Ma chère Li, nous sommes ici dans un beau pays qui ne porte pas trace d’obus ; on y est aussi tranquille qu’à l’intérieur ; on se croirait loin de la guerre si ce n’était le bruit du canon déjà un peu lointain et le soir la lueur des fusées éclairantes ou des projecteurs. Le bureau et la popote sont dans un beau château, avec parc superbe ; nous nous reposons en attendant mieux. Je suis logé chez une vieille dame assez maniaque, mais chez laquelle on dort tranquille. J’espère que nos lettres vous arriveront plus régulièrement, en tous cas les vôtres m’arrivent bien. Adieu petite Li, 1 000 baisers dont vous déduirez 9 pour la bande. Votre L. M.