118e RIT

A travers les décisions de commandement du 118e territorial d'Avignon et des correspondances d'un capitaine de cette unité, la vie en secteur en 1914-1918

20 juin 2005

Le fils Nanta vaut le père ?

Et voici peut-être le plus extraordinaire de cette histoire... Après avoir acquis et travaillé sur la correspondance du capitaine Monrozier, transcrit l’historique du 118e territorial, emprunté et transcrit intégralement les décisions de l’année 16, acquis les décisions des années 14, 15,17 et 18, m’est apparue une évidence criante...
Je demeure à une vingtaine de kilomètres du cimetière de Chambry (Seine-et-Marne) et je le connais bien. Et j’avais photographié voici plusieurs années la tombe Nanta. Mais jusqu'à juillet de l'année 2004, je n'avais pas fait le lien.
Je souhaite, j’espère un jour en savoir plus. Car en fait je ne sais rien de cette famille Nanta. Le lieutenant-colonel était âgé. Qui s’est occupé de cette tombe ?
Ce mystère m'ennuie.
Vous apprendrez bientôt, au fil des lectures des décision du chef de corps du 118e RIT la façon dont celui-ci a communiqué à son régiment l’annonce de la mort de son fils.

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Le père : Amédée Nanta, lieutenant–colonel commandant le 118e RIT. Commandeur de la Légion d’honneur.
Dégagé de toute obligation militaire, a repris volontairement du service à l’âge de soixante ans. Au front depuis novembre 1914, à la tête d’un régiment territorial, a donné, à maintes reprises, les plus belles preuves de bravoure et d’énergie. Possède un réel ascendant sur ses hommes et a fait de sa troupe une unité entraînée et bien en mains, dont il a obtenu, dans la défense et l’organisation de secteurs délicats, les meilleurs résultats. Deux blessures. Une citation.

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Le fils : Nanta Henri, lieutenant au 1er Zouaves. Citation :
"Sa section de mitrailleuses ayant été mise hors de service a pris le commandement d’une section de la compagnie voisine ; blessé au bras, puis atteint d’une seconde blessure, n’a pas voulu quitter sa section et est tombé mortellement frappé après avoir fait preuve de qualités et d’énergie au dessus de tout éloge." ( l’indication 7e Zouaves sur le document est erronée ).

Et bien entendu des cartes postales anciennes de ce cimetière de Chambry, il en existe beaucoup. Et depuis une vingtaine d’années, des photos de ce cimetière, j’en ai faites... Mais je ne savais pas que c'était le fils du colonel du 118e territorial qui y était enterré.

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Le cimetière de Chambry en 1915

Vue actuelle de la plaque sur le bout de mur conservé

Tombe du lieutenant Henri Jean François Nanta du 1er de marche de Zouaves

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28 mai 2005

Original de la décision du 11 décembre 1914

Voici -à titre d'exemple- comment se présentent les feuillets journaliers des décisions du chef de corps commandant le 118e Territorial. La numérisation ne peut se faire qu’au clavier. Ces feuillets sont polycopiées par le procédé de reproduction de l'écriture au moyen de gélatine.

La couleur en est bleue, violine ou noire.

L’écriture est impeccable et l’orthographe irréprochable.

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12 mai 2005

Les trois volumes des décisions du 118e RIT. réunis

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Voici, exceptionnellement réunis, les trois volumes des décisions du 118e régiment d'infanterie territorial.

Ceux-ci se présentent sous la forme de trois forts volumes reliés de cuir bordeaux, le premier débutant à la mobilisation et se terminant le 31 décembre 1915, le second concernant l’année 1916 et quelques souvenirs concernant principalement le chef de corps et les courriers militaires lui témoignant satisfaction de supérieurs hiérarchiques ; enfin le troisième volume concerne l’année 1917 intégralement et l’année 1918 jusqu’au jour de la dissolution du régiment le 4 mars de cette année 18.

Ce dernier volume contenait les états de service du lieutenant-colonel Nanta. Il avait soigneusement archivé toutes les décisions qu’il avait lui-même signées (ou exceptionnellement son adjoint lorsqu'il était absent) . La guerre terminée il les avait fait relier et il devait les tenir en bonne place dans sa bibliothèque.

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01 mai 2005

Lucien Monrozier, le chef de la CHR.

Voici quelques renseignements concernant le chef de la CHR. du 118e territorial. Certains éléments le concernant apparaîtront dans le fil des jours de guerre. Notamment ses préoccupations concernant la vie de sa famille et la continuation du travail de son usine de tissage et des contrats qui le lient au monde de la soie en région lyonnaise.

Félix, Joseph, Marie, Lucien JOCTEUR MONROZIER est né le 31 mars 1874 à Champier, canton de La Côte Saint-André. Il était le fils de Léopold Marie Lucien et de BADIN Marie Lucie qui étaient domiciliés à Chatonnay en 1892.

Sa fiche mentionne qu’il est de cheveux et sourcils châtain, tout comme ses yeux, que son front est ordinaire, son menton rond et son visage ovale. Il mesure 1 mètre 72 et a un niveau d’instruction de 5.

A 19 ans, il s’engage pour 3 ans le 27 octobre 1893 à la mairie de Vienne (Isère) pour l’école spéciale militaire de Saint-Cyr.

Arrivé à l’école le 30 octobre 1893 il porte le matricule 1 229 ; il passe 1re classe le 25 août 94 puis caporal le 3 novembre de la même année.

Il est promu sous-lieutenant par décret du 14 septembre 1895 avec prise de rang le 1er octobre au 99e régiment d’infanterie. Il y sera nommé lieutenant le 1er octobre 1897.

Lucien, puisque tel était son nom de baptême d’usage, s’est marié le 30 juillet 1901 à Mademoiselle FAIDIDES Marie, Antoinette, Louise, Jeanne. Son prénom d’usage est Louise et ses intimes la nomment « Li ». Son mari Lucien sera nommé « Lu ».

Le 1er octobre 1902, Lucien est mis en congé de 3 ans pour affaires personnelles ; la décision ministérielle est en date du 4 août 1902.

Il démissionne de l’armée le 9 novembre 1905 et cette demande est approuvée par une décision ministérielle du 27 novembre 1905.

Il passe alors dans la réserve de l’armée active.

En 1907, il est nommé lieutenant dans la territoriale et accomplit une période d’exercices de 8 jours au 106e territorial début août 1909.

Il passe capitaine au 118e territorial et y accomplit une période d’exercices de 10 jours en mars 1912.

Rappelé à l’activité au 118e territorial par suite de la mobilisation générale le 1er août 1914, il arrive au corps le 3. Il y sera le chef de la CHR. ( Il est alors père de 9 enfants ). Toute cette famille réside à Nivolas-Vermelle (Isère).

La suite de ses états de services est celle-ci :

Le 7 mars 1917 : promu chef de bataillon à titre temporaire.

Le 20 novembre 1917 : passe stagiaire au 2e bureau de l’état-major du corps d’armée.

Le 6 mai 1917 : promu chef de bataillon à titre définitif. ( JO. du 8 mai ).

Le 4 janvier 1919 : mise en congé illimité de démobilisation par le dépôt du 22e RI. Il déclare se retirer à Nivolas-Vermelle.

17 février 1921 : demande de démission acceptée.

Il aura été en campagne contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 3 janvier 1919.

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02 avril 2005

Mes étapes de la Grande-Guerre

Ces étapes sont celles du lieutenant-colonel Nanta. La plupart sont aussi celles de son régiment, le 118e régiment territorial d’infanterie. Ce sont toutefois plutôt celles du colonel, de son état-major, de la CHR. et du bataillon au repos. Ce document est le seul qui indique que le lieutenant-colonel a participé avec le drapeau et sa garde au défilé de la Victoire le 14 juillet 1919

1914

27 juillet – 2 août

Camp de Massillan (Nîmes).

2 – 5 août

Avignon (mobilisation)

6 – 7 août

Nice.

8 août – 6 septembre

Beaulieu (Armée des Alpes).

8 septembre – 1er novembre

Dijon (Pouilly - Fontaine).

2 – 4 novembre

Muizon – Vrigny.

5 – 11 novembre

Mailly-Champagne.

1914-15

11 novembre 1914 – 3 août

Verzenay (1re division marocaine)

Tranchées de Prunay – Sillery, La Pompelle, Ferme d’Alger, Ferme de l’Espérance, Bois des Zouaves.

Mairie de Verzenay.

1915

4 août – 19 septembre

Commandement du secteur des Marquises ; PC. à Beaumont-sur-Vesle.

20 septembre – 29 septembre

Verzenay.

30 septembre – 4 octobre

Villers-Allerand.

5 octobre – 21 octobre

Commandement du secteur de La Pompelle ; PC. à Puisieulx ; combat des 19 et 20 octobre : 10 officiers tués, 9 blessés, 300 hommes tués, 800 blessés.

22 octobre – 9 novembre

Rilly-la-Montagne ; tranchée des Marquises.

10 novembre – 26 décembre

Verzenay – Tranchées Prunay, La Pompelle, Allée-Noire.

1915-16

27 décembre 1915 – 27 février

Champfleury – Reims – Tranchées des Cavaliers de Courcy – Bétheny – Ferme Pierquin.

1916

29 février – 26 août

Chigny-les-Roses ; Ludes ; tranchées de La Pompelle ; Sillery ; Puisieulx.

27 août – 14 octobre

Champfleury – tranchées.

15 octobre – 2 décembre

Commandement du secteur de La Pompelle ; Tranchées. Relève par les Russes.

1916-17

3 décembre 1916 – 5 avril

Chargé de la défense de Reims avec mon régiment et 10 compagnies de mitrailleuses. – Bombardement quotidien de Reims.

1917

6 avril – 13 mai 1917

Commandement du secteur de Cernay ; PC. ferme Lafitte ; tranchées et gros bombardements.

14 mai – 1er août

Défense de Reims. Commandeur de la Légion d’honneur le 27 juillet.

2 août – 24 août

Prouilly – Tranchées de Berry-au-Bac.

25 août – 6 septembre

Sarcy.

6 septembre – 3 décembre

Défense de Reims ; bombardements.

1917-18

4 décembre 1917 – 3 mars

Verdun – PC. Faubourg Pavé – Tranchée des Chambrettes et Bezonvaux.

1918

4 mars

Licenciement du 118e RIT.

5 mars – 7 mai

Avignon (Dépôt).

8 mai 1918

Démobilisé

1919

14 juillet

Défilé avec le Drapeau du 118e et ceux des puissances alliées sous l’Arc de triomphe.

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10 mars 2005

Présentation générale

Le « blog » sur lequel vous entrez a pour objet de vous faire connaître la vie d'un régiment de territoriaux durant la Grande-Guerre, à travers ordres divers communiqués aux différents échelons par un document nommé « La décision ». Jour après jour, le lieutenant-colonel Nanta, chef de corps, transmet, informe ou ordonne au moyen de ce véritable outil de communication.

Les documents originaux sont de format 19 X 31 et le texte en est manuscrit, obtenu par procédé de polycopie à la gélatine. La conservation en est bonne puisqu'il s'agit de l'exemplaire remis au chef de corps qui, les ayant conservé les fera relier lorsque la guerre sera terminée. Les autres exemplaires étaient destinés aux bataillons qui retransmettaient à leur tour les ordres généraux aux compagnies, jusqu'au soldat de 2e classe lors d'un des rassemblements ou rapport journalier.

Un ensemble de trois forts volumes regroupe les années 14 à 18, le premier jour étant le 10 août 1914 et le dernier le 4 mars 1918, jour de la dissolution du régiment. Le premier volume contient un préambule reprenant les évènement du 27 juillet au 9 août 14. Le second volume contient en annexes des lettres de félicitations de généraux adressées directement au lieutenant-colonel Nanta afin qu'il en fasse part à son régiment.

Afin de vous permettre de suivre les marches et opérations effectuées par le régiment, il apparaît qu'il est important de débuter par le premier jour de la mobilisation et de continuer au jour le jour. Ceci tient compte du temps qui passe, de la saison et de l'évolution de mentalités.

Il faudrait évidemment être capable de faire abstraction de notre connaissance de la suite... En effet, ces lecture nous montrent combien à certaines périodes on formait de vains espoirs.

Soyez patients. Vous pouvez vous familiariser avec l'historique de ce régiment - constitué à Avignon - que vous obtiendrez sur le beau site de Renaud Meunier.

D'autre part, un ensemble presque complet de correspondance entre un capitaine du 118e et son épouse pourrait compléter parfois de façon plus personnelle les décisions qui ont un caractère strict et administratif, de ce fait à portée générale et sans chaleur.

A bientôt avec les anciens du 118e territorial.

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