[...] Hier après-midi nous avons été bombardés mais sans succès, le tir était trop long d’une centaine de mètres, les obus n’ont fait que nous passer sur la tête. Toute la nuit nos grosses pièces ont canonné dur, à peu près sans interruption. On entend cela dans un demi sommeil, je ne puis pas dire qu’on est précisément bercé par ces roulements formidables, mais cela n’empêche tout de même pas de se reposer convenablement. Un lieutenant de la Légion Etrangère revenu des tranchées cette nuit est un jésuite très connu, une des lumières théologiques de l’ordre. C’est d’ailleurs un ancien Saint-Cyrien, nous avons ensemble des relations de service et avons fait connaissance. C’est un homme charmant qui connaît très bien le Père Roullet. Je cherche à avoir des renseignements sur ce point. [...]