*Ordre général n°115

Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1915 le soldat E......r de la 19e Cie. du 255e a été fait prisonnier par l’ennemi. Au cours de l’interrogatoire que lui ont fait subir les Allemands, il leur a révélé les opérations projetées par son régiment et les travaux exécutés dans le secteur occupé par sa compagnie.

Le général commandant l’armée flétrit ce lâche qui a ainsi commis envers la Patrie le crime de trahison. Si dans une attaque, des braves du 255e tombent sous les balles allemandes, le soldat Escudier sera responsable de la mort de ses camarades. Son crime ne sera pas impuni ; à son retour en France, il sera traduit devant un conseil de guerre. Le général rappelle aux militaires de tous grades qu’un soldat français doit se faire tuer plutôt que de se rendre ; que si, par malheur, il tombe vivant entre les mains des Allemands, il doit, aux termes de l’art. 9 de la convention de La Haye, se borner à déclarer ses véritables noms et grades ; il n’est tenu à aucune autre réponse. Tout autre renseignement fourni par lui à l’ennemi est un acte de trahison.

QG., le 12 septembre 1915. – Le général commandant la Ve armée. Signé d’Esperey

Le présent ordre sera lu à la troupe à trois appels consécutifs.

*Permissionnaires. – Afin de diminuer la durée du voyage des permissionnaires et d’abréger les formalités à remplir aux gares de rassemblement, les dispositions ci-après ont été arrêtées : A. – Pour les permissionnaires du front, c'est-à-dire pour ceux qui ont droit à la gratuité du transport, l’ordre de transport sera remplacé par un titre de permission d’un modèle spécial. – B. – Le nombre de jours porté sur le titre sera celui que le permissionnaire est autorisé à passer réellement à destination, décompté à partir de 0 h. 01 le lendemain du jour de l’arrivée à la gare destinataire. Le temps du trajet en chemin de fer n’est jamais compris dans la durée de permission. – Le porteur fera timbrer son titre dans les cases réservées à cet effet, et, conformément aux indications qui y sont portées ; ces visas sont indispensables et le permissionnaire qui ne les ferait pas apposer serait l’objet de punitions disciplinaires. – C. – Des affiches apposées dans les gares et les indicateurs envoyés aux armées donnent tous les renseignements nécessaires sur les trains spéciaux mis en marche pour les permissionnaires, les correspondances assurées, les points à partir desquels les permissionnaires utiliseront les trains commerciaux. Il est interdit d’utiliser ces derniers trains sur les itinéraires parcourus à l’aller et au retour par les trains spéciaux sous peine de perdre le droit à la gratuité du transport. Les permissionnaires doivent donc revenir par les trains spéciaux desservant l’itinéraire qu’ils ont à suivre à l’aller. Ceux d’entre eux qui emprunteraient d’autres itinéraires, d’autres trains, en particulier pour passer par Paris, pourront être astreints à payer le prix du trajet effectué et seront en outre l’objet de punitions disciplinaires. Les permissionnaires pour le Midi utilisent les trains spéciaux jusqu’à Lyon ; à partir de cette gare ils empruntent les trains commerciaux jusqu’à la gare destinataire qui dessert la localité où ils passeront leur permission. – A titre d’indication l’horaire probable sera le suivant : arrivée à Epernay avant 7 h. ; départ 7 h. 37 – arrivée à Paris-Est : 12 h.57 ; départ à 16 h. 26 ; arrivée à Corbeil à 19 h. 10 ; départ 21 h. 51 – arrivée à Lyon-Perrache le lendemain matin : 9 h. 45. De là les permissionnaires prennent les trains commerciaux pour se rendre à destination. – Les titres de permission portent d’ailleurs toutes les indications sur les formalités à remplir en cours de route.

*Les compagnies enverront ce soir à l’infirmerie les lunettes inutilisables que M. le médecin chef de service devra faire parvenir dans la matinée de demain au GBD.

*Vivres de réserve. – Les chefs de bataillon et commandants de compagnie passeront une revue très minutieuse des vivres de réserve et rendront compte pour le 19 courant au soir au plus tard des manquants. L’officier d’approvisionnement prendra ses dispositions pour demander de suite, d’après les états qui lui seront fournis par le bureau du colonel, le remplacement des vivres en mauvais état. Le pain de guerre continuera à être conservé dans les caisses sauf 4 galettes distribuées aux hommes conformément à la décision du 16 courant.

*Par décision du général commandant en chef la section de mitrailleuses de position n°401 est rattachée au 61e régiment d’infanterie. – La section n°403 est rattachée au 58e régiment d’infanterie.

*Le général commandant la division fait connaître qu’en cas d’alerte les 225 hommes employés aux travaux de la 2e position doivent se porter vers Verzenay au rassemblement du bataillon de réserve du 118e territorial ; le commandant de ce bataillon donnera les ordres de détail à ce sujet. En cas de mouvement du régiment : les hommes détachés au QG. de la 30e DI rentreront à leur corps ainsi que les hommes de l’équipe de fil de fer de Prunay. – Les 127 pionniers auxiliaires suivront le sort de la compagnie du génie 7/12bis.

*Cantonnement. – En raison de dommages importants causés dans certains immeubles par des troupes cantonnées, le ministre recommande de ne pas loger ou cantonner les troupes dans les locaux où peuvent être commis des dégâts d’un grande importance.

*Chasse. – Deux hommes du 58e régiment d’infanterie ont été punis de 20 jours de prison pour délit de chasse et ces délits seront toujours réprimés avec une grande sévérité.

*Indiscrétions. – Six militaires des 35e et 300e régiments territoriaux ont été punis de huit jours de prison pour avoir indiqué dans leurs lettres, des emplacements de troupes ; les indiscrétions commises ont entraîné la destruction des lettres où elles étaient contenues.

*Mutations. – Chauvet Léon cl. 1893 matricule 13906 de la 2e Cie. passe à la CHR. comme téléphoniste, à al date d’aujourd’hui, et cesse la subsistance à la CM. Les 4 brancardiers divisionnaires : Fesquet, Gazet, Icard, Planta, actuellement en subsistance à la 10e Cie. et détachés aux Marquises, seront pris en subsistance à la date de demain par la Cie. qui occupe T. 9 (actuellement la 4e Cie.).

Le soldat Barillon Louis, cl. 1898, CHR., désigné pour être détaché dans une usine, sera mis en route demain matin sur le dépôt, aligné en solde et vivres jusqu’au 19 inclus et rayé le 20 courant ; il sera rendu ce soir à 18 h. 30 au bureau de l’officier de détails.

*Punition. – Biallet Auguste, matricule 16859, soldat 2e Cie. : 15 jours de prison % du lieutenant-colonel : « Au départ de la compagnie pur les tranchées s’est présenté sur le rangs sans équipement et sans armes est descendu ainsi aux tranchées et a obligé à des recherches pour retrouver le lendemain arme et équipement. »

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial.

Signé : Nanta