*Remerciements. – Le lieutenant-colonel a reçu la lettre suivante qu’il est heureux de porter à la connaissance du régiment. « Au nom des troupes placées sous ses ordres et au sien propre, le général commandant la division du Maroc prie le colonel Nanta de vouloir bien transmettre aux officiers, sous-officiers et soldats du beau 118e régiment territorial des remerciements émus pour la délicate attention qu’ils ont eue à l’égard des militaires de la division du Maroc glorieusement tués à l’ennemi le 9 mai. »

*Mesures de protection contre les gaz asphyxiants. – Il va être distribué dans chaque compagnie des sachets individuels et une solution spéciale pour assurer la protection des hommes aux tranchées contre les gaz asphyxiants. – Dans chaque sachet se trouve un tampon muni de liens destiné à être maintenu devant le nez et la bouche, après avoir été trempé dans la solution spéciale et exprimé fortement pur faire sortir le liquide en excès. – Une fois le nuage de vapeurs asphyxiantes passé, le tampon sera remis dans son sachet imperméable pour servir de nouveau en cas de besoin. Chaque homme aux tranchées aura toujours avec lui son sachet individuel. – La solution répartie dans des bouteilles sera confiée aux soins des gradés. Ces bouteilles ne seront débouchées que si des vapeurs asphyxiantes sont dirigées sur les tranchées. On en versera alors le contenu dans des récipients quelconques pour y imprégner les tampons des hommes.

*Ecussons. – Beaucoup de vestes, vestons en velours, etc. sont dépourvus d’écussons au numéro du régiment ; ceux qu’on a enlevés aux capotes versées seront immédiatement cousus à tous ces effets.

*Pattes d’épaule. – Il est fait remise à chaque chef de bataillon d’un modèle de pattes d’épaule qu’ils devront, de suite, faire confectionner, à raison, tout d’abord, d’une par homme, puis d’une seconde quand tout le monde aura été pourvu de la première.

*Le général en chef recommande que les officiers et hommes de troupe portent les cheveux coupés courts ou même ras, en raison de l’aggravation des blessures par les cheveux entraînés dans les plaies par des projectiles.

*Probité. – Le brancardier Isard Louis de la 7e Cie. a trouvé une petite somme, samedi, au point de rassemblement de la marche-manœuvre et s’est empressé de al remettre à son chef de bataillon. Le colonel le félicite de cet acte de probité et décide qu’un exemplaire de la présente décision lui sera remis à titre d’attestation. La somme trouvée est au bureau du colonel, à la disposition de son propriétaire qui pourra venir l’y réclamer.

*Punitions. – G... Félix matricule 9277, soldat, 11e Cie., 8 jours de prison, % du capitaine commandant la Cie. : « Commandé de garde, s’est fait porter malade et n’a pas été reconnu tel par le docteur. A déclaré à celui-ci : « S’il n’y avait que vous, je serais condamné ! » N’a obéi qu’après avoir été mis en demeure de faire son service. » Punition portée à 15 jours de prison dont 8 de cellule % du lieutenant-colonel commandant le régiment ; une demande de punition de 30 jours de prison est adressée au général de division. – B...... Arthur, soldat, 2e Cie., subsistant à la 10e Cie. (équipe de fil de fer) : 8 jours de prison % du capitaine commandant la Cie. : « Est arrivé au bivouac des Marquises, en état d’ivresse. » Punition portée à 15 jours de prison dont 8 de cellule ù du lieutenant-colonel commandant le régiment. – T... Gabriel, soldat 2e cl., Cie. de mitrailleuses, 8 jours de prison % du capitaine commandant la Cie. : « A quitté le cantonnement avant 9 heures, s’est rendu à Sillery où il a passé une partie de la journée, sans permission. »

*Sortie des cantonnements et discipline générale. – A la suite de récents incidents, le colonel interdit, de nouveau, d’une façon formelle aux officiers, de quitter leur cantonnement, sans son autorisation, s’ils sont à Verzenay, ou celle des commandants de secteurs, s’ils sont aux tranchées ; dans ce dernier cas, ils devront rendre compte de cette permission au chef de corps. Il est rappelé également que les officiers, quel que soit leur grade, n’ont aucune qualité pour signer des laissez-passer, donner des permissions et détourner les hommes de leur service et enfin qu’ils n’ont pas le droit de disposer, comme quelques uns semblent le croire, du personne hommes et animaux, en service au corps, dont le colonel est seul responsable et que seul, il commande. Il est regrettable qu’après dix mois de campagne, certains officiers aient une si irrégulière idée de leurs droits et de leurs devoirs, qu’on soit obligé de les rappeler ainsi à l’ordre.

*Comme suite au paragraphe précédent sur les gaz asphyxiants, les bataillons se rendant aux tranchées recevront du bataillon relevé les récipients contenant les liquides destinés à imbiber les sachets protecteurs ; à chaque relève le chef de bataillon rendra compte de l’état de ces récipients, s’ils sont toujours intacts et si leur nombre n’a pas changé.

*Mutations. – Autard Paul, cl. 1897, matricule 1829, 4e Cie. est passé à la date du 20 avril à la section télégraphique de la division Maroc, par décision de la même date de M. le général commandant la division du Maroc.

Sont passés au dépôt : 3e Cie. : Eyssartel Auguste matricule 709 cl. 1896 ; Rey Victor, matricule 14008 cl. 1893. – 4e Cie. : Requiston Euphème, matricule 12585 cl. 1892. – 5e Cie. : Dellière Louis matricule 10797 cl. 1891 ; Pinel Jean Baptiste matricule 11515 ; Raphel Gustave matricule 17560b, cl. 1899 ; Pichot Joseph matricule 14199, cl. 1893 ; Seignour Martin matricule 9892 cl. 1890. – 7e Cie. : Lacoste Jean, matricule 12212b cl. 1892. – 8e Cie. : Ripert Jean, matricule 1310 ; Bigonnet Léon matricule 14196. – 10e Cie. : Granier Véran, matricule 15602, cl. 1894. – 11e Cie. : Rabille Fabien, matricule 12145b, cl. 1895. – 12e Cie. : Coulon Louis, matricule 11212.

Ces militaires pourront être rayés à la date du 8 juin ; envoyer les pièces matricules demain au bureau du colonel.

*Ordre du régiment n° 116

Nominations. – Par décret du président de la république en date du 27 mai 1915 ont été nommés à titre définitif, les officiers promus à titre temporaire dont les noms suivent et qui sont maintenus dans leur affectation pour prendre rang du 10 mai 1915.

MM. le chef de bataillon Charre de Lavalette ; les capitaines Clop, de Montillet de Grenaud, Silvestre, Valle ; les sous-lieutenants Broc, Beaumier, Goumarre Joseph Louis Mathieu (1re Cie.), Milhes.

Le 7 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.