*Tentes-abris. – MM. les chefs de bataillon feront connaître demain matin le nombre de toiles de tente qui leur seraient nécessaires pour en doter tous les hommes de leurs compagnies qui en seront dépourvus. Cet état devra être établi avec le plus grand soin et ne devra comprendre ni les absents, ni les hommes en subsistance à la CHR.

*Corvée supplémentaire. – M. le commandant du 3e bataillon désignera aujourd’hui même une corvée de 6 hommes et un caporal avec pelles et pioches, rendue demain 22 à 7 h. devant le poste de police du 118e. Les ordres de détail seront donnés sur place.

*Corvée de bois. – Dorénavant la corvée de bois fournie les jours pairs devra être rassemblée, à 7 h. 15 très exactement, derrière le phare, à la sortie de Verzenay.

*Ordre général n° 89

Le général commandant la Ve armée cite à l’ordre de l’armée :

-Le sergent Claudel Ernest, du 273e d’infanterie : « Engagé volontaire à 54 ans, avait à cœur de se montrer le plus brave, le plus énergique, le plus vigoureux. Tué glorieusement à l’ennemi, sur le réseau de fil de fer qu’il installait devant une tranchée nouvelle, à proximité immédiate de l’ennemi. »

-Le capitaine Demoulin, René, Louis, Gaston, du 4e régiment de tirailleurs : « Tué glorieusement, à l’ennemi, le 30 décembre 1914, à son poste de combat, en résistant avec le plus grand courage et la plus belle énergie à une violente attaque de l’ennemi. Venait d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur pour sa belle conduite au feu depuis le début de la campagne. »

-Le capitaine Jean, Maurice et la 2e compagnie du 4e régiment de tirailleurs indigènes : « Malgré l’explosion, à l’emplacement qu’elle occupait dans les tranchées, d’un puissant fourneau de mine, et malgré les pertes subies, s’est énergiquement maintenu, sur la position en repoussant à la baïonnette les colonnes d’attaque de l’ennemi. »

-Les tirailleurs Taïeb Ben Mohamed et Khélifa ben El Felah, du 4e régiment de tirailleurs indigènes : « Se sont énergiquement jetés à la baïonnette, à la rencontre de l’ennemi ; l’attaque repoussée, se sont présentés comme volontaires pour une patrouille périlleuse. »

-Le tirailleur Hassin ben Saad, du 4e régiment de tirailleurs : « Brave et énergique tirailleur, grièvement blessé dans une attaque à la baïonnette, où il avait montré le plus bel entrain. »

-Le lieutenant Gaillot Jules, du 4e régiment de tirailleurs : « A su, dans un moment critique, immédiatement après l’explosion d’une mine puissante, conserver sa section parfaitement en main et la conduire avec succès dans une vigoureuse contre-attaque à la baïonnette. »

-Le sous-lieutenant Gauthier, du 4e régiment de tirailleurs : « Blessé et couvert de contusions par l’explosion d’une mine, a dirigé le feu de sa section avec un sang-froid et une précision admirables, a ainsi puissamment contribué à repousser définitivement l’attaque ennemie. »

-Le lieutenant Watel, François, Joseph, du 273e régiment d’infanterie : « Très grièvement blessé en s’efforçant de reconnaître le terrain sur lequel sa compagnie était appelée à agir. S’était distingué depuis le début de la campagne par son entrain, son initiative et son mépris du danger. »

Au QG., 17 janvier 1915. Le général commandant la Ve armée. Signé : d’Esperey

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.