15 avril 2006
Décision du 15 avril 1915. - Verzenay
*Ordre du régiment n°95
Citations. – Le soldat qui donne à son pays une parcelle de son sang, si petite soit-elle, ne fait que son devoir ; mais son nom doit être connu de tous.
Le colonel cite à l’ordre du régiment le militaires du 118e qui, depuis l’arrivée du régiment sur le front, ont été blessés et comptent encore dans leur compagnie.
Compagnie hors-rang : Montagné Louis, cl. 1899, soldat : contusions région du cœur par éclat d’obus. – Barbier Charles, cl. 1899, soldat : blessures aux genoux et à l’oreille par éclats d’obus.
Compagnie de mitrailleuses : Richaud Henri cl. 1898, sergent et Mourges Joseph cl. 1893, soldat : blessures au visage par éclats d’obus ; Rey Daniel cl. 1891, soldat : blessures à la joue et à la main, par éclat d’obus ; Reynard Arcade, cl. 1893, soldat : blessure à l’épaule par éclat d’obus.
2e compagnie : Lazare Louis cl. 1893 : blessure à l’épaule par une balle.
3e compagnie : Maurel Louis cl. 1895, caporal : blessé à la joue droite par éclat d’obus.
4e compagnie : Mathieu Alfred, cl. 1898, sergent : blessé à la nuque par éclat d’obus ; Bègue Marius, cl. 1894, soldat : blessé au bras gauche par éclat d’obus ; Massot Jean, cl. 1893 : blessé au doigt par éclat d’obus.
5e compagnie : Vigne Louis, cl. 1891, soldat : blessé au dos par éclat d’obus ; Marc François, cl. 1899, soldat : blessé à la figure et aux mains par éclats d’obus.
6e compagnie : Olivier Joseph cl. 1892, soldat de 1re classe : blessure à la tête ; Girard Etienne cl. 1894, soldat : blessure au dos par éclat d’obus ; Ayme Joseph cl. 1891, soldat : blessure à la tête ; Mathieu Armand cl. 1893 : blessure à l’œil gauche.
7e compagnie : Bourgues Louis, cl. 1892, soldat : blessé à la tête par éclat d’obus ; Lafont Gabriel, cl.1893, soldat : blessé au dos par éclat d’obus ; Rey Marie, cl . 1893, soldat : blessé à la main gauche.
8e compagnie : Brémond Antoine, cl. 1892, soldat : blessé à l’omoplate par une balle.
9e compagnie : Atger Pierre, cl. 1895, sergent-fourrier : blessure à l’avant-bras, à la cuisse et au pied par éclats d’obus ; Clamens Pierre, cl. 1895, caporal-fourrier : blessures au mollet et à la cuisse par éclats d’obus ; Taton Barthélemy, cl. 1896, soldat : blessé à la région fessière par éclat d’obus ; Jean André, cl. 1892, soldat : blessé à la main par éclat d’obus.
11e compagnie : Estellon Louis, cl. 1891, soldat : contusions par éclats d’obus ; Michel Mathieu, cl. 1893, caporal : blessé au genou et au front par éclats d’obus.
12e compagnie : Bernard Louis, cl. 1896, caporal : blessé à la tête par éclats d’obus ; Mottet Jean, cl. 1895, caporal : blessé à la nuque par une balle.
*Tous les soldats de 2e classe compris dans les citations ci-dessus sont nommés soldats de 1re classe.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
09 avril 2006
Lettre du [vendredi] 9 avril 1915, depuis le secteur postal 109
Ma chère Louise
Toujours rien de nouveau relativement au projet de déplacement dont je vous ai entretenu hier. Se fera-t-il ? Ne se fera-t-il pas ? Je le saurai peut-être ce soir et serai peut-être en route demain mais pour le cas ou ce voyage vers vous serait encore ajourné, je ne veux pas vous priver de votre lettre quotidienne, que j’exécute ci-dessous.
Donc hier à la nuit le temps s’est mis au grand beau et je suis allé dans les vignes assister à la manœuvre d’un projecteur électrique, manœuvre d’ailleurs très intéressante et qui a très bien réussi. Au retour vers 22h, j’atteignais les premières maisons de V[erzenay] lorsque zou… pan, un premier obus sur V[erzenay] suivi de 23 autres , en dix minutes. Trois ou quatre seulement ont causé des dégâts, les autres ont été beaucoup trop haut, ou n’ont pas éclaté. Je n’étais heureusement pas dans mon lit, car l’impression, lorsqu’on est au lit est très désagréable, beaucoup plus que quand on est levé, ou dans la rue.
"Comme il disait ces mots, du bout de l’horizon arrivait avec furie…" six obus, les premiers d’aujourd’hui, quoiqu’il soit près de 16h. Habituellement nous sommes servis de meilleure heure. Mais je suis dans le bureau du colonel, endroit assez sûr, par conséquent je n’interrompt pas ma lettre, d’ailleurs le tir ne continue pas.
La nuit dernière notre artillerie a également beaucoup donné en concentrant ses feux sur un point déterminé des lignes allemandes. Je ne sais pas quel résultat a été produit. Aujourd’hui temps insupportable de giboulées, il ne se passe pas un quart d’heure sans que nous recevions une averse accompagnée d’un grand vent glacial et on ne peut guère mettre le nez dehors sans se mouiller et puis la boue, l’horrible boue revient. il est vrai qu’en cette saison deux journées de soleil suffisent pour la sécher.
Ma chère Li, on compte bien aller vous voir sous peu, quoique ce ne soit pas très certain et on espère même bien arriver avant cette lettre. On vous aime bien et on vous embrasse de même. Votre L. M..
Pas de lettres de vous aujourd’hui.
08 avril 2006
Lettre du [jeudi] 8 avril 1915, depuis le secteur postal 109
Ma chère Louise
Rien qu’un petit mot ce soir pour vous dire que j’irai peut-être vous voir et passer deux ou trois jours de fin de vacances avec vous par suite d’une toute nouvelle disposition du général en chef dont je serais le premier à profiter à Verzenay. Je n’insiste pas car si la chose peut se réaliser aussi rapidement que je le suppose, j’arriverai probablement avant ce mot.
Rien de nouveau aujourd’hui, quelques giboulées et une douzaine de pépins sans casse.
Adieu ma chère Louise et à bientôt j’espère. Votre L. M.
… Le 9 matin – cette lettre n’ayant pas été levée hier soir, j’y ajoute un petit mot ce matin. Rien de nouveau pour la permission* éventuelle, ce sera peut-être pour demain que nous aurons l’avis officiel.
Cette nuit nous avons eu 24 pépins ce qui est plutôt désagréable, mais aucune casse. Toujours le même temps de nuits étoilées superbes et de giboulées dans la journée. Toujours bon espoir de vous voir bientôt. Baisers à tous. Votre L. M.
07 avril 2006
Décision du 7 avril 1915. - Verzenay
*Ordre du régiment n°88
Mutation. – M. le médecin aide-major de 1re classe Hugé, de la réserve du personnel sanitaire n°10, est affecté au 118e territorial d’infanterie en remplacement de M. le médecin aide-major de 2e classe Platon évacué.
*Garde des tranchées. – De récents incidents ont montré que dans les tranchées il fallait redoubler de vigilance : deux patrouilles ennemies ont pu en effet, à la suite d’un bombardement allemand, pénétrer dans des boyaux dont les hommes s’étaient mis à l’abri et faire faire prisonniers les hommes qui avaient laissé leurs armes dans les créneaux. Le général recommande par conséquent que, même en cas de bombardement intense qui nécessite d’abriter les hommes il faut toujours laisser des guetteurs pour signaler l’approche ou la présence de l’ennemi.
*Félicitations. – Le lieutenant-colonel est heureux de communiquer au régiment la lettre suivante qu’il vient de recevoir de M. le colonel commandant le 4e régiment de tirailleurs algériens : « Je vous signale la conduite digne d’éloges de vos hommes. Employés à un travail pénible, en toute première ligne, ils donnent, en toutes circonstances, l’exemple du courage et du devoir à accomplir, en nous rendant avec tant de modestie, de si grands services à la Ferme d’Alger. »
*Mutations. – Les militaires dont les noms suivent sont passés au dépôt et devront être rayés à la date du 8 avril ; les pièces matricules seront envoyées demain matin au bureau du colonel :
4e Cie. : Gris Philippe cl. 1892 ; Margaillan Fortuné cl. 1891 - 5e Cie. : Truphème Louis cl. 1895 ; - 6e Cie. : Granier Lucien cl. 1893 ; - 7e Cie. : Blanc Fortuné cl. 1892 ; - 8e Cie. : Fambon Henri cl. 1895 ; - 9e Cie. : Simonnet Jean cl. 1893 ; - 10e Cie : Alivon Auguste cl. 1892 ; Pagier Léon cl. 1894 ; - 11e Cie. : Pelégrin Aimé cl. 1890 ; - 12e Cie. : brunet Pierre cl. 1891 ; Bernard Auguste cl. 1891.
*Ordre du régiment n°89
Par décision de M. le général commandant en chef, la Médaille militaire a été conférée au caporal Vernet Ferdinand de la 5e Cie du 118e territorial.
Verzenay, le 7 avril 1915
