Je reçois à l’instant votre lettre de mercredi 10 h. 30 ; je suis moi-même surpris de la rapidité avec laquelle mon courrier vous est parvenu ; pour moi, depuis que je suis sur le front, je n’ai reçu qu’une lettre de vous datant de 24 h., il y a quelques mois ; elle venait de Lyon. J’ai reçu également aujourd’hui, aujourd’hui une lettre de Paul via Nice – mise à la poste à Nice – et datée du 10, ce qui est assez rapide. – Au point de vue permissions, chère Li, il faut que je vous explique une fois pour toutes comment cela marche : un tour de départ a été établi une fois pour toutes pour les officiers du régiment qui sont au nombre de 52 ; il peut y avoir, depuis quelque temps seulement 3 officiers en permission simultanément (au lieu de 2 précédemment), et il y a eu une interruption de 3 semaines : comme chaque officier reste absent 9 jours en moyenne, il en passe à peu près 9 par mois, ce qui fait que pour en passer 52 avec la vitesse actuelle d’écoulement il faut encore 6 mois, mais comme au début il ne pouvait y avoir que 2 absents simultanément, et que d’autre part il y a eu 2 fois des suppressions de permissions, je présume que si rien n’est changé, mon tour reviendra à peu près dans la seconde quinzaine de décembre.