Ce matin je vous disais mes inquiétudes en ce qui concerne un sous-officier de dragons auquel j’avais prêté Grisette hier dans l’après-midi et qui n’était pas rentré ce matin. Tout est retrouvé, le dragon dans une ambulance ne se rappelait de rien par suite d’une formidable chute sur la tête, et Grisette dans une autre ambulance, complètement roulée dans la boue, avec une bosse sur le nez grosse comme une orange et une grande éraflure au cou, l’un et l’autre sans blessures graves, heureusement ; mais comme Grisette ne parle pas et que le dragon est resté dans le coma plusieurs heures, et a tout oublié, on ne saura jamais le fin mot de l’aventure. Grisette est restée attachée toute la nuit dans un hangar de l’ambulance, sans souper ni déjeuner, aussi était-elle d’une humeur massacrante, et elle essayait d’atteindre avec les pieds et les dents quiconque l’approchait ; elle ne s’est calmée qu’à la vue de mon ordonnance avec lequel elle est partie volontiers pour venir déjeuner.