*Commandement. – A partir d’aujourd’hui, le bureau du colonel étant transporté à Beaumont, tous les plis de service, lettres, etc., plantons, estafettes devront être dirigés sur cette localité (Maison Ferté) entrée Ouest du village.

*Les fonctions de commandant du cantonnement de Verzenay seront exercées à partir de ce soir par M. le commandant de Pina.

*Restent seuls à Verzenay, les services ci-après : Approvisionnement (M. Ribes) – Officier de détails (M. Pitras) – Service de santé (M. le médecin major Jacquemet) – Musique, tambours et clairons (M. Vial) – Magasin, CHR., Cie. de mitrailleuses et équipe de fil de fer V.

*Employés. – Le général en chef recommande une fois encore de limiter au strict minimum le nombre des cuisiniers, employés, secrétaires, etc…

*Les vareuses bleu clair de tous les hommes évacués ou renvoyés dans l’intérieur doivent, sans exception, leur être retirées et être remplacées par des vestes ancien modèle.

*Le sergent Cantrel, adjoint au vaguemestre, sera détaché à partir de demain à Beaumont.

*Recommandations. – Au moment où le régiment va occuper successivement les tranchées de 1re ligne, le colonel recommande à tous le calme, le sang-froid et surtout la discipline. La nuit, pas de tirailleries inutiles qui attirent rapidement la riposte de l’ennemi, peuvent provoquer par conséquent des accidents et troublent le repos de tout le monde ; aussi peu de monde que possible dans les tranchées de 1re ligne, mais par contre une vigilance constante et sans arrêt des guetteurs ; commander le service de telle façon que la plus grande partie des hommes puisse se reposer ; enfin, profiter de ce qu’un secteur est donné tout entier au régiment pour l’améliorer à tous les points de vue : défensive, abris pour les hommes contre le bombardement, chambres de repos, toutes choses enfin qui doivent leur rendre la vie de tranchées aussi peu désagréable que possible. Les cadres doivent d’abord donner l’exemple et s’ingénier à créer toutes les améliorations ci-dessus. Au point de vue sécurité, habituer les hommes à ne se rendre d’un point à un autre que toujours par les boyaux et sans se montrer ; tout parcours à travers champs ou à découvert est une bravade inutile et qui ne peut servir qu’à causer mort ou blessures ; d’ailleurs le meilleur moyen d’habituer les hommes à se porter très rapidement à tel ou tel endroit est de leur faire parcourir quotidiennement ce trajet. On s’attachera tout particulièrement à rendre aussi invulnérable que possible les abris des guetteurs, des sentinelles et d’une façon générale de tous les hommes qui peuvent se trouver plus exposés que leurs camarades.

*Employés. – La grande majorité des employés à la CHR. rentreront ce soir dans leurs compagnies. Le sergent-major de la CHR. enverra demain matin au colonel la liste nominative de ceux qui une fois le départ de ce soir réglé, resteraient encore à Verzenay.

*M. le commandant du 3e Bon. recevra l’ordre de mouvement pour la soirée en même temps que le dit rapport et pourra de suite envoyer à leurs emplacements définitifs les cadres qu’il jugera nécessaires pour achever la reconnaissance du terrain et assurer la prise de possession rapide des tranchées ; il fera connaître de suite au colonel les numéros des compagnies qui occupent les quatre emplacements différents.

*Les téléphonistes employés dans les différents postes et actuellement en subsistance au 58e seront pris en subsistance demain par les compagnies du 3e Bon. occupant les postes qu’ils desservent.

*Deuil. – Le lieutenant-colonel a la douleur de faire part au régiment de la mort du soldat Massart Augustin de la 5e compagnie, mort pour la France le 6 septembre 1915.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta