*Instructions complémentaires pour le départ

1° Armement, cartouches : 11 paquets ou 88 cartouches sur l’homme (y compris les sous-officiers). Les compagnies doivent, en conséquence toucher au magasin les cartouches nécessaires et cartouchières, s’il y a lieu, pour compléter ce nombre – 103 cartouches par homme au caisson de munitions.

2° Vivres de réserve : 2 jours sur l’homme. – Repas de compléments : 2 repas sur la voiture à vivres.

3° Chargement des hommes : sur le sac : toile de tente ; un outil par homme ; un campement. Intérieur du sac : linge de corps ; vivres de réserve (le poids moyen d’un sac ainsi chargé est de 12 kilos).

4° Chargement des voitures : 1° Fourgon du bataillon : 2 cantines du chef de bataillon – 1 cantine du médecin – 1 cantine de l’adjudant de bataillon – 1 cantine du médecin auxiliaire – 1 caisse de comptabilité – 1 cantine à vivres – 3 sacs de pansage – 1 caisse de réserve de chaussures – 4 havresacs (vaguemestre – cycliste - ordonnances du chef de bataillon et du médecin) – 1 caisse comptabilité du vaguemestre – 2 sacs de cavalerie des agents de liaison. – 2° Voitures à munitions : cartouches ; fusils des permissionnaires ; outils en excédent ; sacs des permissionnaires. – 3° Cuisines roulantes : la distribution du jour – plats de campement (16 facultatifs). – 4° Voitures à eau : 2 tonneaux d’eau et les couvertures. – 5° Voitures de compagnie : 5 cantines des officiers et adjudants – 1 cantine à vivres – 3 matériels des coiffeurs, tailleurs et cordonniers – 2 sacs de pansage (capitaine et conducteur) – 4 havresacs (sergent-major ; cycliste ; infirmier ; ordonnance du capitaine) – Repas de complément (2 par homme) – 1 petite caisse de comptabilité – 13 ballots vestes et souliers de repos d’escouade.

5° Habillement : tenue de campagne, capote ; casque sur le sac.

6° Versement des effets : a) à emporter : vestes, souliers de repos (un sac par escouade) souliers roulés dans la veste – b) à laisser : un ballot individuel étiqueté (un sac par section).

7° Divers : En principe la veste est portée par la voiture. Eventuellement portée par l’homme roulée dans ou sous la toile de tente, sur le sac (poids moyen d’une veste : 1,500 kg.). Les fusils et sacs des permissionnaires sont portés par les caissons de munitions.
Campement. – En principe une marmite par escouade portée par l’homme et un plat par escouade porté par la cuisine roulante. Toutefois les commandants de compagnie sont autorisés à conserver en les faisant porter par leur cuisine roulante huit marmites et seize plats supplémentaires.

Les brancardiers portent toujours leur fusil et leur sac et marchent avec leur compagnie ; seuls, les infirmiers déposent leur sac sur la voiture de compagnie et marchent à la gauche du bataillon.

Les compagnies peuvent conserver deux des fûts de vin qu’elles ont achetés sur leur voiture.

Il serait préférable de rouler les couvertures en ballots de 25 (par demi-section) au lieu de 50.

*Observations générales. – Dans certains bataillons le chef de bataillon conserve près de lui, d’une façon permanente un planton par compagnie ce qui lui constitue un état-major de 4 plantons, 2 agents de liaison et 1 cycliste ; cette manière de faire st inadmissible ; si au combat et au stationnement les compagnies doivent donner au chef de bataillon un agent de liaison, en route c’est absolument inutile ; donc tous ces hommes rentreront aujourd’hui même dans leur compagnie qu’ils n’auraient pas dû quitter.

*Pour les marches recommander aux hommes et gradés, que personne ne doit quitter son rang ; que dans les haltes, personne ne doit se ternir sur le côté gauche de la route et que les gradés doivent toujours être à leur place ; le capitaine le plus souvent en queue de sa compagnie. Les compagnies alternent pour l’ordre de marche dans le bataillon et les sections dans les compagnies pour que chacune se trouve à tour de rôle, en tête, en queue et soit habituée à bien régler son allure.

*Commandement. – Un chef absent, officier, sous-officier ou caporal doit toujours être remplacé par un gradé de la même unité, sans qu’il soit nécessaire d’en prendre dans une unité voisine.

*Unités spécialisées. – Les téléphonistes, bombardiers et pionniers marcheront toujours en avant du bataillon de tête ; la CM. entre le 1er et le 2e bataillon ; les 12 tambours avec la musique, ainsi que les élèves clairons ; les 12 clairons du bataillon de tête avec la musique, les autres avec leur bataillon ; les cyclistes, toujours en avant de l’officier à qui ils sont affectés.

Chaque voiture doit être conduite par son conducteur, à pied le plus souvent, toujours doublé d’un homme fatigué ou malingre pour l’aider au besoin ; cet homme, toujours à pied, sauf si par hasard les voitures doivent trotter, mettra son sac sur la voiture ; les cuisines roulantes ne devront être escortées que de trois hommes : le conducteur, le cuisinier et l’aide-cuisinier. Il est rappelé que les TC. Marchent toujours derrière leur unité ; donc en principe derrière chaque bataillon une voiture médicale, S. ; 4 voitures à munitions, M ; 5 voitures à bagages, B. ; 4 cuisines roulantes, C. Toutefois les voitures du TC2. (5B. ; 4 C.) peuvent être groupées en arrière du régiment. Derrière le TC. Du dernier bataillon marchent les 2 voitures outils : O. ; les 3 voitures à bagages de l’EM. Et la CHR., B’ ; la voiture ambulance S’ et la voiture forge F’. Les voitures à eau marchent avec les TC. 1. Il demeure entendu que tous les ordres ci-dessus peuvent être modifiés selon les circonstances, mais seulement par le colonel, seul responsable de al marche et de la place des divers éléments dans la colonne. Il est également compris que, au combat, des ordres particuliers sont donnés ; enfin, au stationnement tous les parcs fermés et disposés de façon à les dissimules aux vues des avions.
*Brancardiers. – Dans chaque compagnie on désignera deux élèves brancardiers qui, sans interrompre leur service normal seront progressivement instruits, en dehors des heures d’exercice, par leurs camarades titulaires, de façon à pouvoir les remplacer selon les besoins.

*Bagages. – Comme conséquence des ordres de chargement des bagages, les voitures devront être chargées tous les soirs de façon qu’un départ de nuit se fasse sans à-coup ; à partir de 7 h. les voitures pourront être déchargées en partie, pour que les tailleurs, cordonniers et bureaux puissent continuer leur travail normal ; mais les dispositions seront prises pour que, en deux heures, au maximum on puisse partir. Dès maintenant, les compagnies devront faire apporter au magasin : 1° les vieux effets changés – 2° les effets personnels à renvoyer au dépôt (marquer le sac d’un D). Enfin les petits ballots des hommes devront être prêts à être chargés sur les voitures et les couvertures, roulées, tous les matins, en paquets de 25 (par ½ section) pour pou voir être rapidement portées au magasin du corps, en cas de départ.

Le lieutenant-colonel a constaté que le chargement des voitures se fait très mal ; d’abord les hommes qui sont autorisés à y déposer leur sac ne s’en préoccupent nullement ; ils les apportent, disparaissent et c’est le conducteur qui doit faire le chargement ; or le conducteur doit toujours rester à la tête de ses chevaux pour éviter tout accident ; c’est donc le second homme qui marche avec chaque voiture à qui incombe ce travail, aidé par les ordonnances ou hommes qui apportent ou viennent chercher sacs ou bagages. De » plus comme c’est toujours le même homme qui travaille, il faut que tous les objets soient rangés à la même place dans la voiture, de façon que, surtout de nuit, on puisse prendre ou placer n’importe quel objet, les yeux fermés. Chaque gradé chargé de surveiller les bagages devra bien se pénétrer de cette recommandation.

*Tambours et élèves clairons. – Comme conséquence des prescriptions ci-dessus, les 12 tambours et les élèves clairons Auzet, 5e Cie. ; Pensier, 6e ; Louis, 7e ; Joguin, 8e ; Germain, 9e ; *Clément, 10e ; Hermitte, 11e seront repris régulièrement en subsistance par la CHR. du jour du départ.

*En cas d’alerte ou alarme les unités du régiment stationnées à Verzenay se rassembleront rapidement dans leur cantonnement (Cie. de Werlé et CM. dans leur cour, à l’abri des obus) CHR. : cour de Werlé avec les TC. ; musique, tambours, clairons, sapeurs, etc. rue de Chanzy, contre les maisons Nord, tout le monde pouvant se réfugier promptement dans les caves. Le lieu de rassemblement des unités, où l’on ne devra se rendre que sur ordre du colonel est l’endroit où joue la musique et ses environs. Les voitures sont chargées, les chevaux harnachés et prêts à être attelés.

*Marmites à 4. – Les compagnies verseront aujourd’hui ou demain matin au plus tard, les 8 marmites qui leur sont retirées et l’excédent de leur campement ; le minimum qu’elles doivent garder est donc de 16 marmites et 16 plats et le maximum 24 marmites et 32 plats.

*Capotes de guérite. – Il est distribué une capote de guérite aux conducteurs des cuisines roulantes, pour les abriter ; les compagnies qui n’en auraient pas touché pourront faire prendre au magasin deux couvertures avec lesquelles elles pourront faire rapidement confectionner un pardessus, genre capote de guérite ; de même pour les voitures à eau et couvertures.

*Manteaux et houseaux. – Le lieutenant chargé des détails retiendra à la fin du mois le prix des manteaux et houseaux touchés par les officiers ; les commandants de compagnie qui auraient distribué ces effets à des hommes sont donc invités à le faire connaître demain sur la situation, s’ils ne veulent pas qu’on leur en fasse la retenue.

*Punitions. – Chausson L. n° matricule 12273 ; Mansoura V. n° matricule 626, soldats 6e Cie., 15 jours de prison dont 8 de cellule % du colonel : « Devant rejoindre leur compagnie dans la soirée ont passé leur nuit dehors et n’ont rejoint que le lendemain dans l’après-midi ». – Vigne J. n° matricule 207 ; Gardiol F, matricule 13821 ; Chabas J. Matricule 12255 ; Latour J. matricule 13940 ; Trouillet A., matricule 13851 ; Renoisio L. Matricule 887 soldats 6e Cie., 15 jours de prison, même ordre : « Devant rejoindre leur compagnie dans la soirée ont passé leur nuit dehors et n’ont rejoint que le lendemain matin. »

*Mutations. – Cosserat Eugène cl. 1898 matricule 3632, secrétaire de la CHR. (actuellement évacué) passe à la 1re Cie. – Requin Félix cl. 1895 n° matricule 17355, de la 1re Cie., en subsistance à la CHR. passe définitivement à cette unité comme 2e secrétaire de l’officier de détails. – Mouton Henri n° matricule 6588, 1re Cie., passe en subsistance à la CHR. Mutations à la date du 29 septembre.
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta