05 octobre 2006

Lettre du [mardi] 5 octobre 1915. 10 h.

Un changement de gîte m’oblige à vous écrire très sommairement aujourd’hui. Là où je vais ce soir je serai à nouveau très occupé par un service de secteur, et j’en suis ravi. Temps gris, brumeux et légèrement pluvieux qui ne prête pas aux idées roses. Je pense que les journaux du 6 auront un communiqué intéressant. Je pense que notre installation va manquer complètement du confort moderne mais cela n’a aucune importance.
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03 octobre 2006

Lettre du [dimanche] 3 octobre 1915. Soir.

Chère Li, on vous aime très fort, vous savez combien, on est ici très tranquille en attendant des jours plus mouvementés, qui ne tarderont pas j’espère, car s’il fallait passer un second hiver en Champagne ce serait mortel d’ennui. En attendant, en ce moment surtout, il est absolument inutile de vous inquiéter à mon sujet, je ne cours pas le moindre risque. Les jours mélancoliques qui suivront le départ de nos pensionnaires vont arriver, petite Li ; j’espère qu’ils recevront avant leur départ la lettre collective que je leur ai... [Lire la suite]
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01 octobre 2006

Lettre du |vendredi] 1er octobre 1915. 15 h.

Ma chère Li, nous sommes ici dans un beau pays qui ne porte pas trace d’obus ; on y est aussi tranquille qu’à l’intérieur ; on se croirait loin de la guerre si ce n’était le bruit du canon déjà un peu lointain et le soir la lueur des fusées éclairantes ou des projecteurs. Le bureau et la popote sont dans un beau château, avec parc superbe ; nous nous reposons en attendant mieux. Je suis logé chez une vieille dame assez maniaque, mais chez laquelle on dort tranquille. J’espère que nos lettres vous arriveront plus régulièrement, en tous... [Lire la suite]
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30 septembre 2006

Lettre du [jeudi] 30 septembre 1915. 6 h. 30

Mot bien hâtif aujourd’hui, qui est jour de mouvement. Je veux dire de changement de place pur nous ; ce n’est qu’un petit déplacement d’une douzaine de kilomètres mais, comme nous quittons l’endroit où nous sommes depuis 11 mois sans esprit de retour, il ne faut rien oublier. Dans l’endroit où nous allons, il n’y a rien à craindre des obus, ils n’y arrivent pas ; je pense que nos hommes vont se reformer et reposer pendant une huitaine de jours au maximum et à ce moment nous suivrons le mouvement en avant. Hier encore (mercredi) mon... [Lire la suite]
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28 septembre 2006

Lettre du [mardi] 28 septembre 1915. 14 h.

Petite Li, si vous n’avez pas reçu régulièrement mes lettres, je n’y suis pour rien, car je vous ai écrit très régulièrement la semaine dernière et deux fois chaque jour, sauf lundi et mardi où je n’ai pu, si je me souviens bien, vous écrire qu’une fois ; je crois que les correspondances du front ont été retardées systématiquement car plusieurs de mes camarades disent aussi que leurs lettres ne sont pas parvenues régulièrement à destination.
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28 septembre 2006

Lettre du [mardi] 28 septembre 1915. 6 h. 30

Voici le beau temps revenu et ce matin nous avons le soleil et du froid : serait-ce le soleil d’Austerlitz ? Espérons le ; ce sera sûrement en tous cas une journée de grande bataille et puisse le bon S. C. donner la victoire à la France. C’est le général de Castelnau qui commande le groupe d’armées dans lequel nous jouons notre petit rôle ; c’est une garantie de plus pour la victoire que d’avoir un saint homme comme grand chef. Ici c’est la grande canonnade mais pas au pis sur les villages, grand bruit, bagages bouclés, voitures... [Lire la suite]
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27 septembre 2006

Lettre du [lundi] 27 septembre 1915.

Ici nous vivons dans la fièvre de l’attente ; voici le 3ème jour de bataille et les succès des deux premiers sont déjà très beaux, espérons que cela va continuer de mieux en mieux ; ce que nous voyons et entendons d’ici est terriblement beau ; pour nous tout se borne à une lutte d’artillerie jusqu’à ce que les voisins d’en face déménagent par la force des choses, ce qui ne saurait tarder. Si Paul était ici en ce moment il se meublerait les yeux et les oreilles. - Merci pour l’envoi du manteau, chère Li, s’il pouvait être arrivé demain... [Lire la suite]
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27 septembre 2006

Lettre du [lundi] 27 septembre 1915. - 6 h.

Le vent souffle en tempête, le baromètre est archi-bas et la bataille continue ! Vous en aurez des nouvelles heureuses par les journaux bien avant cette lettre : ici, nous savons déjà le résultat de la journée du 25, résultat qui est excellent, espérons que cela continue de mieux en mieux. Détail ennuyeux c’est que je n’ai pas encore mon manteau et que je ne sais pas si je pourrai bien facilement l’envoyer chercher, enfin nous tâcherons de nous débrouiller ; pour le moment le besoin ne s’en fait pas encore absolument sentir.
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26 septembre 2006

Lettre du [dimanche] 26 septembre 1914. - 14 h.

Petite Li, nous vivons ici dans la fièvre en attendant le résultat de ce qui se passe pas loin d’ici ; vu des hauteurs le spectacle est impressionnant ; je pense qu’un résultat heureux ne se fera pas trop attendre ; si nous passions l’hiver hors des frontières françaises, que ce serait beau.Constatez madame que quoiqu’écrivant au crayon, je fais entrer un petit volume dans 4 pages : certaines dames n’en font pas autant ; il est vrai qu’elles écrivent en chemin de fer où on fait comme on peut.
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26 septembre 2006

Lettre du [dimanche] 26 septembre 1915. - 7 h.

Nuit assez calme, ce matin brouillard qui paraît devoir tourner au beau temps quoique baromètre excessivement bs ; le vent continue à être au sud. Le temps est éminemment défavorable aux gaz asphyxiants allemands, c’est déjà quelque chose.Chère Li, nous vivons ici dans une attente un peu fiévreuse dans l’expectative d’évènements qui nous touchent de près ; si tout va bien nous ne serons plus ici à la fin de la semaine et ce ne sera pas trop tôt ; je laisserai avec joie le confort de ce pays pour voir des pays nouveaux ; pourvu que mon... [Lire la suite]
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