*Ordre du régiment n°156

Et tout d’abord haut les cœurs et soyons fiers de nos morts ! La lâcheté d’un ennemi sauvage et barbare a fait, dans nos rangs, plus de victimes qu’au combat mis le 118e n’a pas reculé et suivant l’expression du général en chef au colonel « a sauvé la situation ». Tous, mes camarades, nous pleurons nos disparus dont al liste est trop longue, mais, tous aussi, nous les vengerons, par tous les moyens, car ce peuple ne mérite aucune pitié.

Le 24 octobre 1915. – Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.

*Deuil. – En attendant qu’il puisse communiquer la liste des camarades du régiment, encore incomplète, assassinés par les Allemands, le colonel s’incline, au nom de tous, devant al tombe des capitaines Guiraud, Silvestre, Bernusset, Gérin, Eymard, des sous-lieutenants Vincent, Duclaux, Asquier, Paillon, morts pour la France.

*Remerciements. – Sûr d’être l’interprète de tous, le lieutenant-colonel remercie bien sincèrement tous ceux, médecins, infirmiers, musiciens, brancardiers, clairons, etc. qui ont rendu les derniers devoirs à leurs camarades et procédé à la triste et pénible besogne de leur ensevelissement.

*Cantonnement. – Le régiment est au repos, pour 15 jours au moins, ici ou dans les environs ; chacun devra profiter de ces moments de tranquillité pour remettre tout en ordre, comme armement, équipement, cartouches, etc. ; les commandants de Cies. passeront des revues très sérieuses pour compléter tout ce qui pourrait manquer.

*Courriers. – En vue de faire parvenir aux familles des décédés, les lettres adressées au front, et qui doivent être renvoyées à l’arrière, mais seulement quand le décès sera officiel, les commandants de Cies. feront remettre aux vaguemestre, par leurs sergents-majors les lettres devenues inutiles, avec la mention « au crayon » susceptible d’être biffée par le dépôt, s’il y a lieu, « décédé, tué à l’ennemi, évacué avec ou sans adresse ». Les mandats trouvés sur les décédés, doivent être versés de suite au sous-lieutenant Pitras.

*Peloton spécial. – Chaque bataillon désignera 8 sous-officiers ou caporaux susceptibles de suivre le peloton spécial du lieutenant Broc qui fonctionnera à Rilly à partir de demain 25 à 7 heures ; rassemblement place de la Mairie. Tous ces gradés resteront à la disposition de leurs commandants de compagnie tous les jours de 10 à 14 heures. Les noms de ces gradés seront envoyés au colonel, aujourd’hui à 16 heures ; ceux de Taissy seront pris en subsistance par la CM. et rendus ce soir à 18 h. à Rilly, poste de police.
*5e compagnie. – M. le lieutenant Broc prendra à partir d’aujourd’hui le commandement de la 5e Cie., tout en conservant la direction du peloton spécial.

*Tenue. – Le colonel recommande la tenue la plus correcte et les marques extérieures de respect ; il importe que le 118e au repos, se fasse aussi bien remarquer, dans les cantonnements, par son attitude qu’il l’a été au combat. Les quartiers sont consignés toute la journée ; les corvées sont commandées par des gradés en armes ; les isolés sont toujours en armes matin et soir. – La rue de Reims est consignée à la troupe.

*Musique. – Aujourd’hui, musique de 15 à 16 h., sur la place de la Mairie.

Le lieutenant-colonel commandant le 118e territorial. Signé : Nanta.