J’ai enfin passé une bonne nuit dans un bon lit et j’en avais besoin. Il me reste un sécrétion abondante de la gorge, sécrétion un peu verdâtre et les jambes absolument coupées, à tel point que je suis incapable de descendre un escalier sans me tenir aux murailles ; c’est sans doute le résultat d’une très légère intoxication par les gaz chlorés ; mais ne soyez nullement inquiète, je serai remis demain ; je reste seul ici du régiment jusqu’à ce soir, pour passer le service à nos successeurs, car nous allons nous refaire à l’arrière ce dont nous avons grand besoin. Vous avez pu voir par les communiqués qu’ici chacun a fait son devoir, je vous raconterai cela un peu plus tard ; le bon S. C. m’a visiblement pris sous sa protection dans ces deux journées ; je ne me suis pas ménagé et je crois avoir fait tout mon devoir. Dans quelques jours je vous raconterai tout cela par le menu. Très occupé, je ne puis vous en dire plus long pour l’instant.