*Observations. – Le départ de Verzenay s’est effectué hier dans de très mauvaises conditions. En laissant de côté le trouble qu’a pu amener chez quelques uns les deux contre-ordres de la journée, il n’en est pas moins vrai que nombre de gradés, même officiers, ignorent totalement le rôle qui leur incombe.

Tout d’abord les officiers donnent le plus mauvais exemple, en s’encombrant malgré les ordres du colonel, encore répétés la veille, d’une foule d’objets auxquels ils n’ont pas droit et qui chargent les voitures outre mesure. Les sous-officiers suivent l’exemple naturellement et il en est résulté ceci : c’est que hier, assistant au chargement des bagages d’une compagnie, le colonel a vu un nombre invraisemblable de caisses, cantines, etc ; et une caisse de popote pour les sous-officiers. Or s’ils ont été autorisés jusqu’à présent à vivre en popote, c’était une tolérance ; s’il y a abus, le colonel appliquera le règlement et tout le monde vivra à l’ordinaire ; c’est le dernier avertissement donné à ce sujet pour les bagages. A partir d’aujourd’hui où nus entrons dans la période active des opérations, toutes les saletés que le régiment traîne à sa suite depuis onze mois de tranquillité, doivent disparaître de suite ; les commandants de compagnie en seront responsables personnellement et le lieutenant-colonel fera jeter impitoyablement dans les fossés de la route le matériel non réglementaire.

*Convoi. – S’est rassemblé sans ordre, sans liaison, sans que les sous-officiers présents fassent quoi que ce soit pour y mettre de la régularité ; les unités se sont trouvées mélangées, restaient en arrière, sans que personne s’en occupe, les distances étaient perdues. Enfin les chefs du convoi ont brillé par leur absence et il a fallu que le lieutenant-colonel s’occupe lui-même de tus les détails qui incombent à ses auxiliaires. Enfin les conducteurs ne tiennent pas leur droite et causent au milieu de la route avec l’homme qui doit les aider et rester à l’arrière de la voiture pour veiller à la mécanique.

*Cantonnements. – Le commandant du 1er bataillon chargé de faire le cantonnement à Villers-Allerand fera des théories à son adjudant de bataillon qui ignore totalement son métier et n’était pas là pour recevoir le colonel et indiquer les emplacements ; le parc, les écuries n’avaient pas été reconnus ; enfin aucun guide pour conduire les compagnies en l’absence de campements, non arrivés.

*Plantons. – Aujourd’hui à 9 h. les compagnies n’avaient pas encore envoyé le planton qui doit toujours être fourni journellement au poste de police et de là chez le colonel.

*Pièces. – Les compagnies envoient directement au bureau du colonel leur courrier ; il a été dit et répété maintes et maintes fois que c’est l’adjudant de bataillon qui doit les réunir. Jusqu’au rassemblement complet du régiment le 3e bataillon fera ce service pour les compagnies de Villers-Allerand ; ces pièces et celles des deux compagnies de Rilly seront apportées à 9 h. sauf urgence, par les deux adjudants des 1er et 3e bataillons ; le rapport devant se faire à cette heure.

*Réunion. – Aujourd’hui à 16 h. réunion au bureau du colonel des chefs de bataillon, commandants de compagnie et chefs de service.

*Les casques pointure 57, sont distribués aujourd’hui aux compagnies.

*Les gradés et hommes de l’équipe de bombardiers qui étaient en subsistance au 61e, à la Neuville , sont rentrés au corps le 29 et ont été pris en subsistance par la CM. En conséquence les Cies. les porteront sur la situation du 1er, aux mutations n’affectant pas l’effectif, sous la rubrique « cesse sa subsistance au 61e et passe en subsistance à la CM. ».
Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.