[...] Ma chère Li, excusez le décousu de cette lettre, mais c’est à peu près une réponse point par point à la vôtre donc, décousu pour décousu ! – J’ai reçu tous vos envois, merci infiniment, le plaid écossais me rendra grand service pour la campagne d’hiver. – En fait de chaussettes, envoyez-m’en encore deux paires, mais pas davantage, puis mes gros gants fourrés d’auto (qui sont je crois dans le tiroir du secrétaire de ma chambre) et un cache-nez bleu ardoise si possible (couleur capote de troupier).

Ce matin je suis allé avec le colonel à une messe basse dite pour sa famille et la mienne et payée par le colonel ! – Demain dimanche j’irai déjeuner à Plombières avec les Tulf qui m’ont vivement sollicité. Demain après-midi, nos hommes ont la permission d’aller à Dijon, c’est la première fois depuis que nous sommes ici.
Rencontré aujourd’hui un de mes camarades de promotion (Tisserand-Delange) guéri de trois blessures et prêt à repartir pour le feu. Il a eu une chance incroyable. Une balle a traversé l’épaule sans rien casser, une autre la cuisse sans rien casser et un éclat d’obus au poignet, manche déchirée, brûlure, mais pas de fracture. [...]