*Renseignements téléphoniques. – Au cours des combats récents, le général commandant le corps d’armée a reçu un certain nombre de renseignements téléphoniques de grande importance et contraires à la réalité. Ces renseignements étaient transmis sous la forme : « On dit que … ». Le général attire l’attention de tous les officiers sur le danger de pareils errements. Un renseignement sur la situation au cours du combat doit toujours être donné sous une forme précise et personnelle, surtout quand il est téléphonique. Il doit toujours indiquer l’heure et la provenance et ne doit être envoyé que par des officiers ou des chefs de détachement. – Un renseignement faux, de même que l’absence de renseignements, peut compromettre le succès au cours d’un combat. Le téléphone ne doit donc être utilisé que par des officiers. Ceux-ci doivent peserdans le sachet avec le tampon. – Les commandants d’unités seront rendus responsables de l’exécution de cette prescription à laquelle le général commandant le CA. attache une grande importance.

*Réorganisation. – Les compagnies passeront aujourd’hui même une revue très détaillée de tous les objets individuels qui leur manquent : armes, munitions, etc. Un état de ce matériel sera remis ce soir à 16 h. au bureau du colonel et dès demain matin, à partir de 7 h., les compagnies se présenteront les termes de leurs communiqués.

*Remise est faite à chaque chef de bataillon d’une instruction relative aux précautions à prendre contre les gaz asphyxiants, instruction à faire copier par toutes les compagnies.

*Lunettes protectrices. – Le général commandant le CA. Interdit de al façon la plus formelle, de porter relevées sur le képi, les lunettes protectrices contre les gaz asphyxiants, cette manière de faire conduisant fatalement à une mise hors de service de ces appareils. Les lunettes doivent être toujours placées au magasin à la ferme des Vauzillons de ¼ d’heure en ¼ d’heure dans l’ordre des numéros pour y toucher les manquants , y compris les couvertures et toiles de tente. L’état des outils et campement existant à la compagnie sera fourni à la date du 26. – Aujourd’hui, le magasin classera par catégories d’effets tout ce qu’il a en compte de façon que demain matin la distribution puisse se faire rapidement. La distribution des effets neufs arrivés ne se fera qu’à partir du 28. Il importe avant tout de prendre dans les objets déposés au magasin avant de les renvoyer à l’arrière, tout ce qui est en bon état.

Les armes en mauvais état devront être changées, les munitions complétées à 88 par homme et 101 dans les caissons ; enfin tous les vivres de réserve seront enlevés des sacs et remis aux compagnies auxquelles ils appartiennent. – Le colonel passera lui-même, à partir du 28, la revue de 2 ou 3 compagnies par jour pour s’assurer que tout est en ordre.

*Hommes détachés. – Borty F. cl. 1893, 4e Cie. – Reynaud Clément cl. 1892, 6e Cie. – Adam C. cl. 1894, 7e Cie. – Michauf F. cl. 1892, 11e Cie. – Bourret Ch. Cl. 1894 et Fourcade Louis cl. 1891, 12e Cie. – désignés pour être détachés dans des usines de l’intérieur seront mis en route sur le dépôt le 27 courant, alignés en solde et vivres pour 2 jours et rayés le 29 courant. ; ils se présenteront demain soir 26 à 17 h. 30 au bureau de l’officier de détails (ferme des Vauzillons). – Bourret, détaché à l’équipe de bûcherons, sera avisé par les soins de la 12e Cie.

*3e compagnie. – M. le sous-lieutenant Goumarre de la 1re Cie. prendra le commandement de la 3e Cie. à partir d’aujourd’hui.

*Deuil. – A la liste des officiers morts pour la France à la décision d’hier, il y a lieu d’ajouter le sous-lieutenant Vache.

*L’équipe de fil de fer rentrera dans les compagnies, ce soir après la soupe, à la date de demain.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.