14 juin 2006
Décision du 14 juin 1915. (le 13 néant)
*Ordre du Régiment n° 119
Nomination. – En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par l’art. 19 et l’art. 29 du règlement du service de santé en campagne, le médecin divisionnaire nomme au grade de médecin auxiliaire au 118e régiment d’infanterie : le soldat Isnardi Marie Julien Charles, n° matricule 5796 cl. 1910 du même régiment. Cette nomination datera du 11 juin 1915.
Le 14 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Ecussons. – Le lieutenant-colonel rencontre encore, à chaque instant, des hommes dont les vestes ne sont pas munies d’écussons, malgré les ordres donnés il y a quelques jours encore. Dorénavant il signalera à la décision le numéro de la Cie. ainsi mal tenue.
*Couvertures. – Il a été décidé que tant que durera la période de stationnement, les hommes conserveraient la demi-couverture.
*Gaz asphyxiants. – A la suite de nouvelles instructions émanant du service de santé, les Cies. Verseront à l’infirmerie les sachets contre les gaz asphyxiants antérieurement distribués aux hommes ; elles verseront également les liquides qui leur ont été remis en bouteilles. L’infirmerie fera le travail nécessaire à la nouvelle préparation des sachets qui seront ensuite distribués aux hommes avec une instruction sur leur mode d’emploi.
*Pièces matricules. – Les Cies. Remettront le 16 au bureau du colonel l’état des livrets matricules, livrets individuels et plaques d’identité qui manqueraient encore aux hommes.
*Mutations. – Les hommes dont les noms suivent sont passés au dépôt ; ils seront rayés à la date du 15 courant et leurs pièces matricules envoyées demain au bureau du colonel.
1re Cie. : Sininger Jean cl. 1899 ; Arnaud François cl. 1892. – 2e Cie. : Blanc François cl. 1892. – 3e Cie. : Sollety Victor cl. 1894 ; Martin Albert cl. 1895. – 4e Cie. : Marais Emile cl. 1892 ; Massé Eugène cl. 1893. – 5e Cie. : Floriant Paul cl. 1894 ; Robert Joseph cl. 1894 ; Betbéder Jacques cl. 1892 ; Raoux Gérard cl. 1894 ; Charras François cl. 1892 ; Jean Clément cl. 1892 ; Cabane Jean Baptiste cl. 1892 ; Adam Alexandre cl. 1891. – 6e Cie. : Durbesson Eugène cl. 1892 ; Pons Claude cl. 1892. – 7e Cie. : Chastel Henri cl. 1891 ; Bruno Amédée cl. 1892 ; Faure Victor cl. 1896 ; Dunis Louis cl. 1895 ; Vialatte Joseph cl. 1896 Tavernier Elisée cl. 1892 ; Morissonneau Louis cl. 1893 ; Barnouin Romain cl. 1891 ; Michel zéphirin cl. 1891 ; Emmanuelli Joseph cl. 1899. – 8e Cie. : Agnel Marius cl. 1893 ; Feste Marius cl. 1891 ; Michel Joseph cl. 1892 ; Laugier Joseph cl. 1891. – 10e Cie. : Cartoux Paul Lucien cl. 1896 ; Coindet Octave cl. 1892 ; Richaud Léopold cl. 1893. – 11e Cie. : Roche Albert cl. 1895 ; Loubière Clovis cl. 1891.
Il est remis à chaque compagnie un état de mutations adressé par le dépôt et qu’elles devront retourner, signé, au bureau du colonel le 17 courant après avoir indiqué au crayon en face des noms des militaires « sans mutation » le lieu et la date de l’évacuation ainsi que tout autre renseignement qui pourrait être connu sur sa situation actuelle afin de faciliter les recherches effectuées par le dépôt.
*MM. les chefs de bataillon rendront compte pour demain s’il existe dans leurs unités des fusils allemands.
*Sapeurs-pompiers. – MM. les chefs de bataillon feront connaître demain les noms des gradés ou hommes ayant servi dans les Cies. de sapeurs-pompiers.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
11 juin 2006
Décision du 11 juin 1915.
*L’atelier de charronnage du régiment devenant insuffisant pour les réparations de voitures et notamment les resserrages de roues nécessités par les chaleurs, il sera constitué à Verzenay un deuxième atelier de charronnage sous la direction du sergent Bouchasson ; à cet effet chaque bataillon fournira deux charrons connaissant le travail du fer et celui du bois ; ces hommes seront rendus samedi à 18 h. à Verzenay ; ils se présenteront au bureau de la CHR. et seront mis en subsistance à cette Cie. à la date du 13 courant.
*Bûcherons. – Un détachement de 30 hommes commandé par un sous-officier est mis à partir de demain à la disposition de l’Intendance à Craon de Ludes pour être employés comme bûcherons. Les ordres pour al mise en subsistance seront donnés dans la journée.
*Pionniers. – Un peloton de pionniers auxiliaires du génie est constitué au 118e à partir de demain 12 ; il se compose de : un adjudant ; trois sergents ; cinq caporaux et 120 hommes ; il sera attaché au point de vue administratif à la CHR. du régiment où il sera placé en subsistance à la date du 12 courant.
*Instruction pour les cartouches. – Il est remis à chaque chef de bataillon une instruction relative à l’entretien et à la conservation des cartouches.
*Communications téléphoniques. – Le général commandant la DP. rappelle que toutes conversations téléphoniques pouvant donner des indications sur les mouvements de troupes sont absolument interdites.
*Promenade des chevaux. – Le colonel a rencontré hier soir vers 19 h. des ordonnances ou conducteurs qui allaient promener des chevaux isolément. Il est interdit d’une façon formelle toute sortie des animaux après le repas du soir, de plus il rappelle que dans la journée ou le matin les promenades isolées d’ordonnances sont absolument interdites par le règlement et que les officiers supérieurs seuls ont le droit de laisser leurs chevaux circuler isolément ; Les agents de liaison que les chefs de bataillon ont tous laissés ici doivent organiser les promenades de chevaux, leur tracer un itinéraire et les accompagner ; ils seront rendus personnellement responsables de toute infraction au présent ordre ; ils peuvent d’ailleurs s’entendre tous les trois pour ne faire qu’une seule promenade ; enfin les capitaines donneront des ordres précis et formels à leurs ordonnances, sous leur propre responsabilité, pour éviter le retour de ces abus. Le cheval ne doit en tous cas jamais être monté avec la selle et la bride mais seulement en couverte et en bridon et tout ordonnance qui sera rencontré contrevenant à cet ordre, sera puni de prison et immédiatement remis dans le rang.
*Mutations. – Les militaires dont les noms suivent, employés à l’EM. de la DIP. ont été placés en subsistance au 218e régiment d’infanterie aux dates ci-après : le 21 mai : Reymonnet, sergent, 12e Cie. ; Gazagne, soldat, 11e Cie. ; Debrut, 8e Cie. ; le 1er juin : 1re Cie. : Font J. ; Font A. – 2e Cie. : Faure P. ; Correnson – 3e Cie. : Roure – 4e Cie. : Bonnefoy – 6e Cie. : Blay – 11e Cie. : Serre.
Le sergent Mouric Martial, matricule 66, cl. 1898, sergent artificier du 1er bataillon est relevé de son emploi, passe à la 1re Cie. et cesse la subsistance à cette unité. – Le sergent-fourrier Font François matricule 1782, cl. 1897, 1re Cie., passe à la CHR. comme sergent artificier du 1er bataillon ; est placé en subsistance à la 1re Cie. – Le sergent Charre Jules de la 1re Cie. passe fourrier à la même Cie. – Mutations à la date du 12 juin.
Le 7 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
10 juin 2006
Décision du 10 juin 1915.
*Prêt. – Le prêt aura lieu demain vendredi aux heures habituelles.
*Propositions pour caporaux. – Les élèves-caporaux ayant suivi le peloton spécial étant tous nommés et leur liste épuisée, les chefs de bataillon proposeront chacun au lieutenant-colonel pour le 12 courant, 10 hommes ayant l’étoffe voulue pour le grade de caporal ; ils seront classés par ordre de préférence ; joindre le livret matricule ; l’état devra comporter le n° matricule, la classe, la compagnie, les noms, prénoms et le temps de service passé au front.
*Soupe du soir. – En raison des chaleurs, les exercices se termineront, le matin, de façon que les hommes soient rentrés dans leur cantonnement à 10 h. ; ils ne devront les quitter l’après-midi qu’à 14 h. 30 et la soupe du soir ne sera plus mangée qu’à 18 h. ou 18 h. 30 ; pour les hommes qui mangent sur le terrain, on devra prendre à peu près les mêmes dispositions et éviter le travail de 11 h. à 14 h.
*Vestes et bidons. – En vue d’alléger les hommes, en raison des chaleurs, tous les exercices et corvées, sauf la marche hebdomadaire du samedi, se feront en veste ou veston ; les hommes emporteront toujours le bidon rempli de thé froid, café ou eau avec alcool de menthe pour tous les exercices ou corvées.
*Haricots. – Le colonel, en passant hier dans une compagnie, a constaté que les haricots n’étaient pas assez cuits ; les commandants de compagnie s’arrangeront pour les faire tremper au moins 24 heures et au besoin pour en faire des purées, à l’aide de moyens de fortune.
*Riz. – Les compagnies ont presque toutes une grosse provision de riz dont elles ne savent que faire. Le riz, cuit à point, le grain conservant sa forme et restant légèrement croquant, arrangé en salade, constitue un aliment excellent et très rafraîchissant l’été ; le tout est de ne pas le laisser cuire trop et d’éviter qu’il ne se transforme en colle.
*Thé. – Le colonel rappelle que la ration hygiénique de thé est perçue obligatoirement dans chaque compagnie. Bien qu’en général les Méridionaux apprécient peu ce breuvage, on peut, avec le thé fait la veille et très léger, préparer une boisson froide, sans sucre, qui est excellente.
*Ordre du régiment n° 117
Remise volontaire de galons. – En vertu du décret du 13 novembre 1914 et des pouvoirs qui lui sont conférés, le lieutenant-colonel accepte les demandes de remise volontaire de galons formées par le caporal-fourrier Penèle Paul matricule 12447 cl. 1892 de la 6e Cie. ; le caporal-clairon Capeau Paul, matricule 3129 cl. 1898 de la CHR. ; les caporaux Lazare Théophile matricule 16713 cl. 1895, 4e Cie. – Robin Louis matricule 5227 cl. 1895, 5e Cie. – Pécoul Alphonse matricule 15780 cl. 1894, 9e Cie. qui sont remis soldats de 2e classe dans leurs compagnies respectives à la date du 10 juin. – Le caporal Capeau est remis soldat à la 5e compagnie.
Le 7 juin 1915.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*En raison des modifications apportées à la composition de la division, le 118e n’aura plus provisoirement que 2 compagnies à Verzenay et les relèves seront modifiées en conséquence.
Le 7 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
09 juin 2006
Décision du 9 juin 1915. (le 8 néant)
*Indemnités pour charges de famille. – L’officier des détails rappelle aux intéressés qu’ils doivent renouveler chaque trimestre leur déclaration pour servir à l’établissement des droits à l’indemnité pour charges de famille. Celles pour le 2e trimestre, établies dans la forme voulue devront donc parvenir pour visa au bureau du colonel le 18 courant au plus tard.
*Service automobile. – Les hommes dont les noms suivent, désignés pour être détachés au service automobile, seront rendus à Verzenay aujourd’hui à 18 heures, après le repas du soir, alignés en solde et en vivres jusqu’au 10 inclus et munis d’un certificat de cessation de paiement ; ces hommes devant être dirigés sur Rilly-la-Montagne où ils seront pris demain matin à 10 h. par le service automobile : Cie. de mitrailleuses : Guigue Jean, n° matricule 10801 cl. 1899 ; Silhol Emile, matricule 5338, cl. 1899 ; Gache Jacques matricule 1438 cl. 1893. – 1re Cie. Ufren Stanislas matricule 3596 cl. 1898 ; Genin François matricule 4987 cl. 1895. – 4e Cie. : Baudoin Guillaume, matricule 3683, cl. 1898 ; Potiron Emile matricule 12020b, cl. 1892. – 5e Cie. : Raynaud Jules, matricule 10962, cl. 1895.
Les gradés dont les noms suivent : CHR. : Capeau Paul, caporal clairon matricule 3129, cl. 1898. – 4e Cie. : Lazare Théophile, caporal, matricule 12447, cl. 1892. – 9e Cie. Pécoul Alphonse, caporal, matricule 15780, cl. 1894 – seront détachés et mis en route dans les mêmes conditions, s’ils consentent à faire une remise volontaire de galons. – MM. les chefs de bataillon rendront compte cet après-midi, à 14 heures au plus tard, par téléphone au besoin : 1° si tous les hommes désignés sont présents dans les compagnies ; 2° si les gradés sus visés consentent ou non à rendre leurs galons.
*Bonis. – En présence de la prospérité presque générale des bonis, le général en chef décide : 1° de fixer à 5 f. par homme l’importance minimum du boni ; 2° de n’accorder en principe de supplément extraordinaire qu’aux unités dont le boni est inférieur à la quotité ci-dessus.
*Puisatiers. – Les chefs de bataillon feront connaître pour demain matin 10 au rapport, les noms des hommes exerçant la profession de puisatiers.
*Punition. – La punition du soldat G... Félix de la 11e Cie., parue à la décision du 7 juin, a été portée à 30 jours de prison dont 12 de cellule par M. le général commandant le groupement de Reims.
*Mutations. – M. le médecin major de 2e classe Fabre, évacué sur l’intérieur est passé au dépôt. – Par ordre de M. le général commandant la division provisoire, le sergent Courier et le soldat Larrouy secrétaires à l’état-major de la division provisoire passent du 23e au 118e territorial à la date du 9 juin. – Ils sont affectés à la CHR. et placés en subsistance au quartier général de la division.
*Félicitations. – Le colonel signale au régiment la belle tenue sous le feu des soldats Caire Hilarion et Jean Lazare, de la 4e compagnie qui, sentinelles doubles se trouvant à l’endroit le plus exposé au moment d’un bombardement de Sillery n’ont pas quitté leurs places pour s’abriter, bien qu’un obus soit tombé tout près d’eux. Un exemplaire de la présente décision sera remis à chacun de ces deux hommes.
Le 7 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
07 juin 2006
Décision du 7 juin 1915. (les 5 et 6 néant)
*Remerciements. – Le lieutenant-colonel a reçu la lettre suivante qu’il est heureux de porter à la connaissance du régiment. « Au nom des troupes placées sous ses ordres et au sien propre, le général commandant la division du Maroc prie le colonel Nanta de vouloir bien transmettre aux officiers, sous-officiers et soldats du beau 118e régiment territorial des remerciements émus pour la délicate attention qu’ils ont eue à l’égard des militaires de la division du Maroc glorieusement tués à l’ennemi le 9 mai. »
*Mesures de protection contre les gaz asphyxiants. – Il va être distribué dans chaque compagnie des sachets individuels et une solution spéciale pour assurer la protection des hommes aux tranchées contre les gaz asphyxiants. – Dans chaque sachet se trouve un tampon muni de liens destiné à être maintenu devant le nez et la bouche, après avoir été trempé dans la solution spéciale et exprimé fortement pur faire sortir le liquide en excès. – Une fois le nuage de vapeurs asphyxiantes passé, le tampon sera remis dans son sachet imperméable pour servir de nouveau en cas de besoin. Chaque homme aux tranchées aura toujours avec lui son sachet individuel. – La solution répartie dans des bouteilles sera confiée aux soins des gradés. Ces bouteilles ne seront débouchées que si des vapeurs asphyxiantes sont dirigées sur les tranchées. On en versera alors le contenu dans des récipients quelconques pour y imprégner les tampons des hommes.
*Ecussons. – Beaucoup de vestes, vestons en velours, etc. sont dépourvus d’écussons au numéro du régiment ; ceux qu’on a enlevés aux capotes versées seront immédiatement cousus à tous ces effets.
*Pattes d’épaule. – Il est fait remise à chaque chef de bataillon d’un modèle de pattes d’épaule qu’ils devront, de suite, faire confectionner, à raison, tout d’abord, d’une par homme, puis d’une seconde quand tout le monde aura été pourvu de la première.
*Le général en chef recommande que les officiers et hommes de troupe portent les cheveux coupés courts ou même ras, en raison de l’aggravation des blessures par les cheveux entraînés dans les plaies par des projectiles.
*Probité. – Le brancardier Isard Louis de la 7e Cie. a trouvé une petite somme, samedi, au point de rassemblement de la marche-manœuvre et s’est empressé de al remettre à son chef de bataillon. Le colonel le félicite de cet acte de probité et décide qu’un exemplaire de la présente décision lui sera remis à titre d’attestation. La somme trouvée est au bureau du colonel, à la disposition de son propriétaire qui pourra venir l’y réclamer.
*Punitions. – G... Félix matricule 9277, soldat, 11e Cie., 8 jours de prison, % du capitaine commandant la Cie. : « Commandé de garde, s’est fait porter malade et n’a pas été reconnu tel par le docteur. A déclaré à celui-ci : « S’il n’y avait que vous, je serais condamné ! » N’a obéi qu’après avoir été mis en demeure de faire son service. » Punition portée à 15 jours de prison dont 8 de cellule % du lieutenant-colonel commandant le régiment ; une demande de punition de 30 jours de prison est adressée au général de division. – B...... Arthur, soldat, 2e Cie., subsistant à la 10e Cie. (équipe de fil de fer) : 8 jours de prison % du capitaine commandant la Cie. : « Est arrivé au bivouac des Marquises, en état d’ivresse. » Punition portée à 15 jours de prison dont 8 de cellule ù du lieutenant-colonel commandant le régiment. – T... Gabriel, soldat 2e cl., Cie. de mitrailleuses, 8 jours de prison % du capitaine commandant la Cie. : « A quitté le cantonnement avant 9 heures, s’est rendu à Sillery où il a passé une partie de la journée, sans permission. »
*Sortie des cantonnements et discipline générale. – A la suite de récents incidents, le colonel interdit, de nouveau, d’une façon formelle aux officiers, de quitter leur cantonnement, sans son autorisation, s’ils sont à Verzenay, ou celle des commandants de secteurs, s’ils sont aux tranchées ; dans ce dernier cas, ils devront rendre compte de cette permission au chef de corps. Il est rappelé également que les officiers, quel que soit leur grade, n’ont aucune qualité pour signer des laissez-passer, donner des permissions et détourner les hommes de leur service et enfin qu’ils n’ont pas le droit de disposer, comme quelques uns semblent le croire, du personne hommes et animaux, en service au corps, dont le colonel est seul responsable et que seul, il commande. Il est regrettable qu’après dix mois de campagne, certains officiers aient une si irrégulière idée de leurs droits et de leurs devoirs, qu’on soit obligé de les rappeler ainsi à l’ordre.
*Comme suite au paragraphe précédent sur les gaz asphyxiants, les bataillons se rendant aux tranchées recevront du bataillon relevé les récipients contenant les liquides destinés à imbiber les sachets protecteurs ; à chaque relève le chef de bataillon rendra compte de l’état de ces récipients, s’ils sont toujours intacts et si leur nombre n’a pas changé.
*Mutations. – Autard Paul, cl. 1897, matricule 1829, 4e Cie. est passé à la date du 20 avril à la section télégraphique de la division Maroc, par décision de la même date de M. le général commandant la division du Maroc.
Sont passés au dépôt : 3e Cie. : Eyssartel Auguste matricule 709 cl. 1896 ; Rey Victor, matricule 14008 cl. 1893. – 4e Cie. : Requiston Euphème, matricule 12585 cl. 1892. – 5e Cie. : Dellière Louis matricule 10797 cl. 1891 ; Pinel Jean Baptiste matricule 11515 ; Raphel Gustave matricule 17560b, cl. 1899 ; Pichot Joseph matricule 14199, cl. 1893 ; Seignour Martin matricule 9892 cl. 1890. – 7e Cie. : Lacoste Jean, matricule 12212b cl. 1892. – 8e Cie. : Ripert Jean, matricule 1310 ; Bigonnet Léon matricule 14196. – 10e Cie. : Granier Véran, matricule 15602, cl. 1894. – 11e Cie. : Rabille Fabien, matricule 12145b, cl. 1895. – 12e Cie. : Coulon Louis, matricule 11212.
Ces militaires pourront être rayés à la date du 8 juin ; envoyer les pièces matricules demain au bureau du colonel.
*Ordre du régiment n° 116
Nominations. – Par décret du président de la république en date du 27 mai 1915 ont été nommés à titre définitif, les officiers promus à titre temporaire dont les noms suivent et qui sont maintenus dans leur affectation pour prendre rang du 10 mai 1915.
MM. le chef de bataillon Charre de Lavalette ; les capitaines Clop, de Montillet de Grenaud, Silvestre, Valle ; les sous-lieutenants Broc, Beaumier, Goumarre Joseph Louis Mathieu (1re Cie.), Milhes.
Le 7 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
04 juin 2006
Décision du 4 juin 1915.
Oubli de ma part, cette page n’a pas été activée ce matin. Elle présente cependant plusieurs points intéressants : les brûlots, les sacs caoutchoutés, les cigarettes offertes, l’équipe spécialisée pour la pose de fils de fer et la très logique de recherche des soldats méritants pour les propositions de médaille militaire. Et voilà :
*Versements d’effets. – Des compagnies ont voulu verser hier des brûlots du soldat qui peuvent rendre les plus grands services dans les tranchées ou en route ; le colonel ne s’explique pas cette mentalité qui consiste à se débarrasser au magasin, d’objets nécessaires, pour garder et charger sur les voitures une quantité de saletés et d’objets inutiles qui seront, du reste, jetés dans les fossés, à la première marche en avant ; de ce côté-là , le colonel sera impitoyable.
*Sacs à distribution. – Il est distribué à chaque Cie. six sacs de couchage caoutchoutés et imperméabilisés et qui peuvent, très facilement, comme l’expérience en a été faite au 1er Bon., être transformés en excellents sacs à distribution ; voir, à cet effet, ce qui a été fait au 1er Bon. Ou s’adresser au magasin.
*Capotes bleu clair. – Un certain nombre de capotes bleu clair de petite taille, restent au magasin, et peuvent être transformées facilement en vareuses par les tailleurs de compagnie ; les officiers ou sous-officiers qui en désireraient peuvent se présenter au magasin ; le prix de remboursement est de 19 francs.
*Cigarettes. – Il est fait don de 320 paquets de cigarettes Bastos par Bon. Soit 80 paquets par Cie. MM. les chefs de Bon. veilleront à ce que ces paquets soient distribués intégralement, sans arrêts dans les bureaux ou chez les embusqués. – La CM. Touchera 40 paquets, la CHR. 70 paquets.
*Equipe de fil de fer. – Jallet Charles matricule 13532, cl. 1893, 1re Cie. et Jullien Paul, matricule 12752, cl. 1892, 12e Cie. seront détachés à l’équipe de fil de fer en remplacement de Roman et Brante malades ; ils devront être rendus ce soir à 19 heures à Verzenay pour se mettre à la disposition du sous-lieutenant Dulout, et seront pris en subsistance à la CHR. à la date du 5 juin.
*Mutations. – Perrin Adolphe matricule 4891, cl. 1899, de la 2e Cie., actuellement en subsistance à la CHR., passe à la CHR. comme conducteur de la voiture à munitions du 1er Bon., cesse sa subsistance à la CHR. et passe en subsistance à la 1re Cie., à la date du 3 juin. – Olive Noël matricule 1842, 2e Cie. passe en subsistance à la CHR. pour être mis à la disposition du génie en date du 3 juin. – Jean André matricule 4616 cl. 1892, de la 9e Cie., ordonnance de M. le sous-lieutenant Brun passe à la 6e Cie. à la date d’aujourd’hui. – Lafont Angelin matricule 14280, cl. 1893 de la 3e Cie. passe à la CHR. comme conducteur, à la date du 5 courant, est placé en subsistance à la même date à la 3e Cie. en remplacement de Bounot Gontran matricule 30205 cl. 1898, relevé de son emploi, qui passe à la 3e Cie. et cesse la subsistance à la dite Cie. à la date du 5 courant.
*Propositions pour la médaille militaire. – Les chefs de bataillon feront parvenir pour demain avant midi au plus tard des propositions pour la médaille militaire : indiquer noms, prénoms, n° matricules, grades ; envoyer les livrets matricules en joignant au besoin toutes les indications complémentaires qui paraîtraient nécessaires.
*Erratum à l’ordre du régiment n° 115 : lire : le sergent Quérouil de la 10e Cie. passe à la 11e Cie, et non à la 9e Cie.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
03 juin 2006
Décision du 3 juin 1915.
*Ordre du régiment n° 113
Nomination. – Par décision ministérielle en date du 25 mai 1915, le sergent Martin Jean Joseph, n° matricule 13527, du 118e territorial, est nommé officier d’administration de 3e classe du service du génie et affecté à la chefferie de Châlons.
Le 3 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Ordre du régiment n° 114
Affectation. – M. le sous-lieutenant Brun est affecté à la 6e Cie.
Le 3 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*M. le sous-lieutenant Vache, rentré, reprend son service à la 10e Cie.
*Ordre du régiment n° 115
Nominations et mutations. – En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés le lieutenant-colonel nomme :
1° au grade d’adjudant à la 9e Cie. En remplacement de Margaillan passé au dépôt le sergent Marcellin Aimé, n° matricule 4570, cl. 1899, de la 11e Cie.
2° au grade de caporal à la Cie. De mitrailleuses : le soldat Guzzi Félix, matricule 3797, cl. 1901 de la 3e Cie.
Le sergent Quérouil Marie, matricule 12156b, cl. 1892, de la 10e Cie. Passe à la 9e Cie. En remplacement de Marcellin nommé adjudant.
Ces nominations et mutations dateront du 4 juin.
Le 3 juin 1915. Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
*Mutations. – Le caporal Guzzi est maintenu en subsistance à la CHR. Comme fonctionnaire sous-chef de musique. – Le soldat Leydier Joseph, matricule 12479, cl. 1892, de la 12e Cie. passe à la CHR. comme conducteur du TR. – Le conducteur Monod cesse la subsistance à la 1re Cie. pour être affecté au TR. La 1re Cie. désignera un conducteur en remplacement de Monod. – Mutations à la date du 4 courant.
Le soldat Guglielmo Félicien, matricule 13768, cl. 1893 de la 7e Cie. passe à la même date à la CHR. comme conducteur ; est placé en subsistance à la 7e Cie.
*Entretien des armes. – Le général en chef recommande de tenir la main à ce que l’entretien de l’armement soit l’objet d’une surveillance minutieuse pour éviter la mise hors de service de fusils à la suite de détériorations insignifiantes dont il eut été facile d’empêcher l’aggravation par une réparation immédiate. Les chefs de corps seront rendus personnellement responsables de l’observation de ces prescriptions. Le lieutenant-colonel rappelle à ce sujet, les instructions de la décision du 16 mars. MM. Les chefs de bataillon s’assureront que tous les fusils sont munis du couvre bouche en drap pour garantir le canon contre l’introduction de corps étrangers et veilleront à ce que les revues d’armes prescrites soient passées très minutieusement.
*Viande. – A partir du 2 juin la distribution de viande fraîche a commencé à 18 heures au lieu de 15 heures dans les centres de distribution.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
02 juin 2006
Décision du 2 juin 1915.
*Circulation des automobiles. – Le général en chef prescrit que les automobiles ne doivent circuler dans les villes et agglomérations qu’à une allure très ralentie et ne faire qu’un usage très modéré des sirènes, clairons et autres appareils stridents.
*Le général commandant en chef prescrit que lorsqu’un engin nouveau employé par les Allemands tombe entre nos mains il doit lui être envoyé directement, sans tentative de démontage ou d’analyse. Ces prescriptions s’appliquent en particulier, aux fragments d’obus ou d’étoffes ayant contenu ou touché des gaz asphyxiants. Il est bien entendu que les précautions nécessaires devront être prises pour éviter toute chance d’accident avec les engins n’ayant pas explosé et qui sont pourtant amorcés. Ceux-ci doivent toujours être détruits, s’ils ne peuvent pas être désamorcés sans danger, avant d’être envoyés.
*Destruction des mouches. – Le général commandant l’armée prescrit que chaque section soit dotée d’une petite fiole d’ammoniaque pour permettre de parer les dangers qui peuvent résulter des piqûres de mouches, moustiques ou autres insectes. Il importe d’ailleurs que la destruction des larves de ces insectes soit poursuivie sans arrêt au moyen des procédés admis : pétrolage des eaux stagnantes, arrosage des feuillées avec du chlorure de chaux, incinération des ordures, etc.
*Discipline. – Le général commandant l’armée rappelle encore que les trains, parcs et convois doivent toujours être dans le plus grand ordre ; les conducteurs de voitures doivent toujours avoir l’arme à la portée de la main mais ceux des sections de mitrailleuses doivent l porter à la bretelle et non accrochée aux véhicules.
*Le soldat G… de la 11e Cie., en prévention de conseil de guerre, sera renvoyé dans sa Cie., le général de division ayant bien voulu user d’indulgence à son égard ; toutefois, si cet homme se fait encore porter malade et n’est pas reconnu tel, il sera mis en demeure d’obéir et, en cas de refus, traduit en conseil de guerre pour refus d’obéissance en présence de l’ennemi.
*Equipe de fil de fer. – Les 24 hommes dont les noms suivent sont mis en subsistance à la CHR. A la date de demain 3 courant pour être à la disposition de M. le sous-lieutenant Dubout chargé de la direction de l’équipe de fil de fer : 1re Cie. Roman Fleury ; Menier Auguste. – 2e Cie. Jean Ernest ; Bordet Marius. – 3e Cie. Carbonnel Martial ; Chevalier François. – 4e Cie. Gervais Marius ; Vincent Léon. – 5e Cie. Claverie Pierre ; Labat Pierre. – 6e Cie. Benoît Elysée ; Latour Auguste. – 7e Cie. Rippert Paul ; Preyre Joseph. – 8e Cie. Bouy Jean ; Ripert Antoine. – 9e Cie. Fructus Auguste ; Meyron Joachim. – 10e Cie. Bastide Joseph ; Chabrol Pierre. – 11e Cie. Andrieux Pierre ; Castinel Gustave. 12e Cie. Brante Marius ; Chabran Baptiste. – Le caporal Scotto, 6e Cie. ; le sergent Valoris, 7e Cie. Sont également détachés à cette équipe mais seulement pendant le séjour de leur bataillon à Verzenay, et ne sont pas placés en subsistance à la CHR.
*Punition. – B….t Joseph, cl. 1899, matricule 2577, conducteur, CHR. (subsistance à la 7e Cie.) 8 jours de prison % du lieutenant-colonel : « S’est complètement désintéressé d’un de ses chevaux malades et n’est venu prévenir le vétérinaire qu’une fois le cheval mort. » Cet homme sera relevé immédiatement de son emploi ; il passera à la date de demain à la 7e Cie. qui désignera son successeur et enverra le nom demain au colonel.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
01 juin 2006
Décision du 1er juin 1915.
*Relève. – La relève du 2e bataillon par le 1er se fera dans la nuit du 2 au 3, après entente entre les chefs de bataillon qui opéreront de telle sorte que la première compagnie quitte Verzenay à 21 heures et que la dernière compagnie relevée n’y rentre pas après 3 heures du matin. La section de mitrailleuses, aux tranchées depuis 8 jours, sera relevée par la section au repos le même jour et à la même heure.
*Incendies dans les cantonnements. – En raison de fréquents incendies ayant éclaté dans les cantonnements des troupes, sans provenir de faits de guerre, le ministre rappelle à l’observation des précautions à prendre : interdiction absolue, dans les locaux garnis de foin ou de paille, d’allumer des allumettes, de fumer, de circuler avec des bougies non placées dans des lanternes ou avec des lampes à pétrole, et de faire la cuisine à proximité immédiate de ces locaux. Des rondes fréquentes devront être faites dans les cantonnements. Les commandants de compagnie seront rendus responsables des négligences ou infractions aux ordres ci-dessus.
*Discrétion dans la correspondance. – Le général commandant l’armée rappelle que l’échange de correspondance entre les militaires sur le front et les prisonniers de guerre est formellement interdit, pour éviter les nombreuses et graves indiscrétions qui pourraient se produire par cette voie. Toutes les lettres et cartes destinées aux prisonniers de guerre comme du reste celles qui proviennent de ces derniers ne seront remises qu’après la guerre, soit aux destinataires, soit aux expéditeurs.
Il est rappelé en outre qu’il est interdit de divulguer par correspondance tout mouvement ou changement de destination des unités. De fréquentes théories seront faites par les officiers pour attirer l’attention de la troupe sur les graves inconvénients que présentent ces indiscrétions.
*Drap bleu clair. – Le ministre a décidé de faire constituer et entretenir dans les divers entrepôts d’habillement une pièce de drap bleu clair, pour satisfaire aux besoins des officiers sur le front. MM. les officiers qui désireraient se procurer du drap par cette voie, pourront venir au bureau du colonel se renseigner sur la marche à suivre.
*Cartouchières. – Quelques commandants de compagnie demandent à changer des cartouchières rigides ancien modèle contre des plates nouveau modèle ; ce n’est pas possible ; pour remédier à l’inconvénient des cartouchières rigides, il n’y a qu’à les faire porter par derrière.
*Le soldat Peyron Auguste, cl. 1894, n° matricule 15 503 de la 1re Cie., sera placé en subsistance à la CHR. A la date du 3 courant, pour être employé comme chauffeur aux bains-douches.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.
