*Service de santé. – Le colonel a pu s’assurer hier qu’il marche aussi mal que possible ; chacun donne des ordres particuliers, s’isole et se crée un petit service spécial ; c’est ainsi que des infirmiers sont tranquillement au poste de secours de Couraux bien que leur compagnie soit en première ligne et que les malades de certaines compagnies ont à parcourir des kilomètres de tranchées pour se faire soigner, alors qu’à côté d’eux un médecin ne fait rien. Il est urgent que ce système change et que les docteurs se déplacent pour voir les malades sans les attendre.

En conséquence, à partir de demain :

1° les infirmiers, brancardiers, caporaux infirmiers et brancardiers des 5 compagnies de 1re ligne : A, B, C, C1 et La Pompelle, marcheront toujours avec leur compagnie ;
2° au poste de secours de : a) Couraux les infirmiers et brancardiers des deux compagnies du chemin de fer (D et E) ; b) Puisieulx, ceux de la CM. et de la compagnie du Fort, puis les compagnies C1 ; d et e) de même pour Rilly et Taissy.
3° le médecin de La Pompelle visitera la compagnie du fort puis les compagnies C1, A, et B ; le médecin de Couraux les deux compagnies du chemin de fer D et I ; Puisieulx leurs compagnies ; Taissy ses deux compagnies et C.
Vu la pénurie de médecins, les trois auxiliaires et le docteur Maignou rouleront entre eux pour le service : 6 jours à La Pompelle, 6 à Couraux, 6 à Taissy, 6 à Rilly, le docteur Hily étant jusqu’à nouvel ordre chef de service ; les tours seront indiqués tous les 6 jours à la décision.
Le colonel regrette d’avoir à rappeler aux médecins que leur place est dans les tranchées comme les autres officiers et que la période de rafraîchissement ne doit pas être plus longue pour eux que pour leurs camarades (voir décision du général en chef du 11 juillet).

Les chefs de bataillon s’assureront que le service marche bien et les commandants de compagnie rendront compte au besoin sur leurs situations si la visite a bien été passée d’après ces ordres et à quelle heure.

*Armes à réparer. – Les 1re et 11e Cies. qui ont signalé des armes à réparer les enverront directement au chef armurier à Rilly.

*Veufs, père de cinq enfants vivants. – Le ministre a décidé que les militaires veufs, pères de cinq enfants vivants, seraient, sur leur demande, libérés provisoirement et ne seraient rappelés qu’avec les pères de 6 enfants assimilés à la classe 1887. L’expression « Veuf père de 5 enfants » s’applique à tout veuf qui en a la charge, soit comme étant légalement leur père par mariage, légitimation ou reconnaissance légale, soit comme veuf d’une femme qui a laissé ce nombre d’enfants ou un nombre inférieur venant compléter celui qu’il possède lui-même. – Les compagnies remettront demain l’état nominatif des militaires de cette catégorie, accompagné de pièces officielles justifiant la situation des intéressés.

*Relève. – Le commandant de Lavalette viendra relever au Métro le commandant Barbezier la veille du départ de ce dernier en permission ; pendant l’absence du commandant Barbezier il n’y aura pas de chef de bataillon à Rilly.

*Permission. – Sur demande du ministre, une permission de un mois est accordée au titre d’entrepreneur de battages au soldat Moquay Eloi, cl. 1893, de la 9e Cie. – Cet homme partira le 19 à la date du 20 courant.

*Permissions. – Modification à la date du départ du 19 courant : Félissian, sergent, 10e Cie., remplace Félician, 3e Cie., évacué.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.