ce soir et serai peut-être en route demain mais pour le cas ou ce voyage vers vous serait encore ajourné, je ne veux pas vous priver de votre lettre quotidienne, que j’exécute ci-dessous.

Donc hier à la nuit le temps s’est mis au grand beau et je suis allé dans les vignes assister à la manœuvre d’un projecteur électrique, manœuvre d’ailleurs très intéressante et qui a très bien réussi. Au retour vers 22h, j’atteignais les premières maisons de V[erzenay] lorsque zou… pan, un premier obus sur V[erzenay] suivi de 23 autres , en dix minutes. Trois ou quatre seulement ont causé des dégâts, les autres ont été beaucoup trop haut, ou n’ont pas éclaté. Je n’étais heureusement pas dans mon lit, car l’impression, lorsqu’on est au lit est très désagréable, beaucoup plus que quand on est levé, ou dans la rue.

"Comme il disait ces mots, du bout de l’horizon arrivait avec furie…" six obus, les premiers d’aujourd’hui, quoiqu’il soit près de 16h. Habituellement nous sommes servis de meilleure heure. Mais je suis dans le bureau du colonel, endroit assez sûr, par conséquent je n’interrompt pas ma lettre, d’ailleurs le tir ne continue pas.

La nuit dernière notre artillerie a également beaucoup donné en concentrant ses feux sur un point déterminé des lignes allemandes. Je ne sais pas quel résultat a été produit. Aujourd’hui temps insupportable de giboulées, il ne se passe pas un quart d’heure sans que nous recevions une averse accompagnée d’un grand vent glacial et on ne peut guère mettre le nez dehors sans se mouiller et puis la boue, l’horrible boue revient. il est vrai qu’en cette saison deux journées de soleil suffisent pour la sécher.

Ma chère Li, on compte bien aller vous voir sous peu, quoique ce ne soit pas très certain et on espère même bien arriver avant cette lettre. On vous aime bien et on vous embrasse de même. Votre L. M..

Pas de lettres de vous aujourd’hui.

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08 avril 2006

Lettre du [jeudi] 8 avril 1915, depuis le secteur postal 109

Ma chère Louise

Rien qu’un petit mot ce soir pour vous dire que j’irai peut-être vous voir et passer deux ou trois jours de fin de vacances avec vous par suite d’une toute nouvelle disposition du général en chef dont je serais le premier à profiter à Verzenay. Je n’insiste pas car si la chose peut se réaliser aussi rapidement que je le suppose, j’arriverai probablement avant ce mot.

Rien de nouveau aujourd’hui, quelques giboulées et une douzaine de pépins sans casse.

Adieu ma chère Louise et à bientôt j’espère. Votre L. M.

… Le 9 matin – cette lettre n’ayant pas été levée hier soir, j’y ajoute un petit mot ce matin. Rien de nouveau pour la permission* éventuelle, ce sera peut-être pour demain que nous aurons l’avis officiel.

Cette nuit nous avons eu 24 pépins ce qui est plutôt désagréable, mais aucune casse. Toujours le même temps de nuits étoilées superbes et de giboulées dans la journée. Toujours bon espoir de vous voir bientôt. Baisers à tous. Votre L. M.

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07 avril 2006

Décision du 7 avril 1915. - Verzenay

*Ordre du régiment n°88
Mutation. – M. le médecin aide-major de 1re classe Hugé, de la réserve du personnel sanitaire n°10, est affecté au 118e territorial d’infanterie en remplacement de M. le médecin aide-major de 2e classe Platon évacué.
*Garde des tranchées. – De récents incidents ont montré que dans les tranchées il fallait redoubler de vigilance : deux patrouilles ennemies ont pu en effet, à la suite d’un bombardement allemand, pénétrer dans des boyaux dont les hommes s’étaient mis à l’abri et faire faire prisonniers les hommes qui avaient laissé leurs armes dans les créneaux. Le général recommande par conséquent que, même en cas de bombardement intense qui nécessite d’abriter les hommes il faut toujours laisser des guetteurs pour signaler l’approche ou la présence de l’ennemi.
*Félicitations. – Le lieutenant-colonel est heureux de communiquer au régiment la lettre suivante qu’il vient de recevoir de M. le colonel commandant le 4e régiment de tirailleurs algériens : « Je vous signale la conduite digne d’éloges de vos hommes. Employés à un travail pénible, en toute première ligne, ils donnent, en toutes circonstances, l’exemple du courage et du devoir à accomplir, en nous rendant avec tant de modestie, de si grands services à la Ferme d’Alger. »
*Mutations. – Les militaires dont les noms suivent sont passés au dépôt et devront être rayés à la date du 8 avril ; les pièces matricules seront envoyées demain matin au bureau du colonel :
4e Cie. : Gris Philippe cl. 1892 ; Margaillan Fortuné cl. 1891 - 5e Cie. : Truphème Louis cl. 1895 ; - 6e Cie. : Granier Lucien cl. 1893 ; - 7e Cie. : Blanc Fortuné cl. 1892 ; - 8e Cie. : Fambon Henri cl. 1895 ; - 9e Cie. : Simonnet Jean cl. 1893 ; - 10e Cie : Alivon Auguste cl. 1892 ; Pagier Léon cl. 1894 ; - 11e Cie. : Pelégrin Aimé cl. 1890 ; - 12e Cie. : brunet Pierre cl. 1891 ; Bernard Auguste cl. 1891.
*Ordre du régiment n°89
Par décision de M. le général commandant en chef, la Médaille militaire a été conférée au caporal Vernet Ferdinand de la 5e Cie du 118e territorial.
Verzenay, le 7 avril 1915
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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06 avril 2006

Décision du 6 avril 1915. - Verzenay

*Les compagnies feront connaître pour demain les noms des gradés ou hommes ayant servi dans les compagnies ou les sections de pompiers.
*A partir d’après-demain la section de garde aux aéros sera remplacée par une section de mitrailleuses : le 1er étranger et le 118e territorial alternativement entre eux.
*Le soldat A... Alfred cl. 1894, de la 5e Cie., sera dirigé immédiatement sous l’escorte d’un gradé, sur le fort de La Pompelle, où il sera incorporé à la 1re Cie. ; mutation à la date d’aujourd’hui 6 avril.
*Mutations. – Le soldat Tacussel Henri, cl. 1893, de la 7e Cie. passe comme sapeur à la CHR. à la date de demain 7 avril. – Le soldat de Seyne Emile cl. 1896, de la 1re Cie., passe à la CHR. comme téléphoniste à la date de demain et cesse la subsistance à la CHR. – Le soldat Bonnaud Gustave cl. 1899 de la CHR., passe à la 6e Cie. à la date de demain ; est placé à la même date en subsistance à la CHR.
*Compagnie de mitrailleuses. – La Cie. de mitrailleuses prendra en subsistance à partir de demain un infirmier et deux brancardiers ; il y sera affecté également un tailleur, un cordonnier et un bourrelier ; MM. les chefs de bataillon remettront pour le 8 un état indiquent les hommes de leur bataillon qui pourraient être détachés à la Cie. de mitrailleuses comme exerçant les professions ci-dessus.
*Domicile du colonel. – A partir d’aujourd’hui midi, le colonel et ses bureaux magasin, bureau de la Place, seront transférés rue Thiers, maison Ravet.
*Observateurs d’avions. – MM. les chefs de bataillon enverront également pour le 8, les noms de deux hommes de leur bataillon susceptibles d’être dressés comme observateurs d’avions.
*Corvée de bois. – Malgré des ordres renouvelés plusieurs fois, la 6e Cie. a encore envoyé ce matin une corvée de bois qui naturellement s’est fait remarquer en rentrant ; M. le commandant du 2e bataillon fera une enquête à ce sujet et enverra au colonel le nom du gradé qui a commandé cette corvée.
*Ordre du régiment n°87
Mutations. – M. le sous-lieutenant Nava, venant du dépôt, est affecté à la 9e Cie., à la date d’aujourd’hui.
M. le sous-lieutenant Vache de la 9e Cie. passe à la 10e Cie à la même date.
Verzenay, le 6 avril 1915
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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Décision du 5 avril 1915. - Verzenay

Avec 24 heures de retard pour cette livraison :

*Deuil. – Le colonel a la douleur de faire part au régiment de la mort du soldat Michel Aubert de la 4e Cie., tué à l’ennemi le 3 avril 1915.

*Ordre du régiment n°85

Nomination et mutations. – Par décision de M. le général commandant en chef en date du 31 mars 1915, M. le lieutenant Bernusset, du 118e territorial est nommé capitaine à titre temporaire dans les conditions du décret du 2 janvier 1915.

M. le capitaine Capty commandant la 10e Cie. prend le commandement de la Cie. de mitrailleuses.

M. le capitaine Bernusset prend le commandement de la 10e Cie.

Verzenay, le 5 avril 1915

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Acquittement. – Le conseil de guerre aux armées de la 1re division du Maroc a, dans sa séance du 3 avril 1915, déclaré le soldat de 2e classe A... Alfred du 118e territorial, non coupable de refus d’obéissance ; en conséquence, le dit conseil a acquitté le soldat A... de l’accusation dirigée contre lui.

Verzenay, le 5 avril 1915

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Revolvers Colt. – L’attribution de cette arme n’ayant pas donné satisfaction à un certain nombre d’officiers qui en avaient fait précédemment la demande, le général commandant l’armée décide que toutes les nouvelles demandes faites jusqu’à ce jour sont annulées ; les divisions recevront chacune trois revolvers Colt qui seront mis à la disposition des corps à titre d’essai ; une fois que les officiers se seront rendus compte des avantages ou des inconvénients de la nouvelle arme, ils pourront adresser une nouvelle demande s’il y a lieu.

*Cartouches. – Malgré une notre parue à la décision du 27 mars, MM. les officiers et les compagnies ne sont pas encore venus retirer les cartouches de revolvers demandées.

*Mutations. – Les militaires dont les noms suivent sont passés au dépôt : ils seront rayés à la date du 6 avril ; leurs pièces matricules seront envoyées demain matin au bureau du colonel. 1re Cie. : Coulon Antoine cl. 1895 ; - 3e Cie. : Faure François cl. 1892 ; - 4e Cie : Chabaud Ferdinand cl 1892 ; Chazalon Jean cl. 1892 ; - 5e Cie. : Bartheye8e cie. :  Léon cl. 1899 ; Ponchon Henri cl. 1895 ; Buffier Baptistin cl. 1895 ; - 6e Cie. : Castel Marius cl. 1892 ; Guion Félix cl. 1892 ; - Olivier Maurice cl. 1893 ; - 9e Cie. : Soury Jean cl. 1892 ; Tamisier Célestin cl. 1897 ; - 10e Cie. : gros emile cl. 1893 ; Pastouret Charles l. 1899 ; Tourniaire Jean cl. 1898 ; Viau Philippe cl. 1895 ; - 11e Cie. – Tassy Joseph cl. 1895 ; - 12e Cie. : Charasse Théophile cl. 1891.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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04 avril 2006

Décision du 4 avril 1915. - Verzenay

*Décorations et médailles. – Tout militaire, quel que soit son grade, décoré ou médaillé sans traitement, peut être admis par décret au traitement lorsque, incorporé dans l’armée active, il aura accompli une action d’éclat ou rendu des services distingués qui l’auraient fait proposer pour la Croix ou la Médaille.

*Campagne. – La formule à adopter pour al campagne actuelle à porter sur les pièces matricules des militaires, est la suivante : « Campagne contre l’Allemagne ».

*Sentinelles. – Le Prévôt de la division a constaté que le 1er avril à 23 h. 30, les sentinelles aux issues n’avaient pas encore de lumière ; la même observation ayant été faite par lui la veille, il en résulte que les deux Cies. du 2e Bon. qui ont fourni les postes ces deux jours, se moquent absolument des ordres qu’on leur donne. MM. les commandants de ces deux compagnies feront un rapport circonstancié sur les deux faits ci-dessus et l’enverront demain matin au colonel.

*Graisse. – Le général DES. fait connaître que la graisse délivrée pour les cuirs peut être également appropriée au graissage des sabots des chevaux sur lesquels elle est appliquée à la brosse mais avec parcimonie.

*Effets. – Les compagnies qui ont adressé des demandes d’effets feront parvenir pour mardi 6 avril les états de pointures de ce qu’elles ont demandé en capotes, vestes, pantalons, képis, brodequins de marche et de repos. – La 12e Cie. seule a donné ces renseignements au complet.

*Mutations. – Chabas Joseph cl. 1892 de la 1re Cie. passe à la 6e à la date du 5 courant.

Par décision de M. le général directeur des étapes et services, le soldat Giraud Claude, cl. 1894 de la 8e Cie. est passé le 31 mars à la section de parc automobile n°2 et les soldats Bonnet Henri cl. 1892 de la 6e Cie. et Jean Albin cl. 1893 de la 12e Cie. sont passés à la même date à la section de parc automobile n°11. – Ces trois militaires étaient évacués sur les ambulances.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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03 avril 2006

Lettre du 3 avril 1915. - Verzenay

[...]Aujourd’hui pluie douce et tiède qui s’arrête en ce moment ; peut-être aurons nous tout de même un beau jour de Pâques !

Comme je vous le disais hier nous n’avons pas reçu d’obus depuis mardi et nous prenons les plus grandes précautions pour éviter d’attirer l’attention des voisins d’en face : pas de mouvements de voitures le jour, pas de mouvements de troupes, nous allons même élargir des sentiers à travers la forêt pour que les voitures légères puissent aller sans se découvrir aux villages voisins ; enfin nous nous installons de mieux en mieux puisque tout semble faire croire que nous sommes ici encore pour longtemps. [...]

[...] Quand je monte sur un observatoire avec mes jumelles je ne risque absolument rien. Nous ne sommes ici à portée que de l’artillerie lourde qui jamais ne tire sur quelques hommes isolés. Il faut au moins un convoi de 10 voitures pour lui faire tirer un coup de canon et encore elle manque son but 99 fois sur 100. Songez que nous sommes à 8km½ des batteries qui nous tirent dessus. [...]

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Décision du 3 avril 1915. - Verzenay

*Vaguemestres. – Malgré l’ordre qu’il avait donné à la décision du 1er avril, le lieutenant-colonel a rencontré hier matin encore, à Verzenay, un aide-vaguemestre de la 3e Cie. ; il prévient les commandants de Cie. que c’est eux qu’il rendra dorénavant responsables de cette infraction à ses ordres.

*Consignes. – Les consignes à exécuter sont aussi mal comprises que possible, aussi bien par les chefs de poste que par les sentinelles. Dorénavant le capitaine et les officiers de la Cie. de jour feront des rondes fréquentes dans leurs postes pour s’assurer que ceux qui en font partie connaissent et exécutent bien les ordres qu’ils ont reçus.

*Engagé volontaire. – Tort Gabriel, engagé volontaire, est affecté à la 10e Cie. où il devra se présenter lundi soir 5 avril au plus tard.

*Boni. – MM. Les commandants des 1re, 3e, 4e, 6e Cies. feront connaître pur le 5 au matin, les motifs pour lesquels leurs bonis ont diminué et 15 jours, respectivement de : 1re Cie. : 400 f. ; 3e Cie.: 800 f. ; 4e Cie.: 700 f. ; 6e Cie. : 600 f. ce qui est invraisemblable.

*Bois. – Le lieutenant-colonel rappelle qu’il est interdit de couper du bois en dehors des points fixés par le service des forêts, notamment aux abords de Verzenay et des routes qui y accèdent. Le sergent Martin et le caporal Vial du 118e sont désignés comme garde-champêtres pour la surveillance du service du déboisement.

*Automobiles. – Dorénavant les sentinelles aux issues des cantonnements n’auront plus à inscrire les noms des conducteurs de voitures automobiles.

*Projecteurs. – Les factionnaires aux issues de Verzenay devront arrêter et empêcher de passer els autos projecteurs que l’on voudrait faire circuler sur les routes sauf ceux munis d’une autorisation du général commandant le groupement de Reims ou du général commandant la division marocaine.

*Pantalons de toile. – Les Cies. feront connaître pour le 5, le nombre de pantalons de toile bleue qui leur seraient nécessaire pour en pourvoir sans exception aucune tous les hommes et gradés de leur effectif ; tenir compte bien entendu de ceux quelles ont déjà et qui sont en bon état.

*Bourgerons. – Les Cies. pourront faire touche cet après-midi au magasin : 6 bourgerons (4 cuisiniers, 2 conducteurs). – Les bataillons : 4 bourgerons (3 conducteurs et l’ordonnance du commandant). – Compagnie de mitrailleuses : 18. – CHR. : 30.

*Boites à graisse. – A la suite de la distribution qui vient d’être faite les 2e et 3e bataillons sont complètement pourvus de toutes les boites à graisse qu’ils ont demandées.

*Ouvriers. – Les compagnies feront connaître pour le 4 avril les très bons ouvriers des professions ci-après, qu’elles posséderaient et qui auraient travaillé dans les établissements suivants de l’artillerie : 1° Bourges, Châtellerault, Saint-Etienne. – 2° Ceux ayant travaillé dans un établissement de l’artillerie autre que les 3 ci-dessus. – 3° Ceux ayant travaillé dans un atelier quelconque : tourneurs de précision, ajusteurs de précision, forgerons de précision, fraiseurs, tailleurs de fraises, affûteurs, graveurs de matrices, dresseurs de canons, perceurs, aléseurs, mouleurs, etc. Indiquer le temps pendant lequel on a travaillé dans les établissements. Les hommes désignés seront dès leur arrivée dans les usines, soumis à un examen très sérieux ; dans le cas où il n’y satisferaient pas, ils seraient renvoyés dans leurs corps avec une punition très sévère.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

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02 avril 2006

Lettre du 2 avril 1915. - Verzenay

[...] Ma Li chérie, ne vous inquiétez pas pour le moment des bombardements de Verzenay ; depuis mardi à 10h nous n’avons pas reçu un seul obus, pourquoi ? On n’en sait absolument rien.

Au point de vue général, je crois que nous sommes encore ici pour longtemps, la trouée tentée à Perthes a coûté tellement de casse pour une avance de quelques kilomètres qu’on paraît y avoir renoncé et il semble que le haut commandement attend un événement extérieur important. Est-ce la prise de Constantinople ? Est-ce l’entrée en scène de l’Italie, ou de la Bulgarie ? Je ne suis pas dans le secret des dieux et je l’ignore mais il est incontestable que si nous continuons de ce train là nous serons encore ici à Pâques 1916 ! ! ! [...]

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